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14 août 2026

Image du jour : l'Etoile de Gamma (Sh 2-185) et Nébuleuse Fantôme de Cassiopée (IC 63), par Rodolphe Goldsztejn

 


Il s'agit de la nébuleuse IC 63, surnommée le « Fantôme de Cassiopée », située à environ 550 années-lumière dans la constellation de Cassiopée. L’étoile brillante bleue dominante à droite est Gamma Cassiopeiae (γ Cas), une étoile variable très lumineuse et énergétique qui illumine et sculpte progressivement le nuage de gaz et de poussières.

Les masses rougeâtres des structures nébuleuses correspondent à l’émission Hα de l’hydrogène ionisé par le puissant rayonnement ultraviolet de γ Cas. On distingue également des zones plus bleutées, signe de lumière réfléchie par les poussières.

La forme irrégulière, presque organique et « fantomatique », est caractéristique d’IC 63. Les filaments et les contours flous donnent à l’objet cet aspect éthéré qui lui a valu son surnom

L'image est superbe : le traitement montre les détails des filaments bien préservés, sur un fond de ciel propre, obtenant un équilibre entre le rouge de l’émission et le bleu de la réflexion harmonieux. Le halo de diffraction de l’étoile brillante est parfaitement géré, ce qui n’est pas toujours évident avec un objet aussi contrasté.

Rodolphe a tiré parti du caractère unique du Fantôme de Cassiopée (IC 63), et capturé à la fois la délicatesse des structures et l’ambiance un peu mystérieuse de cet nébuleuse.

A admirer sur la page AstroBin de Rodolphe 

Image du jour : l'étoile SAO 49385 et la nébuleuse LBN 33, par Jean Luc Combe (Club Astro des Lacs - Jura)


 

L’étoile brillante au centre de l’image est SAO 49385 (également connue sous les noms 32 Cygni, ο² Cygni ou V1488 Cyg). C’est une étoile binaire à éclipses (supergéante K5 + compagnon B7), de magnitude apparente environ 4, située dans la constellation du Cygne.

La nébuleuse qui l’entoure est LBN 331 (Lynds Bright Nebula 331), parfois appelée « Cygnus Waves » ou « False Cirrus ». Il s’agit d’une nébuleuse en émission (principalement en Hα) formée de fins filaments rouges ondulés. Elle fait partie du complexe Cygnus X et n’est pas un rémanent de supernova (contrairement au Voile voisin). Les filaments sont ionisés par le rayonnement des étoiles environnantes, dont 32 Cygni.

13 août 2026

Image du jour : NGC 6960, ou le Balai de Sorcière, par Fabien Pannaux

 

C’est la partie ouest du grand rémanent de supernova du Voile, situé dans la constellation du Cygne à environ 2 400 années-lumière.

L’image met en valeur ses longs filaments bleutés (principalement de l’oxygène ionisé [O III]) qui s’étirent de façon spectaculaire, avec l’étoile brillante 52 Cygni (la grande étoile jaune au centre) qui se trouve en superposition sur la ligne de visée, sans être liée physiquement au rémanent.

29 juillet 2026

Les astronomes ont découvert la preuve la plus solide à ce jour que Bételgeuse possède un compagnon

Les astronomes disposent enfin de preuves irréfutables que Bételgeuse, l’une des étoiles les plus célèbres du ciel nocturne, n’est pas seule. Grâce au Very Large Telescope (VLT) de l’Observatoire Européen Austral (ESO), une équipe dirigée par le chercheur français Miguel Montargès a obtenu l’image la plus nette jamais réalisée de ce qui est probablement Bételgeuse B, l’étoile en orbite autour de Bételgeuse.


Les astronomes recherchaient depuis près d’un siècle cette éventuelle compagne, initialement proposée pour expliquer les variations de luminosité de Bételgeuse, mais sans succès. Deux études publiées en 2024 prédisaient avec certitude qu’en décembre de cette année-là, l’étoile compagnon serait à son point le plus éloigné de Bételgeuse et donc plus facile à repérer. Miguel Montargès et son équipe se sont mis au travail, observant l’étoile avec le VLT de l’ESO en décembre 2024 et passant plusieurs mois à traiter les données. 

19 juillet 2026

Image du jour : Wolf Rayet 134 par Rodolphe Goldsztejn

 


Wolf Rayet 134 par Rodolphe Goldsztejn, depuis Bonlieu (Jura)

WR 134 est une étoile variable de type Wolf-Rayet située à environ 6 000 années-lumière dans la constellation du Cygne. Elle présente une température élevée de plus de 63 000 K, une luminosité 400 000 fois supérieure à celle du Soleil et est entourée d'une faible nébuleuse bulle.

Histoire et découverte
  • Observées pour la première fois en 1867 par les astronomes Charles Wolf et Georges Rayet à l' Observatoire de Paris.
  • Il s'agissait de l'une des trois toutes premières étoiles Wolf-Rayet jamais identifiées grâce à leurs spectres de raies d'émission inhabituels.
La plupart des astrophotographes s'accordent à dire que l'imagerie de WR 134 est un défi d'astrophotographie difficile car la nébuleuse bulle environnante est très faible et nécessite de longs temps d'exposition.

24 mars 2026

Un système solaire en formation ? Deux planètes en train de se former repérées dans le disque d'une jeune étoile

Des astronomes ont observé la formation de deux planètes dans le disque entourant une jeune étoile baptisée WISPIT 2. Après avoir déjà détecté une planète, l'équipe a désormais utilisé les télescopes de l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour confirmer la présence d'une seconde planète. Ces observations, ainsi que la structure unique du disque entourant l'étoile, suggèrent que le système WISPIT 2 pourrait ressembler à un jeune système solaire.

Images prises par le VLT de deux planètes en formation autour de la jeune étoile WISPIT 2 (Crédit: ESO/C. Lawlor, R. F. van Capelleveen et al.)

« WISPIT 2 nous offre le meilleur aperçu de notre propre passé dont nous disposions jusqu’à présent », déclare Chloe Lawlor, doctorante à l’université de Galway, en Irlande, et autrice principale de l’étude publiée aujourd’hui dans The Astrophysical Journal Letters.

28 janvier 2026

Image du jour : Chandra et Webb attrapent des lumières scintillantes

Ce paysage stellaire évoque un panorama hivernal vu du télescope spatial James Webb de la NASA (rouge, vert et bleu). Les données de Chandra (rouge, vert et bleu) ponctuent la scène d'éclairs colorés témoignant de l'activité intense des étoiles.

23 janvier 2026

Le télescope Webb de la NASA découvre une jeune étoile semblable au Soleil en train de se former et d'éjecter des cristaux communs

Les astronomes cherchent depuis longtemps à expliquer la présence de silicates cristallins dans les comètes situées aux confins de notre système solaire. En effet, la formation de cristaux exige une chaleur intense, et ces « boules de neige sales » passent la majeure partie de leur temps dans la ceinture de Kuiper et le nuage d'Oort , deux régions extrêmement froides. 

Or, grâce au télescope spatial James Webb de la NASA, qui observe l'espace au-delà de notre système solaire, une première preuve concluante de la faisabilité de ces conditions est apportée. Le télescope a clairement démontré, pour la première fois, que la formation des silicates cristallins se situe dans la partie interne et chaude du disque de gaz et de poussière entourant une très jeune étoile en formation. Webb a également révélé un puissant flux de matière capable de transporter les cristaux jusqu'aux limites de ce disque. Comparé à notre propre système solaire, une fois celui-ci complètement formé et débarrassé de la majeure partie de sa poussière, ces cristaux se formeraient à une distance approximativement comprise entre le Soleil et la Terre.
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21 janvier 2026

Étudier les jeunes protoétoiles massives et mystérieuses avec Hubble

Les jeunes étoiles constituent une cible difficile à étudier. Non seulement parce qu'elles sont situées à des années-lumière de la Terre, mais aussi parce qu'elles naissent dans un nuage opaque de gaz et de poussière, qui masque les détails de leur formation.
L'équipe de la mission Hubble a publié plusieurs images de jeunes étoiles prises par le télescope, représentant des étoiles massives en formation. La formation des étoiles est l'un des processus les plus fondamentaux du cosmos. Les astrophysiciens savent que les étoiles se forment à partir de nuages moléculaires dont la densité s'effondre. Ce processus est relativement bien compris pour les étoiles de faible masse comme notre Soleil. Cependant, la formation des étoiles plus massives, celles qui possèdent au moins 8 à 10 masses solaires, reste encore largement méconnue et soulève de nombreuses questions.

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16 janvier 2026

Hubble observe un nuage fantomatique animé par la formation d'étoiles

Cette image étrange du télescope spatial Hubble de la NASA , qui peut sembler fantomatique, révèle en réalité une vie nouvelle. Lupus 3 est un nuage de formation d'étoiles situé à environ 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Scorpion.

Des volutes de gaz blanc tourbillonnent dans toute la région, et dans le coin inférieur gauche se trouve un nuage de poussière sombre. De brillantes étoiles T Tauri brillent à gauche, en bas à droite et en haut au centre, tandis que d'autres jeunes objets stellaires parsèment l'image.

Les étoiles T Tauri sont des étoiles en formation active, à un stade spécifique de leur développement. Durant cette phase, le gaz et la poussière qui les enveloppent se dissipent sous l'effet du rayonnement et des vents stellaires, c'est-à-dire des éjections de particules provenant de l'étoile naissante. Les étoiles T Tauri ont généralement moins de 10 millions d'années et leur luminosité varie de façon aléatoire et périodique en fonction de leur environnement et de leur nature. Les variations aléatoires peuvent être dues à des instabilités dans le disque d'accrétion de poussière et de gaz entourant l'étoile, à la chute et à l'absorption de matière provenant de ce disque, ainsi qu'à des éruptions à la surface de l'étoile. Les variations périodiques, plus régulières, peuvent être causées par la rotation de taches solaires géantes qui apparaissent et disparaissent du champ de vision.

Les étoiles T Tauri sont en train de se contracter sous l'effet de la gravité pour devenir des étoiles de la séquence principale, fusionnant l'hydrogène en hélium dans leur noyau. L'étude de ces étoiles peut aider les astronomes à mieux comprendre le processus de formation stellaire.

Fourni par la NASA

12 janvier 2026

Les astronomes surpris par une mystérieuse onde de choc autour d'une étoile morte

Le gaz et la poussière émis par les étoiles peuvent, dans certaines conditions, entrer en collision avec l'environnement d'une étoile et créer une onde de choc. Aujourd'hui, des astronomes utilisant le Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire Européen Austral (ESO) ont photographié une magnifique onde de choc autour d'une étoile morte, une découverte qui les a laissés perplexes. Selon tous les mécanismes connus, la petite étoile morte RXJ0528+2838 ne devrait pas présenter une telle structure autour d'elle. Cette découverte, aussi énigmatique que stupéfiante, remet en question notre compréhension de la manière dont les étoiles mortes interagissent avec leur environnement.
« Nous avons découvert quelque chose d'inédit et, surtout, de totalement inattendu », explique Simone Scaringi, professeur associé à l'université de Durham, au Royaume-Uni, et co-auteur principal de l'étude publiée aujourd'hui dans Nature Astronomy. « Nos observations révèlent un puissant flux qui, selon nos connaissances actuelles, ne devrait pas être là », précise Krystian Ilkiewicz, chercheur en postdoctorat au Centre astronomique Nicolas Copernic de Varsovie, en Pologne, et coauteur de l'étude. Le terme « flux » est utilisé par les astronomes pour décrire la matière éjectée par les objets célestes.

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05 janvier 2026

Le télescope spatial Webb identifie la plus ancienne supernova jamais observée

James Webb a capturé l’explosion d'une étoile massive, lorsque l’Univers n’avait que 5% de son âge actuel. Et ce, grâce à l’aide du satellite franco-chinois SVOM !
Les observations rapides du télescope spatial James Webb (appelé aussi Webb ou JWST) ont permis de détecter la galaxie hôte d’une supernova, une étoile massive en fin de vie. Ces observations vérifient ainsi les données recueillies par les télescopes du monde entier, qui avaient suivi mi-mars l’indicateur de l’explosion de cette étoile, appelé « sursaut gamma ». Ce qui est exceptionnel, c’est que l’étoile identifiée par Webb s’est éteinte alors que l’Univers n’avait que 730 millions d’années, soit 5% de son âge actuel ! C’est la première fois que le télescope, pour lequel le CNES a fourni l’imageur Mirim, observe un événement aussi lointain et aussi ancien.

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Cette enquête donne aux astronomes matière à réflexion.

La formation d'une étoile est un processus complexe et peu efficace. Selon les connaissances actuelles, une pouponnière d'étoiles doit présenter une densité minimale de gaz et de poussière pour qu'une étoile puisse s'y former. Seuls 1 à 2 % du gaz et de la poussière contenus dans ces nuages ​​sont utilisés pour l'allumage d'une étoile. Mais des régions encore plus denses pourraient-elles être plus efficaces pour la formation d'étoiles ?

L'ESO présente ici GAL316, l'une des nombreuses pouponnières d'étoiles observées par une équipe d'astronomes pour répondre à cette question. Cette région fait partie du projet CAFFEINE – un outil précieux pour les astronomes – réalisé grâce à la caméra ArTéMiS de l'Atacama Pathfinder Experiment ( APEX ), un radiotélescope situé sur le plateau de Chajnantor. Désormais exploité par l'Institut Max Planck de radioastronomie, ce télescope capte la faible lueur des nuages ​​de gaz froid, visible ici sous forme d'une lueur bleue. Cette lueur a été superposée à un fond étoilé capturé par le télescope VISTA de l'ESO.

Les résultats de l'étude montrent que, contrairement aux astronomes, qui deviennent plus efficaces avec un peu de caféine, les régions les plus denses observées grâce à cette étude CAFFEINE ne semblent pas plus efficaces pour produire des étoiles que n'importe quelle autre pouponnière d'étoiles au-dessus de la densité minimale.

20 décembre 2025

Image du Jour : Webb capture des étoiles naines dans un ciel scintillant

La dernière image du mois de l'ESA/Webb pour 2025 met en lumière une région aux allures festives, parsemée de nuages de gaz incandescents et de milliers d'étoiles scintillantes. Cet amas stellaire, nommé Westerlund 2, se situe dans la région de formation d'étoiles appelée Gum 29, à 20 000 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Carène.

Cette image de Westerlund 2 est issue des données de la caméra proche infrarouge (NIRCam) et de l'instrument infrarouge moyen (MIRI) du télescope spatial James Webb (NASA/ESA/ASC). Cet amas stellaire, d'un diamètre compris entre 6 et 13 années-lumière, abrite certaines des étoiles les plus chaudes, les plus brillantes et les plus massives de notre galaxie, la Voie lactée. Il figurait également sur l' image du 25e anniversaire du télescope Hubble en 2015.

Cette nouvelle image du télescope Webb révèle un amas brillant et éclatant, situé en haut de la scène, composé de jeunes étoiles massives dont la lumière intense structure l'ensemble. En dessous et autour d'elles, des tourbillons de gaz orangé et rouge forment des parois sculptées et des nuages ​​enchevêtrés – une matière repoussée, érodée et illuminée par le puissant rayonnement de l'amas. Disséminées dans toute l'image, d'innombrables étoiles minuscules commencent à peine à briller, certaines encore entourées du gaz et de la poussière qui les ont formées. Les teintes bleues et roses pâles sont des filaments de matière plus ténue qui dérivent entre les nuages ​​plus denses.

Éparpillées dans le champ, de nombreuses étoiles brillantes, bien plus proches de nous, dessinent des motifs nets et stellaires grâce à l'optique du télescope Webb. Il en résulte un portrait saisissant d'une pouponnière d'étoiles en pleine activité, où l'énergie intense des jeunes étoiles sculpte des formes spectaculaires dans la nébuleuse environnante et alimente le cycle incessant de la formation stellaire.

Ces nouvelles observations de Westerlund 2 réalisées par le télescope Webb ont révélé, pour la première fois, la population complète de naines brunes au sein de ce jeune amas stellaire extrêmement massif, y compris des objets d'une masse équivalente à environ 10 fois celle de Jupiter. Ces données permettent aux astronomes d'identifier plusieurs centaines d'étoiles possédant des disques protoplanétaires à différents stades d'évolution, contribuant ainsi à notre compréhension de l'évolution des disques et de la formation des planètes dans de tels jeunes amas massifs. Cette image a été réalisée à partir des données du programme n° 3523 du télescope Webb (M. Guarcello), dans le cadre du relevé étendu des amas ouverts de Westerlund 1 et 2 (EWOCS).

Édité par Lisa Lock, relu par Andrew Zinin
Fourni par l'Agence spatiale européenne

05 décembre 2025

Des images en gros plan montrent comment les étoiles explosent en temps réel.

Des astronomes ont capturé des images de deux explosions stellaires – des novae – quelques jours seulement après leur éruption et avec une précision sans précédent. Cette découverte majeure apporte la preuve directe que ces explosions sont plus complexes qu'on ne le pensait, avec de multiples éjections de matière et, dans certains cas, des retards considérables dans le processus d'éjection.


L' étude internationale , publiée dans la revue Nature Astronomy , a utilisé une technique de pointe appelée interférométrie au Centre d'astronomie à haute résolution angulaire (CHARA Array) en Californie. Cette approche a permis aux scientifiques de combiner la lumière de plusieurs télescopes, atteignant ainsi la résolution nécessaire pour imager directement les explosions en évolution rapide.

12 novembre 2025

La forme unique de l'explosion d'une étoile révélée juste un jour après sa détection

Des observations effectuées rapidement à l'aide du Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire Européen Austral (ESO) ont révélé la mort explosive d'une étoile au moment même où l'explosion traversait la surface de l'étoile. Pour la première fois, les astronomes ont dévoilé la forme de l'explosion à son stade le plus précoce et le plus fugace.


Cette brève phase initiale n'aurait pas été observable un jour plus tard et permet de répondre à toute une série de questions sur la façon dont les étoiles massives deviennent des supernovas. Lorsque l'explosion de la supernova SN 2024ggi a été détectée pour la première fois dans la nuit du 10 avril 2024, heure locale, Yi Yang, professeur adjoint à l'université Tsinghua de Pékin, en Chine, et auteur principal de la nouvelle étude, venait d'atterrir à San Francisco après un long vol. Il savait qu'il devait agir rapidement. Douze heures plus tard, il avait envoyé une proposition d'observation à l'ESO qui, après un processus d'approbation très rapide, a pointé le VLT au Chili vers la supernova le 11 avril, soit seulement 26 heures après la détection initiale.

L'amas stellaire des Pléiades révélé comme n'étant qu'une partie d'une vaste famille stellaire

Des astronomes de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill ont découvert que le célèbre amas d'étoiles des Pléiades, les « Sept Sœurs » souvent visibles les nuits d'hiver, n'est que la partie émergée d'une famille stellaire bien plus vaste.


Découverte du complexe des Grandes Pléiades


En combinant les données du satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) de la NASA et du télescope spatial Gaia de l'Agence spatiale européenne, l'équipe a mis au jour des milliers d'étoiles sœurs cachées disséminées dans le ciel, une structure tentaculaire qu'ils nomment le complexe des Grandes Pléiades. Cette découverte révèle que les Pléiades sont 20 fois plus grandes qu'on ne le pensait.

La plupart des étoiles, y compris notre Soleil, naissent en groupes. Au fil du temps, ces étoiles sœurs s'éloignent les unes des autres, ce qui rend difficile de retracer leurs origines. En utilisant la vitesse de rotation des étoiles comme une « horloge cosmique », on constate que les jeunes étoiles tournent rapidement, tandis que les étoiles plus âgées tournent plus lentement.

L'équipe de l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill a identifié des membres longtemps oubliés des Pléiades, dispersés dans le ciel. En combinant les mesures de rotation du télescope TESS de la NASA avec les données précises de position et de mouvement du satellite Gaia de l'ESA, les chercheurs ont redéfini les Pléiades non pas comme un petit amas d'étoiles, mais comme le cœur dense d'une vaste association stellaire en dissolution.

« Cette étude change notre façon de voir les Pléiades : non pas seulement sept étoiles brillantes , mais des milliers de sœurs perdues de vue depuis longtemps, dispersées dans tout le ciel », a déclaré Andrew Boyle, auteur principal et étudiant diplômé en physique et astronomie à l'UNC-Chapel Hill.

Ces découvertes ont de vastes implications. Les Pléiades ne sont pas seulement un repère astrophysique pour les jeunes étoiles et les exoplanètes, mais aussi une référence culturelle mondiale, présentes dans l'Ancien Testament et le Talmud, célébrées sous le nom de Matariki en Nouvelle-Zélande, et même représentées par le logo de Subaru au Japon.

Implications pour la cartographie de notre galaxie

« Nous constatons que de nombreuses étoiles proches du Soleil font partie de vastes familles stellaires aux structures complexes », explique Andrew Mann, co-auteur de l'étude et professeur de physique et d'astronomie à l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill. « Nos travaux offrent une nouvelle perspective pour révéler ces relations insoupçonnées. »

En étudiant la rotation des étoiles, l'approche de l'équipe offre un nouveau cadre pour cartographier notre voisinage cosmique. Les chercheurs anticipent que de nombreux amas d'étoiles apparemment indépendants font en réalité partie de vastes familles stellaires. De futures études utilisant cette méthode pourraient même aider les astronomes à retracer les origines du Soleil lui-même, révélant s'il est, lui aussi, né au sein d'une famille stellaire beaucoup plus grande.

« En mesurant la rotation des étoiles, nous pouvons identifier des groupes d'étoiles trop dispersés pour être détectés par les méthodes traditionnelles, ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre sur l'architecture cachée de notre galaxie », a déclaré Boyle.

Ces recherches contribuent aux efforts de reconstitution des environnements de naissance des étoiles et des planètes, une étape essentielle pour comprendre comment les systèmes solaires, y compris le nôtre, se forment et évoluent.

Plus d'informations : « Des sœurs perdues retrouvées : TESS et Gaia révèlent un complexe des Pléiades en dissolution », The Astrophysical Journal (2025). DOI : 10.3847/1538-4357/ae0724

Par l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill
Édité par Sadie Harley, critique de Robert Egan
Fourni par l'Université de Caroline du Nord à Chapel Hill

24 octobre 2025

Les anneaux d‘étoiles au cœur des galaxies témoignent de la vie de leur hôte

 Des astronomes viennent d’établir une corrélation entre la morphologie des anneaux stellaires au centre des galaxies et celle de leur hôte. Ces petits objets, sièges d’une intense formation d’étoiles, apparaissent dans 20 % des galaxies à disque.

Les anneaux nucléaires brillent de mille feux dans le cœur de nombreuses galaxies spirales, telles de petites bagues magiques. Ils fascinent les astronomes par leur beauté, mais aussi par la richesse des informations qu’ils recèlent. Il s’y déroule parfois jusqu’à 60 % de l’ensemble des naissances d’étoiles d’une galaxie ! En août 2025, une équipe germano-espagnole est parvenue à établir une corrélation entre leur morphologie et celle de leur galaxie hôte. Un travail de classification publié dans la revue Astronomy & Astrophysics.