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13 janvier 2026

Webb nous offre un aperçu sans précédent du cœur de la galaxie Circinus

La galaxie Circinus, située à environ 13 millions d'années-lumière, abrite un trou noir supermassif actif qui continue d'influencer son évolution. La principale source de lumière infrarouge provenant de la région la plus proche du trou noir serait constituée de jets de matière surchauffée projetés vers l'extérieur
   
Cette image du télescope spatial Hubble de la NASA offre une vue d'ensemble de la galaxie Circinus, une galaxie spirale proche située à environ 13 millions d'années-lumière. L'encart met en évidence un gros plan du cœur de la galaxie, réalisé par le télescope Webb. Les observations infrarouges percent la poussière pour révéler la matière chaude qui alimente son trou noir supermassif central. L'image de Webb, prise grâce à l'interféromètre à masquage d'ouverture (AMI) de son instrument NIRISS (Near-Infrared Imager and Slitless Spectrograph), isole la poussière chaude à proximité immédiate du trou noir supermassif. Elle révèle que la majeure partie de l'émission infrarouge provient d'une structure compacte et poussiéreuse qui alimente le trou noir, plutôt que de matière en mouvement. Sur l'image de Webb, la face interne du tore brille en infrarouge, tandis que les zones plus sombres correspondent aux endroits où l'anneau extérieur bloque la lumière. Crédit : NASA

De nouvelles observations du télescope spatial James Webb de la NASA, présentées ici avec une nouvelle image du télescope spatial Hubble de la NASA, remettent en question cette hypothèse. Elles suggèrent que la majeure partie de la matière chaude et poussiéreuse alimente en réalité le trou noir central. La technique utilisée pour recueillir ces données pourrait également permettre d'analyser les composantes d'écoulement et d'accrétion d'autres trous noirs proches.

Lire l'article sur notre Blog

12 janvier 2026

Image du jour : La galaxie d'Andromède par Rodolphe Goldsztejn

C'est un objet brillant, facile à repérer et très spectaculaire, souvent la première cible des astrophotographes amateurs pour toutes ces raisons. Elle se situe pourtant à un peu plus de 2,5 millions d'années-lumière de nous ! Les observateurs peuvent facilement l'apercevoir avec un instrument modeste, et avec un bon ciel peu pollué, elle est même visible à l'œil nu. Sa meilleure période d'observation se situe entre août et décembre. 

Cette image a été réalisée depuis le Haut Jura (Bonlieu) à l'aide d'une lunette de 110 mm, une caméra CMOS et des filtres RGB. Un résultat équivalent serait obtenu avec une caméra couleur ou même un appareil photo numérique. 

Deux galaxies "satellites" sont également très visibles sur cette photo: M 110, en bas à gauche, et M 32 qui semble toucher le bord droit en haut de la galaxie M 31. 

Plus de détails sur le site AstroBin de Rodolphe.

31 décembre 2025

Image du jour : Le JWST capture des galaxies spirales en collision

Les observations infrarouges moyennes du télescope spatial James Webb de la NASA, représentées en blanc, gris et rouge, sont ici combinées aux données de rayons X de l'observatoire spatial Chandra de la NASA, mises en évidence en bleu. Ensemble, ces différentes longueurs d'onde révèlent une vue détaillée et stratifiée d'une paire de galaxies spirales en collision, capturée dans une image publiée le 1er décembre 2025.
Il y a des millions d'années, ces galaxies se sont frôlées, leur attraction gravitationnelle mutuelle déformant leurs bras spiraux et déclenchant des processus énergétiques détectables sur l'ensemble du spectre électromagnétique. Les données infrarouges du télescope Webb permettent de mettre en lumière la poussière chaude et les régions de formation d'étoiles, tandis que les observations en rayons X de Chandra révèlent la présence de gaz extrêmement chauds et d'une activité de haute énergie engendrée par cette interaction.

Bien que cette rencontre ait été brève à l'échelle cosmique, ses conséquences se feront sentir sur des milliards d'années. Progressivement, les deux galaxies spirales perdront de l'énergie et se rapprocheront, finissant par fusionner en une seule galaxie plus grande, remodelée par leur longue et complexe interaction gravitationnelle.

Fourni par la NASA

29 décembre 2025

Vidéo : Survolez les paysages cosmiques du télescope Webb

 
 À l'occasion de l'anniversaire du lancement du télescope spatial James Webb (NASA/ESA/ASC), l'ESA présente une compilation unique de zooms sur des vues cosmiques époustouflantes : un voyage exceptionnel comme à bord d’un vaisseau spatial virtuel, cette vidéo explore les profondeurs interstellaires de notre univers, avec des nébuleuses colorées et des pouponnières d’étoiles dynamiques au sein de notre galaxie, puis, plus loin encore, jusqu’aux confins du cosmos, des galaxies en interaction et d'immenses amas de galaxies.

Le télescope spatial Webb, le plus grand jamais construit, a été lancé le jour de Noël 2021 par une fusée Ariane 5 depuis le Centre spatial guyanais. Il a effectué ses premières observations scientifiques en juillet 2022. Depuis, ce puissant télescope explore inlassablement l'univers, du voisinage solaire aux galaxies les plus lointaines.

Fourni par l'ESA

26 décembre 2025

Une danse de galaxies : le JWST capture des galaxies naines en interaction

Le télescope spatial James Webb de la NASA a capturé deux galaxies naines voisines interagissant l'une avec l'autre sur cette image publiée le 2 décembre 2025.
Les galaxies naines peuvent nous éclairer sur les galaxies de l'univers primitif , que l'on pensait moins massives que des galaxies comme la Voie lactée, et qui contiennent également beaucoup de gaz, relativement peu d'étoiles, et généralement de petites quantités d'éléments plus lourds que l'hélium.

L'observation de la fusion de galaxies naines peut nous renseigner sur la façon dont les galaxies d'il y a des milliards d'années ont pu croître et évoluer.

Fourni par la NASA

13 décembre 2025

Image du jour : Hubble vise une galaxie de l’amas galactique de la Vierge, NGC4388

Lorsque le télescope spatial Hubble vise une galaxie de l’amas galactique de la Vierge voisin du notre, il en offre une vision très détaillée.

Il s’agit ici de NGC4388, une belle spirale située à 61,2 millions d’années-lumière, et découverte en 1784 par William Herschel. Ce n’est pas la galaxie la plus lumineuse de l’amas mais sa magnitude 11 la rend tout à fait accessibles à des télescopes de 200 à 250 mm. Seulement, à l’oculaire de ces instruments, l’observation dévoile seulement une silhouette grise diffuse, allongée, sans autre détail. 

Cette photo au contraire livre beaucoup d’informations en résolution mais aussi en palette de couleurs. Celles-ci sont accentuée par l’utilisation de 8 filtres différents allant de l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge. En fait, de nouvelles observations ont été ajoutées à des images plus anciennes prises par Hubble en 2016 et cette nouvelle image dévoile des panaches de gaz chaud s’échappant de la galaxie en direction du coin inférieur droit de l’image. La source d’énergie capable d’ioniser ce nuage de gaz serait le disque d’accrétion chaud autour du trou noir central.

(c) Ciel & Espace

03 décembre 2025

Image du jour : la galaxie NGC 4236, dans le Dragon, par Rodolphe Goldsztejn


 NGC 4236, dans le Dragon, en avril dernier, captée pendant plus de 21 heures de pose... et traitée ces derniers jours sous Pixinsight : Rodolphe l'a qualifie d'ingrate tant il est très difficile d'en faire ressortir les couleurs malgré moult efforts…

30 novembre 2025

La danse des télescopes et des rayons gamma

L’installation de télescopes de grande taille aux Canaries pousse des astronomes à jouer les alpinistes. Objectif de ces instruments : étudier des objets et des événements très lointains tels que les sursauts gamma et les noyaux actifs de galaxies. Un reportage du CNRS en partenariat avec Le Monde.

29 novembre 2025

Une simulation de la Voie lactée d'une précision jamais atteinte : 100 milliards d'étoiles !

La Voie lactée a enfin pu être simulée de manière précise et plus rapide, et ce grâce notamment à l'intelligence artificielle, pour atteindre une résolution gigantesque de 100 milliards d'étoiles ! Cette prouesse technologique pourrait nous en apprendre davantage sur l'évolution de notre galaxie.
Une galaxie est une structure gravitationnelle extrêmement complexe, composée de gaz, d’étoiles et de matière noire. Les simulations numériques sont un moyen de mieux comprendre l'histoire galactique, notamment la formation des structures comme le disque ou la distribution de la matière sombre permettant d'estimer la masse totale. Âgée d'au moins 12 milliards d'années, la Voie lactée est particulièrement difficile à simuler : son évolution nécessite des temps de calcul que même les super-ordinateurs les plus puissants peinent à fournir. Plusieurs tentatives ont déjà été réalisées, mais elles ne prenaient en compte qu’environ 100 millions d’étoiles et requéraient des durées de calcul irréalistes : en effet, simuler un milliard d’années d’évolution galactique nécessiterait près de 36 ans sur les machines actuelles. Jusqu'ici, un milliard de particules simulées constituait la capacité limite des supercalculateurs les plus performants.

Lire l'article de Sciences et Avenir

24 octobre 2025

Les anneaux d‘étoiles au cœur des galaxies témoignent de la vie de leur hôte

 Des astronomes viennent d’établir une corrélation entre la morphologie des anneaux stellaires au centre des galaxies et celle de leur hôte. Ces petits objets, sièges d’une intense formation d’étoiles, apparaissent dans 20 % des galaxies à disque.

Les anneaux nucléaires brillent de mille feux dans le cœur de nombreuses galaxies spirales, telles de petites bagues magiques. Ils fascinent les astronomes par leur beauté, mais aussi par la richesse des informations qu’ils recèlent. Il s’y déroule parfois jusqu’à 60 % de l’ensemble des naissances d’étoiles d’une galaxie ! En août 2025, une équipe germano-espagnole est parvenue à établir une corrélation entre leur morphologie et celle de leur galaxie hôte. Un travail de classification publié dans la revue Astronomy & Astrophysics.

17 octobre 2025

Image du jour : MGC2403 par Fabien Pannaux

NGC2403 dans la constellation de la girafe. 3h30 de pause dans la nuit du 15 au 16 octobre, à Dole (Jura). C'est une galaxie spirale intermédiaire à 11,1 millions d'années lumière.

14 octobre 2025

Image du jour : Galaxie du Triangle par Rodolphe Goldsztejn

Magnifique M 33 (Galaxie du Triangle) captée depuis Bonlieur (Jura) dans la nuit du 12 octobre 2025 par Rodophe avec une lunette 110 mm en utilisant des filtres L, RGB et Ha, ce dernier filtre faisant ressortir les zones dans lesquelles se forment les étoiles.

A voir sur la page AstroBin de Rodolphe ou sur son site RodAstro.

12 octobre 2025

Hubble capture une galaxie aux couleurs fascinantes

Le télescope spatial Hubble a immortalisé une galaxie aux couleurs étincelantes. Ces teintes saisissantes témoignent de l’activité intense qui s’y déroule.
Une nouvelle image capturée par Hubble, le télescope spatial de la NASA et de l'ESA, nous fait découvrir une magnifique galaxie avec des teintes bleues et dorées. Un astéroïde de passage a aussi laissé de saisissantes traînées brillantes sur la photo.

Une spirale dorée et bleue à 102 millions d’années-lumière de la Terre

Le télescope Hubble continue de nous dévoiler les merveilles du cosmos. Il a récemment photographié une vue extraordinaire de NGC 6000, une galaxie spirale aux teintes bleues et dorées.Elle est située à 102 millions d’années-lumière de la Terre dans la constellation du Scorpion. NGC 6000 présente une structure spirale, c’est-à-dire de longs bras enroulés autour de son noyau central.C’est la région la plus brillante où se concentrent d’innombrables étoiles et de la poussière interstellaire. Les bras spiraux, eux, sont principalement composés de gaz, de poussière et de jeunes étoiles.L’image nous laisse aussi apercevoir des étoiles dorées vieillissantes et des traces d’anciennes supernovæ. Ce sont les explosions d’étoiles massives en fin de vie. Elles brillent faiblement sur la photo prise par Hubble.


Le télescope n’a pas capturé cette photo au hasard. Il avait pour mission d’étudier les sites de supernovæ récentes dans des galaxies comme NGC 6000. Elle en a connu deux au cours des dernières décennies : SN 2007ch et SN 2010as.Les capteurs très sensibles de Hubble lui permettent de capter la lumière résiduelle de ces explosions massives, bien des années après leur survenue.Cerise sur le gâteau, un astéroïde a traversé le champ de Hubble. Il a ainsi laissé derrière lui de fines traînées lumineuses qui ajoutent une touche spectaculaire à l’image.Les teintes bleues et dorées trahissent l’activité intense qui se déroule au sein de cette galaxie. Au centre, les étoiles sont généralement plus vieilles et moins massives. Elles sont donc plus froides et arborent une teinte rougeâtre.À l’inverse, les jeunes étoiles des bras spiraux sont plus massives et plus chaudes. Elles émettent une lumière bleu intense, créant un contraste saisissant entre le noyau et les bras de la galaxie.Ces observations cosmiques sont magnifiques à admirer, mais elles jouent aussi un rôle important pour les scientifiques. Elles permettent notamment de retracer l’histoire des étoiles à l’origine des supernovæ.

Fourni par Les Numériques

07 octobre 2025

Image du mois ESA : Lentilles gravitationnelles photographiées par Webb lors de son premier vol

 L'Agence spatiale européenne (ESA) publie régulièrement des images offrant des vues imprenables du cosmos, grâce à ses missions phares. Parmi elles, une nouvelle venue, l' Image du mois ESA/Webb , met en valeur les capacités haute résolution et ultra-sensibles du télescope spatial James Webb (JWST). Ce mois-ci, huit images époustouflantes de galaxies à lentilles gravitationnelles observées par Webb lors de son cycle 1 d'observation générale (OG). L'étude de ces galaxies à lentilles gravitationnelles nous éclaire sur l'univers primitif et sur l'évolution des galaxies au fil du temps.

01 octobre 2025

Image du jour : Galaxie IC 342, dans la Girafe, par Rodolphe Goldsztejn

IC 342, ou encore la Galaxie Cachée dans la constellation de la Girafe, se laisse tout de même photographier pourvu que l'on ait un peu de patience et de persévérance. IC 342 est visuellement proche du bord de notre propre galaxie, la Voie Lactée, dont les nuages de poussières et de gaz empêchent de voir IC342 de façon plus brillante dans le ciel, d'où son nom. Elle est située à plus de 11 millions d'années-lumière de nous.

Cette image a été réalisée fin septembre sur 3 nuits à l'aide de filtres couleurs (RGB) et a requis un temps de pose de près de 13 heures au total avec une lunette de 130 mm de diamètre. Dans le fond de ciel se trouvent également de nombreuses petites galaxies.

A admirer sur la page AstroBin de Rodolphe.

21 septembre 2025

Image du jour : la Galaxie d'Andromède (M31), par Fabien Pannaux

 

La Galaxie d'Andromède (M31) prise par Fabien en septembre 2025 depuis Dole avec la station d'observation ZWO Seestar S50 au travers du mécanisme de mosaïque pendant une durée de 2h environ, traitée avec Pixinsight et Photoshop.

26 août 2025

Les observations détectent un filament galactique en rotation d'environ 5,5 millions d'années-lumière de long, reliant 14 galaxies

En analysant les données du relevé international MeerKAT MIGHTEE-HI (Giga-Hertz Tiered Extragalactic Exploration), des astronomes ont découvert un nouveau filament galactique en rotation. Ce filament, long d'environ 5,5 millions d'années-lumière, relie 14 galaxies.
Les filaments galactiques sont les plus grandes structures connues de l'univers. Ils contiennent des galaxies aux populations stellaires et aux structures variées. Ils injectent du gaz dans les galaxies, favorisant leur croissance et leur évolution.

De grandes structures filamentaires n'ont été découvertes que récemment grâce à des observations d'hydrogène atomique neutre (HI). L'étude du gaz HI froid au sein des filaments galactiques peut nous aider à mieux comprendre la relation entre le gaz de faible densité de la toile cosmique et la façon dont les galaxies qui la composent se développent grâce à ce matériau.

Aujourd'hui, une équipe d'astronomes dirigée par Madalina N. Tudorache de l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni, rapporte la détection d'une chaîne de galaxies HI à partir de l'enquête MIGHTEE-HI.

« Dans ce travail, nous présentons la détection de 14 galaxies HI dans l'enquête MIGHTEE-HI à z = 0,03 dans le champ COSMOS, qui forment une structure de type filamentaire », ont écrit les chercheurs dans l'article.

Les 14 galaxies se situent dans une très faible plage de vitesses de récession, comprise entre 9 230 et 9 700 km/s (avec une dispersion de vitesse d'environ 140 km/s). Elles forment une structure linéaire à environ 30 degrés à l'ouest du nord sur la sphère céleste , d'une longueur d'environ 5,5 millions d'années-lumière et d'une largeur d'environ 117 000 années-lumière.

De plus, les observations suggèrent que ce filament galactique est intégré dans une structure de toile cosmique beaucoup plus vaste, d'une taille d'au moins 49 millions d'années-lumière. Ce filament semble avoir une épaisseur comprise entre 2,6 et 3,3 millions d'années-lumière.

Les observations ont révélé que les 14 galaxies HI signalées sont nettement plus fortement alignées avec le filament de la toile cosmique. Cela indique donc que le moment cinétique des galaxies est étroitement lié à la structure filamentaire à grande échelle.

De plus, en analysant les données collectées, les astronomes ont trouvé des preuves solides de la rotation des galaxies autour de l'épine dorsale du filament. Cette découverte fait du filament galactique nouvellement détecté la plus longue et l'une des plus grandes structures en rotation jamais identifiées.

Les résultats obtenus ont également permis à l'équipe de Tudorache d'obtenir plus d'informations sur le stade évolutif du filament galactique.

« L'abondance des galaxies HI le long du filament et la faible température dynamique des galaxies à l'intérieur du filament indiquent que ce filament est à un stade évolutif précoce où l'empreinte du flux de matière cosmique sur les galaxies a été préservée au cours du temps cosmique », concluent les astronomes.

Plus d'informations : Madalina N. Tudorache et al., A 15 Mpc rotating galaxy filament at redshift z = 0,032, arXiv (2025). DOI : 10.48550/arxiv.2508.13053 

Par Tomasz Nowakowski, Phys.org Edité par Gaby Clark, révisé par Robert Egan
© 2025 Réseau Science X

12 août 2025

Des astronomes repèrent « l'Œil de Sauron » dans l'espace lointain

Une nouvelle image saisissante d'un jet cosmique a permis aux astronomes de percer le mystère de l'émission exceptionnellement brillante de rayons gamma et de neutrinos de haute énergie provenant d'un objet céleste particulier. 

La source est un blazar, un type de galaxie active alimentée par un trou noir supermassif dévorant la matière au cœur d'une galaxie. Ils ont capturé ce qui ressemble au mythique « Œil de Sauron » dans l'univers lointain et viennent peut-être de résoudre une énigme cosmique vieille de dix ans.
Les chercheurs ont fait une découverte qui permettra de comprendre comment un blazar apparemment lent, connu sous le nom de PKS 1424+240, pourrait être l'une des sources les plus brillantes de rayons gamma de haute énergie et de neutrinos cosmiques jamais observées. Ces travaux sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Situé à des milliards d'années-lumière, le blazar PKS 1424+240 a longtemps déconcerté les astronomes. Il se distinguait comme le blazar émetteur de neutrinos le plus brillant connu du ciel – identifié par l'observatoire de neutrinos IceCube – et brillait également dans les rayons gamma de très haute énergie observés par les télescopes Tcherenkov au sol. Pourtant, curieusement, son jet radio semblait se déplacer lentement, contredisant les prévisions selon lesquelles seuls les jets les plus rapides pouvaient être à l'origine d'une luminosité aussi exceptionnelle.

Aujourd'hui, grâce à 15 années d'observations radio ultra-précises du Very Long Baseline Array (VLBA), les chercheurs ont pu assembler une image profonde de ce jet à une résolution inégalée.

« Lorsque nous avons reconstruit l'image, elle était absolument époustouflante », déclare Yuri Kovalev, auteur principal de l'étude et chercheur principal du projet MuSES à l'Institut Max-Planck de radioastronomie (MPIfR). « Nous n'avions jamais rien vu de tel : un champ magnétique toroïdal quasi parfait avec un jet pointant droit vers nous. »

Crédit : Astronomie et astrophysique (2025). DOI : 10.1051/0004-6361/20255540

Comme le jet est aligné presque exactement dans la direction de la Terre, son émission à haute énergie est considérablement amplifiée par les effets de la relativité restreinte. « Cet alignement entraîne une augmentation de la luminosité d'un facteur 30 ou plus », explique Jack Livingston, co-auteur au MPIfR. « Parallèlement, le jet semble se déplacer lentement en raison d'effets de projection – une illusion d'optique classique. »

Cette géométrie frontale a permis aux scientifiques d'observer directement le cœur du jet du blazar – une opportunité extrêmement rare. Des signaux radio polarisés ont aidé l'équipe à cartographier la structure du champ magnétique du jet, révélant sa forme probablement hélicoïdale ou toroïdale. Cette structure joue un rôle clé dans le lancement et la collimation du flux de plasma, et pourrait être essentielle à l'accélération des particules à des énergies extrêmes.

« La résolution de cette énigme confirme que les noyaux galactiques actifs avec des trous noirs supermassifs ne sont pas seulement de puissants accélérateurs d'électrons, mais aussi de protons, à l'origine des neutrinos de haute énergie observés », conclut Kovalev.

Cette découverte est un triomphe pour le programme MOJAVE, un effort de plusieurs décennies visant à surveiller les jets relativistes dans les galaxies actives grâce au réseau à très longue base (VLBA). Les scientifiques utilisent la technique d'interférométrie à très longue base (VLBI), qui relie des radiotélescopes du monde entier pour former un télescope virtuel de la taille de la Terre. Cette technique offre la plus haute résolution disponible en astronomie, leur permettant d'étudier les détails les plus fins des jets cosmiques lointains.
« Lorsque nous avons lancé MOJAVE, l'idée de relier un jour directement des jets de trous noirs lointains à des neutrinos cosmiques semblait relever de la science-fiction. Aujourd'hui, nos observations concrétisent ce projet », déclare Anton Zensus, directeur du MPIfR et cofondateur du programme.

Ce résultat renforce le lien entre les jets relativistes, les neutrinos de haute énergie et le rôle des champs magnétiques dans la formation des accélérateurs cosmiques, marquant une étape importante dans l’astronomie multimessager.

Pour plus d'informations : YY Kovalev et al., Regard sur le cône de jet du blazar de très haute énergie associé aux neutrinos PKS 1424+240, Astronomy & Astrophysics (2025). DOI : 10.1051/0004-6361/202555400

Par Norbert Junkes, Société Max Planck
Edité par Gaby Clark , révisé par Robert Egan
Fourni par la Société Max Planck


02 août 2025

Image du jour : Webb jette un regard neuf sur un champ profond classique

Cette image du télescope spatial James Webb de la NASA/ESA/CSA revisite l'une des régions les plus emblématiques du ciel, le champ ultra-profond de Hubble , à travers le regard de deux instruments de Webb. Le résultat est une vue détaillée qui révèle des milliers de galaxies lointaines, dont certaines remontent aux premiers temps de l'histoire cosmique.

Le champ présenté ici, connu sous le nom de région MIRI Deep Imaging Survey (MIDIS), a été observé avec le filtre de plus courte longueur d'onde de l'instrument MIRI (Mid-Infrared Instrument) de Webb pendant près de 100 heures. Il s'agit de la plus longue observation d'un champ extragalactique par Webb avec un seul filtre à ce jour, produisant l'une des vues les plus profondes jamais obtenues de l'univers. Combinée aux données de la caméra proche infrarouge de Webb (NIRCam), cette image permet aux astronomes d'explorer la formation et l'évolution des galaxies sur des milliards d'années.

Ces observations approfondies ont révélé plus de 2 500 sources dans cette minuscule étendue de ciel. Parmi elles, des centaines de galaxies extrêmement rouges, dont certaines sont probablement des systèmes massifs obscurcis par la poussière, ou des galaxies évoluées dont les étoiles matures se sont formées au début de l'histoire de l'univers. Grâce à la résolution élevée de Webb, même dans l'infrarouge moyen, les chercheurs peuvent décrypter la structure de nombre de ces galaxies et étudier la distribution de leur lumière, éclairant ainsi leur croissance et leur évolution.

Sur cette image, les couleurs attribuées aux différents types de lumière infrarouge mettent en évidence les distinctions fines que les astronomes peuvent établir grâce à ces données approfondies. L'orange et le rouge représentent les longueurs d'onde les plus longues de l'infrarouge moyen. Les galaxies représentées dans ces couleurs présentent des caractéristiques supplémentaires, telles qu'une forte concentration de poussière, une formation stellaire abondante ou un noyau galactique actif (GNA) en leur centre, qui émettent davantage de cette lumière infrarouge lointaine.

Les petites galaxies blanc verdâtre sont particulièrement lointaines et présentent un décalage vers le rouge élevé. Cela décale leur spectre lumineux vers les longueurs d'onde maximales de l'infrarouge moyen des données, représentées en blanc et en vert. La plupart des galaxies de cette image ne présentent pas de telles caractéristiques d'amplification de l'infrarouge moyen, ce qui les rend plus brillantes aux longueurs d'onde plus courtes du proche infrarouge, représentées en bleu et en cyan.

En revenant à ce domaine historique rendu célèbre par le télescope spatial Hubble de la NASA/ESA, Webb poursuit et élargit la tradition du champ profond, révélant de nouveaux détails, découvrant des galaxies jusque-là cachées et offrant de nouvelles perspectives sur la formation des premières structures cosmiques.

Par l'Agence spatiale européenne 
Edité par Lisa Lock , révisé par Andrew Zinin 
Fourni par l'Agence spatiale européenne