Cette image de Messier 64, ou la Galaxie de l'Œil Noir , prise le 20 mars 2026, est une composition d'images issues des télescopes spatiaux Hubble et Webb de la NASA. Elle montre Messier 64 capturée dans les longueurs d'onde du proche et du moyen infrarouge par Webb, tandis que l'image de Hubble révèle la galaxie en lumière ultraviolette, visible et proche infrarouge.
Messier 64 se caractérise par un mouvement interne étrange. Le gaz des régions externes de cette galaxie spirale tourne dans le sens inverse du gaz et des étoiles de ses régions internes. Ce comportement singulier pourrait résulter d'une fusion entre M64 et une galaxie satellite il y a plus d'un milliard d'années.
Freiné par une atmosphère terrestre plus dense sous l’effet de l’activité solaire, le télescope spatial Hubble perd de l’altitude à un rythme inquiétant. Entre vieillissement de ses gyroscopes et projets de sauvetage encore flous, son avenir reste suspendu aux décisions de la Nasa.
Hubble perd de l’altitude, et cette chute s’accélère depuis mi-2022. Le télescope spatial le plus célèbre est passé de 550 km d’altitude à seulement 480 km en quatre ans. Il a perdu ainsi quasiment autant d’altitude qu’en vingt ans, après son rehaussement par la mission de la navette Columbia en 2002. « À ce rythme-là, Hubble pourrait rentrer dans l’atmosphère terrestre au début des années 2030, en fonction de l’activité solaire », confirme Alise Fisher, de la direction des missions scientifiques de la Nasa. Le freinage de la très haute atmosphère varie en effet en fonction de l’intensité de l’activité solaire. Lors des maximas solaires, l’enveloppe gazeuse de notre planète est en moyenne plus épaisse, car elle est chauffée par le flux de particules solaires plus intense.
Cette image en proche infrarouge, issue du relevé VISTA VVV effectué depuis le sol, montre le bulbe galactique près de Sagittarius A* (prononcé « A étoile »), le trou noir situé au centre de la Voie lactée. La région, délimitée en blanc, présente cinq champs de vision superposés du télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA. Ces observations seront réalisées dans le cadre du relevé temporel du bulbe galactique (Galactic Bulge Time-Domain Survey) , l'un des trois principaux relevés communautaires de la NASA. Avant le lancement de ROMAN (cf. l'article sur notre Blog concernant ROMAN), une équipe de chercheurs avait tenté d'utiliser Hubble pour capturer les mêmes régions en prévision d'éventuels événements de microlentille gravitationnelle.
Ces événements provoquent une déformation de la lumière provenant d'un objet plus éloigné, lorsqu'une masse s'aligne précisément devant cet objet. Ces masses agissent donc comme des lentilles, courbant la lumière provenant d'objets situés derrière elles, tels que les étoiles d'arrière-plan. Dans ce cas, la lueur des étoiles densément regroupées au sein du bulbe galactique constituerait la source de lumière lointaine. Grâce aux observations du télescope Hubble, nous pouvons capturer les instants précédant ces événements de microlentille gravitationnelle, offrant ainsi aux astronomes un moyen de caractériser précisément les objets (étoiles, planètes et même trous noirs stellaires) qui provoquent ce phénomène en passant devant les étoiles du bulbe galactique.
Les lignes colorées représentant la zone d'observation de Hubble sont stylisées et représentent un grand nombre de pointages individuels.
Passant à 60 km de distance, un satellite de l’entreprise américaine Vantor a photographié depuis l’espace le télescope spatial Hubble, lancé par la Nasa sur orbite terrestre il y a presque 36 ans.
C’est à lui d’habitude que l’on doit de sublimes photos prises depuis l’espace. Mais cette fois-ci, le photographe s’est fait photographier. Le 23 avril 2026, l’entreprise américaine Vantor a utilisé l’un de ses six satellites WorldView Legion pour tirer le portrait du télescope spatial Hubble.
À seulement 62 km de distance, la résolution de l’image est de 4 cm. Elle détaille les contours du vénérable observatoire cylindrique de la Nasa, long de 13 m, et bardé de deux paires de panneaux solaires. Son miroir de 2,5 m de diamètre se situe en bas à gauche sur la photo, tandis qu’à l’autre extrémité, au-delà des couches métalliques d’isolant thermique, le capot par lequel la lumière entre dans le tube est bien ouvert.
Hubble tourne actuellement autour de la Terre à 475 km d’altitude. Les satellites WorldView Legion de Vantor naviguent, eux, entre 507 et 530 km. Il s’agit donc là d’une photo prise de haut en bas, avec la Terre en arrière-plan. Basée dans le Colorado, l’entreprise Vantor (anciennement Maxar) est spécialisée dans l’observation de la surface de notre planète, notamment pour l’industrie de Défense et les renseignements militaires.
36 bougies orbitales
Lancé dans l’espace le 24 avril 1990, le télescope spatial Hubble a précisément 36 ans. Une longévité qui lui permet de constater par lui-même des changements dans les profondeurs du cosmos. La semaine dernière, il révélait l’expansion d’un jet de matière dans les volutes de la nébuleuse Trifide.
Il y a près de mille ans, les astronomes ont été témoins de l'éclat d'une nouvelle étoile flamboyante dans le ciel : une supernova si brillante qu'elle était visible en plein jour pendant des semaines. Aujourd'hui, son vestige en expansion, la nébuleuse du Crabe, continue d'évoluer à 6 500 années-lumière de la Terre. Découverte grâce à Edwin Hubble, la nébuleuse a depuis été étudiée avec une précision remarquable par le télescope spatial Hubble de la NASA et de l'ESA, qui a récemment réobservé cette explosion millénaire afin de suivre son expansion et sa transformation continues.
Nébuleuse du Crabe (image Hubble 2024). Crédit : NASA, ESA, STScI, W. Blair (JHU). Traitement d'images : J. DePasquale (STScI)
Un quart de siècle après ses premières observations complètes de la nébuleuse du Crabe, le télescope spatial Hubble a porté un nouveau regard sur ce rémanent de supernova. La nébuleuse du Crabe est
le vestige de SN 1054, située à 6 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Taureau.
Une brève et intense décharge d'énergie, détectée récemment, semble provenir des débris de galaxies en collision, selon une équipe internationale d'astronomes dirigée par des scientifiques de Penn State. Ce sursaut, baptisé GRB 230906A, a probablement été provoqué par la collision de deux étoiles à neutrons il y a des centaines de millions d'années et apporte aujourd'hui un éclairage nouveau sur la formation de certains des éléments les plus lourds de l'Univers.
Le signal, détecté pour la première fois par le satellite Fermi de la NASA en septembre 2023, appartenait à une classe particulière de sursauts gamma courts, des explosions si puissantes qu'elles éclipsent brièvement des galaxies entières.
Cette nouvelle image du télescope Hubble, publiée le 30 janvier 2026, est la plus nette jamais prise de NGC 7722, une galaxie lenticulaire située à environ 187 millions d'années-lumière dans la constellation de Pégase. Une galaxie lenticulaire, c'est-à-dire en forme de lentille, est un type de galaxie dont la classification se situe entre les galaxies spirales et les galaxies elliptiques, plus connues. Elle est également moins fréquente que les spirales et les elliptiques, notamment parce que ces galaxies ont une apparence parfois ambiguë, ce qui rend difficile de déterminer s'il s'agit d'une spirale, d'une elliptique ou d'un type intermédiaire.
Bien qu'elle n'abrite pas autant de jeunes étoiles qu'une galaxie spirale, NGC 7722 présente une activité certaine : en 2020, elle a été le théâtre de l'explosion d'une étoile détectée depuis la Terre par les astronomes. SN 2020SSF était une supernova de type Ia, un phénomène qui se produit lorsqu'une naine blanche d'un système binaire absorbe suffisamment de matière de son étoile compagne pour la rendre instable et provoquer son explosion. Ces explosions produisent une luminosité remarquablement constante : en mesurant leur luminosité apparente depuis la Terre et en la comparant à leur luminosité intrinsèque, les astronomes peuvent déterminer leur distance. Les supernovae de type Ia constituent l'un des meilleurs moyens de mesurer les distances des galaxies ; comprendre précisément leur mécanisme est donc crucial pour l'astronomie.
Prise par la caméra grand champ 3 du télescope spatial Hubble , cette image a été obtenue dans le cadre d'un programme d'observation (n° 16691 , chercheur principal : RJ Foley) portant sur des supernovae récentes. SN 2020SSF n'est pas visible sur cette image. Les chercheurs ont délibérément observé NGC 7722 deux ans après la disparition de la supernova afin d'observer ses effets résiduels et d'examiner son environnement, ce qui n'est possible qu'une fois la lumière intense de l'explosion dissipée. Grâce à la vision précise de Hubble, les astronomes peuvent rechercher des matières radioactives créées par la supernova, répertorier ses voisines pour aider à déterminer l'âge de l'étoile d'origine et rechercher l'étoile compagne qu'elle a laissée derrière elle – le tout à près de 200 millions d'années-lumière de la Terre.
Les astronomes cherchent depuis longtemps à expliquer la présence de silicates cristallins dans les comètes situées aux confins de notre système solaire. En effet, la formation de cristaux exige une chaleur intense, et ces « boules de neige sales » passent la majeure partie de leur temps dans la ceinture de Kuiper et le nuage d'Oort , deux régions extrêmement froides.
Or, grâce au télescope spatial James Webb de la NASA, qui observe l'espace au-delà de notre système solaire, une première preuve concluante de la faisabilité de ces conditions est apportée. Le télescope a clairement démontré, pour la première fois, que la formation des silicates cristallins se situe dans la partie interne et chaude du disque de gaz et de poussière entourant une très jeune étoile en formation. Webb a également révélé un puissant flux de matière capable de transporter les cristaux jusqu'aux limites de ce disque. Comparé à notre propre système solaire, une fois celui-ci complètement formé et débarrassé de la majeure partie de sa poussière, ces cristaux se formeraient à une distance approximativement comprise entre le Soleil et la Terre.
Les jeunes étoiles constituent une cible difficile à étudier. Non seulement parce qu'elles sont situées à des années-lumière de la Terre, mais aussi parce qu'elles naissent dans un nuage opaque de gaz et de poussière, qui masque les détails de leur formation.
L'équipe de la mission Hubble a publié plusieurs images de jeunes étoiles prises par le télescope, représentant des étoiles massives en formation. La formation des étoiles est l'un des processus les plus fondamentaux du cosmos. Les astrophysiciens savent que les étoiles se forment à partir de nuages moléculaires dont la densité s'effondre. Ce processus est relativement bien compris pour les étoiles de faible masse comme notre Soleil. Cependant, la formation des étoiles plus massives, celles qui possèdent au moins 8 à 10 masses solaires, reste encore largement méconnue et soulève de nombreuses questions.
Le télescope spatial James Webb de la NASA a zoomé sur la nébuleuse de l'Hélice pour offrir une vue rapprochée du destin possible de notre Soleil et de notre système planétaire. Grâce à la haute résolution de cette image, la structure du gaz éjecté par une étoile mourante apparaît clairement. Elle révèle comment les étoiles recyclent leur matière dans le cosmos, ensemençant ainsi les futures générations d'étoiles et de planètes, tandis que la NASA explore les secrets de l'univers et notre place en son sein.
Sur l'image de la caméra proche infrarouge (NIRCam) du télescope Webb, des piliers ressemblant à des comètes à longue queue dessinent la circonférence de la région interne d'une coquille de gaz en expansion. Ici, des vents brûlants de gaz chaud se déplaçant à grande vitesse, provenant de l'étoile mourante, percutent des coquilles de poussière et de gaz plus froides et plus lentes, éjectées plus tôt dans sa vie, sculptant ainsi la structure remarquable de la nébuleuse.
L'emblématique nébuleuse de l'Hélice a été photographiée par de nombreux observatoires terrestres et spatiaux au cours des presque deux siècles qui se sont écoulés depuis sa découverte. L'image en proche infrarouge de la nébuleuse prise par le télescope Webb met en évidence ces nœuds par rapport à l'image éthérée du télescope spatial Hubble de la NASA, tandis que sa résolution accrue améliore la netteté de l'image prise par le télescope spatial Spitzer, désormais hors service. De plus, cette nouvelle image en proche infrarouge révèle la transition nette entre les gaz les plus chauds et les gaz les plus froids à mesure que l'enveloppe se dilate autour de la naine blanche centrale.
Cette image étrange du télescope spatial Hubble de la NASA , qui peut sembler fantomatique, révèle en réalité une vie nouvelle. Lupus 3 est un nuage de formation d'étoiles situé à environ 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Scorpion.
Des volutes de gaz blanc tourbillonnent dans toute la région, et dans le coin inférieur gauche se trouve un nuage de poussière sombre. De brillantes étoiles T Tauri brillent à gauche, en bas à droite et en haut au centre, tandis que d'autres jeunes objets stellaires parsèment l'image.
Les étoiles T Tauri sont des étoiles en formation active, à un stade spécifique de leur développement. Durant cette phase, le gaz et la poussière qui les enveloppent se dissipent sous l'effet du rayonnement et des vents stellaires, c'est-à-dire des éjections de particules provenant de l'étoile naissante. Les étoiles T Tauri ont généralement moins de 10 millions d'années et leur luminosité varie de façon aléatoire et périodique en fonction de leur environnement et de leur nature. Les variations aléatoires peuvent être dues à des instabilités dans le disque d'accrétion de poussière et de gaz entourant l'étoile, à la chute et à l'absorption de matière provenant de ce disque, ainsi qu'à des éruptions à la surface de l'étoile. Les variations périodiques, plus régulières, peuvent être causées par la rotation de taches solaires géantes qui apparaissent et disparaissent du champ de vision.
Les étoiles T Tauri sont en train de se contracter sous l'effet de la gravité pour devenir des étoiles de la séquence principale, fusionnant l'hydrogène en hélium dans leur noyau. L'étude de ces étoiles peut aider les astronomes à mieux comprendre le processus de formation stellaire.
Le terme « New Space » est désormais couramment employé dans les secteurs de la fusée et des satellites pour désigner un nouveau modèle de développement axé sur la rapidité, inspiré de la mentalité de la Silicon Valley : « avancer vite et (espérons-le) ne rien casser ». Étant donné que plusieurs fondateurs d'entreprises de fusées et de satellites sont issus de la Silicon Valley, cela n'a rien d'étonnant. Cette mentalité a néanmoins entraîné une croissance exponentielle du nombre de satellites en orbite, ainsi qu'une diminution exponentielle du coût de leur mise en orbite.
La galaxie Circinus, située à environ 13 millions d'années-lumière, abrite un trou noir supermassif actif qui continue d'influencer son évolution. La principale source de lumière infrarouge provenant de la région la plus proche du trou noir serait constituée de jets de matière surchauffée projetés vers l'extérieur
Cette image du télescope spatial Hubble de la NASA offre une vue d'ensemble de la galaxie Circinus, une galaxie spirale proche située à environ 13 millions d'années-lumière. L'encart met en évidence un gros plan du cœur de la galaxie, réalisé par le télescope Webb. Les observations infrarouges percent la poussière pour révéler la matière chaude qui alimente son trou noir supermassif central. L'image de Webb, prise grâce à l'interféromètre à masquage d'ouverture (AMI) de son instrument NIRISS (Near-Infrared Imager and Slitless Spectrograph), isole la poussière chaude à proximité immédiate du trou noir supermassif. Elle révèle que la majeure partie de l'émission infrarouge provient d'une structure compacte et poussiéreuse qui alimente le trou noir, plutôt que de matière en mouvement. Sur l'image de Webb, la face interne du tore brille en infrarouge, tandis que les zones plus sombres correspondent aux endroits où l'anneau extérieur bloque la lumière. Crédit : NASA
De nouvelles observations du télescope spatial James Webb de la NASA, présentées ici avec une nouvelle image du télescope spatial Hubble de la NASA, remettent en question cette hypothèse. Elles suggèrent que la majeure partie de la matière chaude et poussiéreuse alimente en réalité le trou noir central. La technique utilisée pour recueillir ces données pourrait également permettre d'analyser les composantes d'écoulement et d'accrétion d'autres trous noirs proches.
Lorsque le télescope spatial Hubble vise une galaxie de l’amas galactique de la Vierge voisin du notre, il en offre une vision très détaillée.
Il s’agit ici de NGC4388, une belle spirale située à 61,2 millions d’années-lumière, et découverte en 1784 par William Herschel. Ce n’est pas la galaxie la plus lumineuse de l’amas mais sa magnitude 11 la rend tout à fait accessibles à des télescopes de 200 à 250 mm. Seulement, à l’oculaire de ces instruments, l’observation dévoile seulement une silhouette grise diffuse, allongée, sans autre détail.
Cette photo au contraire livre beaucoup d’informations en résolution mais aussi en palette de couleurs. Celles-ci sont accentuée par l’utilisation de 8 filtres différents allant de l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge. En fait, de nouvelles observations ont été ajoutées à des images plus anciennes prises par Hubble en 2016 et cette nouvelle image dévoile des panaches de gaz chaud s’échappant de la galaxie en direction du coin inférieur droit de l’image. La source d’énergie capable d’ioniser ce nuage de gaz serait le disque d’accrétion chaud autour du trou noir central.
Le télescope spatial Hubble a immortalisé une galaxie aux couleurs étincelantes. Ces teintes saisissantes témoignent de l’activité intense qui s’y déroule.
Une nouvelle image capturée par Hubble, le télescope spatial de la NASA et de l'ESA, nous fait découvrir une magnifique galaxie avec des teintes bleues et dorées. Un astéroïde de passage a aussi laissé de saisissantes traînées brillantes sur la photo.
Une spirale dorée et bleue à 102 millions d’années-lumière de la Terre
Le télescope Hubble continue de nous dévoiler les merveilles du cosmos. Il a récemment photographié une vue extraordinaire de NGC 6000, une galaxie spirale aux teintes bleues et dorées.Elle est située à 102 millions d’années-lumière de la Terre dans la constellation du Scorpion. NGC 6000 présente une structure spirale, c’est-à-dire de longs bras enroulés autour de son noyau central.C’est la région la plus brillante où se concentrent d’innombrables étoiles et de la poussière interstellaire. Les bras spiraux, eux, sont principalement composés de gaz, de poussière et de jeunes étoiles.L’image nous laisse aussi apercevoir des étoiles dorées vieillissantes et des traces d’anciennes supernovæ. Ce sont les explosions d’étoiles massives en fin de vie. Elles brillent faiblement sur la photo prise par Hubble.
Le télescope n’a pas capturé cette photo au hasard. Il avait pour mission d’étudier les sites de supernovæ récentes dans des galaxies comme NGC 6000. Elle en a connu deux au cours des dernières décennies : SN 2007ch et SN 2010as.Les capteurs très sensibles de Hubble lui permettent de capter la lumière résiduelle de ces explosions massives, bien des années après leur survenue.Cerise sur le gâteau, un astéroïde a traversé le champ de Hubble. Il a ainsi laissé derrière lui de fines traînées lumineuses qui ajoutent une touche spectaculaire à l’image.Les teintes bleues et dorées trahissent l’activité intense qui se déroule au sein de cette galaxie. Au centre, les étoiles sont généralement plus vieilles et moins massives. Elles sont donc plus froides et arborent une teinte rougeâtre.À l’inverse, les jeunes étoiles des bras spiraux sont plus massives et plus chaudes. Elles émettent une lumière bleu intense, créant un contraste saisissant entre le noyau et les bras de la galaxie.Ces observations cosmiques sont magnifiques à admirer, mais elles jouent aussi un rôle important pour les scientifiques. Elles permettent notamment de retracer l’histoire des étoiles à l’origine des supernovæ.
La lumière collectée par le télescope spatial Hubble de la NASA/ESA pour créer cette image est parvenue au télescope après un voyage de 250 millions d'années. Sa source était la galaxie spirale UGC 11397, située dans la constellation de la Lyre. À première vue, UGC 11397 ressemble à une galaxie spirale ordinaire : elle possède deux élégants bras spiraux illuminés par des étoiles et délimités par de sombres nuages de poussière.
Ce qui distingue UGC 11397 d'une spirale classique réside en son centre, où se développe un trou noir supermassif de 174 millions de fois la masse de notre Soleil. Lorsqu'un trou noir capture du gaz, de la poussière et même des étoiles entières de son voisinage, cette matière condamnée se réchauffe et offre un fantastique spectacle de lumière cosmique.
La matière piégée par le trou noir émet de la lumière, des rayons gamma aux ondes radio, et peut s'éclaircir et pâlir sans avertissement. Cependant, dans certaines galaxies, dont UGC 11397, d'épais nuages de poussière masquent une grande partie de cette activité énergétique à la lumière optique. Malgré cela, le trou noir en pleine croissance d'UGC 11397 a été révélé par son émission de rayons X intenses – une lumière de haute énergie capable de percer la poussière environnante. Cela a conduit les astronomes à la classer comme galaxie de Seyfert de type 2, une catégorie utilisée pour les galaxies actives dont les régions centrales sont masquées à la lumière visible par un nuage de poussière et de gaz en forme de beignet.
Grâce à Hubble, les chercheurs étudieront des centaines de galaxies qui, comme UGC 11397, abritent un trou noir supermassif en pleine expansion. Les observations de Hubble aideront les chercheurs à peser les trous noirs supermassifs proches, à comprendre leur croissance au début de l'histoire de l'univers et même à étudier la formation des étoiles dans l'environnement extrême du centre même d'une galaxie.
Une galaxie spirale dans l'espace. Visible sous un angle incliné, elle apparaît comme un disque orageux rempli de nuages d'étoiles et de poussière. Sa couleur est plus jaunâtre au centre et plus bleue vers le bord, là où les extrémités des bras spiraux incurvés se détachent du disque. Des taches de lumière rouge diffusées à travers la galaxie marquent les endroits où les étoiles se forment activement. La galaxie apparaît sur fond noir.
La majestueuse galaxie spirale inclinée NGC 3511 est le sujet de cette image prise par le télescope spatial Hubble (NASA/ESA ). La galaxie est située à 43 millions d'années-lumière de la Terre, dans la constellation du Cratère (La Coupe). Depuis le point de vue de Hubble en orbite autour de la Terre, NGC 3511 est inclinée d'environ 70 degrés, ce qui la situe entre les galaxies vues de face, qui dévoilent le disque complet de la spirale et ses bras, et les galaxies vues de profil, qui ne révèlent que leurs disques denses et aplatis.
Les astronomes étudient NGC 3511 dans le cadre d'une étude du cycle de formation d'étoiles dans les galaxies proches. Pour ce programme d'observation, Hubble enregistrera l'apparence de 55 galaxies locales à l'aide de cinq filtres laissant passer différentes longueurs d'onde, ou couleurs, de lumière.
L'un de ces filtres ne laisse passer qu'une longueur d'onde spécifique de lumière rouge. D'énormes nuages d'hydrogène gazeux brillent de cette couleur rouge lorsqu'ils sont stimulés par la lumière ultraviolette des jeunes étoiles chaudes. Comme le montre cette image, NGC 3511 contient de nombreux nuages de gaz rouge vif, dont certains sont enroulés autour d'amas d'étoiles bleues brillantes. Hubble aidera les astronomes à cataloguer et à mesurer l'âge de ces étoiles, généralement âgées de moins de quelques millions d'années et plusieurs fois plus massives que le Soleil.
Le nom Arp 184 provient de l'Atlas des galaxies particulières compilé par l'astronome Halton Arp en 1966. Il regroupe 338 galaxies aux formes étranges, généralement ni entièrement elliptiques ni entièrement spiralées. Nombre de ces galaxies sont en interaction avec d'autres galaxies, tandis que d'autres sont des galaxies naines sans structure bien définie.
Arp 184 a mérité sa place dans le catalogue grâce à son unique bras spiral large et parsemé d'étoiles qui semble s'étirer vers nous. La face cachée de la galaxie présente quelques volutes de gaz et d'étoiles, mais il lui manque un bras spiral aussi impressionnant.
Cette image de Hubble combine les données de trois programmes d'observation Snapshot, de courtes observations réalisées dans des intervalles de temps entre d'autres propositions. L'un des trois programmes ciblait Arp 184 pour son apparence particulière. Ce programme a étudié les galaxies répertoriées dans l'Atlas des galaxies particulières ainsi que dans le Catalogue des galaxies et associations particulières du Sud, un catalogue similaire compilé par Halton Arp et Barry Madore.
Les deux autres programmes Snapshot ont étudié les conséquences d'événements astronomiques fugaces comme les supernovae et les perturbations de marée, comme lorsqu'un trou noir supermassif arrache une étoile après s'être trop approché. Arp 184 ayant accueilli quatre supernovae connues au cours des trois dernières décennies, elle constitue une cible de choix pour une chasse aux supernovae.
Dans le cadre des célébrations du 35e anniversaire de l'ESA/Hubble, l'Agence spatiale européenne (ESA) a partagé de nouvelles images revisitant de superbes cibles Hubble précédemment publiées avec l'ajout des dernières données Hubble et de nouvelles techniques de traitement.
L'ESA et Hubble ont publié de nouvelles images de NGC 346, de la galaxie du Sombrero et de la nébuleuse de l'Aigle plus tôt ce mois-ci. Ils revisitent maintenant l'amas d'étoiles Messier 72 (M72).
M72 est un groupe d'étoiles, officiellement appelé amas globulaire, situé dans la constellation du Verseau, à environ 50 000 années-lumière de la Terre. L'intense attraction gravitationnelle entre ces étoiles très rapprochées donne aux amas globulaires leur forme sphérique régulière . On dénombre environ 150 amas globulaires connus associés à la Voie lactée.
La remarquable variété de couleurs des étoiles sur cette image de M72, notamment par rapport à l'image originale, résulte de l'ajout d'observations ultraviolettes aux données précédentes en lumière visible. Les couleurs indiquent des groupes de différents types d'étoiles.
Ici, les étoiles bleues sont celles qui étaient initialement plus massives et ont atteint des températures plus élevées après avoir brûlé une grande partie de leur combustible hydrogène ; les objets rouge vif sont des étoiles de plus faible masse devenues des géantes rouges. L'étude de ces différents groupes aide les astronomes à comprendre comment les amas globulaires et les galaxies dans lesquelles ils sont nés se sont formés.
Pierre Méchain, astronome français et collègue de Charles Messier, découvrit M72 en 1780. Ce fut le premier des cinq amas d'étoiles que Méchain allait découvrir alors qu'il assistait Messier. Ils l'enregistrèrent comme la 72e entrée de la célèbre collection d'objets astronomiques de Messier. C'est aussi l'un des amas les plus éloignés du catalogue.
Par Claire Andreoli, Agence spatiale européenne
Fourni par l'Agence spatiale européenne
La responsabilité qui incombe à ceux chargés de sélectionner l'image anniversaire du télescope spatial Hubble, en orbite depuis 35 ans, est un véritable défi. Chaque année, cette tâche s'accompagne de l'anticipation des avancées astronomiques permises par cet instrument emblématique. Pour ce 35e anniversaire, la Nasa et l'ESA ont choisi de mettre en avant quatre images récemment capturées, chacune révélant une facette des compétences d'Hubble. Ces images ne sont pas seulement de simples photographies, elles témoignent des merveilles de l'Univers, des phénomènes célestes et des découvertes scientifiques qui continuent d'enrichir notre compréhension du cosmos.