Les Amis de l'Astronomie de Dole
14 juin 2026
La caméra du plus grand télescope du monde
Image du Jour : Hubble et Webb offrent une nouvelle vue de la galaxie de l'Œil Noir
Cette image de Messier 64, ou la Galaxie de l'Œil Noir , prise le 20 mars 2026, est une composition d'images issues des télescopes spatiaux Hubble et Webb de la NASA. Elle montre Messier 64 capturée dans les longueurs d'onde du proche et du moyen infrarouge par Webb, tandis que l'image de Hubble révèle la galaxie en lumière ultraviolette, visible et proche infrarouge.
Messier 64 se caractérise par un mouvement interne étrange. Le gaz des régions externes de cette galaxie spirale tourne dans le sens inverse du gaz et des étoiles de ses régions internes. Ce comportement singulier pourrait résulter d'une fusion entre M64 et une galaxie satellite il y a plus d'un milliard d'années.
12 juin 2026
L'astrophysicien Rodrigo Ibata reconnu pour sa découverte deux galaxies et pour avoir compris comment s'est formée la Voie lactée
Ses travaux ont contribué à comprendre comment s'est formée la Voie lactée. Mercredi 10 juin, Rodrigo Ibata, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire astronomique de Strasbourg, a reçu le prix Kavli en astrophysique aux côtés d'Amina Helmi, chercheuse néerlandaise, et Vasily Belokurov, chercheur britannique.
"Ça fait bizarre de recevoir ce prix, confie l'astronome avec humilité. Par le passé, il a été attribué à des chercheurs qui étaient des héros de leur discipline. (...) C'est même un peu gênant parce que c'est un travail d'équipe qui s'est fait grâce à une quantité époustouflante de personnes dans toute l'Europe." Il salue notamment le rôle joué par deux de ses anciens doctorants : Nicolas Martin et Khyati Malhan.
Une carrière brillante en archéologie galactique
S'il se refuse à l'admettre, Rodrigo Ibata est bien, lui aussi, un héros de sa discipline à part entière. Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg (Unistra) le confirme : "C'est un très grand chercheur. Et le prix Kavli est la reconnaissance internationale de cette recherche remarquable et pionnière."
C'est en 1994, alors qu'il réalise sa thèse à l'université de Cambridge en Angleterre, qu'il découvre la galaxie naine du Sagittaire, gravitant autour de la nôtre. Une traînée d'étoiles témoigne de son absorption progressive par la Voie lactée.
En 2003, rebelote. Avec son doctorant Nicolas Martin, Rodrigo Ibata co-découvre la galaxie naine du Grand Chien, la plus proche de la Voie lactée connue à l'heure actuelle.
La galaxie du Sagittaire (en rouge sur les deux images) se fait progressivement absorber par la Voie lactée, au centre. • © Rodrigo Ibata
L'observation de ces galaxies permet de comprendre le phénomène de formation de la Voie lactée. Cette dernière est née, comme toutes les autres, d'une succession d'incorporations de structures, de type galaxies naines, il y a de ça 10 milliards d'années. Pour rappel, l'univers a environ 14 milliards d'années.
L'analyse des images du satellite européen Gaïa, en orbite depuis 2013, affine la compréhension du phénomène. "Avec les images, on fait ce qu'on appelle de l'archéologie galactique. On arrive à calculer la vitesse des étoiles. Pour toutes celles qui ont des vitesses similaires, on étudie leur composition chimique. C'est la chimie et la motion qui nous indiquent qu'elles sont venues d'une même structure. (...) On a ainsi pu identifier quels ensembles d'étoiles venaient de structures qui ont été incorporées à la formation de notre galaxie", explique Rodrigo Ibata.
S'il reste dans le domaine de l'astronomie, l'astrophysicien élargit son champ de recherche en s'intéressant désormais à l'intelligence artificielle. Il travaille à la conception de modèles d'apprentissage par machine (machine learning) pour découvrir des lois physiques de manière automatique.
L'Université de Strasbourg au niveau du MIT, de Harvard et de Stanford
Bien que moins médiatisé, "il est important de rappeler que le prix Kavli est tout aussi prestigieux que le Nobel", rappelle Rémi Barillon, vice-président recherche à l'Unistra. Tous les deux ans depuis 2008, ce prix norvégien vient récompenser des travaux exceptionnels dans trois disciplines : l'astrophysique, les nanosciences et les neurosciences. Les lauréats reçoivent un prix d'un million de dollars (environ 870 000 euros) à se partager.
Avant Rodrigo Ibata, le prix Kavli a été attribué à deux autres chercheurs de l'université de Strasbourg : Thomas Ebbesen en 2014 en nanosciences, et Jean-Louis Mandel en 2022 pour ses travaux en neurosciences. L'Unistra réalise ainsi un triplé dans les trois disciplines. Seuls le MIT (Institut technologique du Massachusetts) et les universités de Harvard et Stanford ont accompli cet exploit.
Sur les quatre lauréats français du prix Kavli, trois sont donc de Strasbourg. De quoi inspirer des étudiants à candidater à l'Unistra, espère Frédérique Berrod, sa présidente.
10 juin 2026
Le concours LES ÉTOILES DES L’ASTRONOMIE de la revue Ciel & Espace
Lire l'article de Ciel & Espace, réservé aux abonnés, mais un extrait est fourni ci-dessous :
LE PHOTOGRAPHE DE L’ANNÉE
« Le photographe de l'année - la série ».
« Cette série témoigne des différentes faces de la Voie lactée observables depuis la France à travers trois panoramas à 180° réalisés en altitude », commente Florian Riou.
(c) FLORIAN RIOU
09 juin 2026
Image du jour : Le “Calamar” ou Sh 2-129 par Rodolphe Goldsztejn
Le “Calamar” ou Sh 2-129 dans Céphée. Réalisée depuis Bonlieu (Jura),
à contempler sur le site AstroBin de Rodolphe.
Le centre de la Voie lactée cacherait un second trou noir de type révolutionnaire
Une étude internationale suggère que le centre de la Voie lactée abrite un second trou noir géant aux côtés de Sgr A*. Ce mystérieux compagnon appartiendrait à la catégorie jamais observée des trous noirs de masse intermédiaire. L'astre afficherait une masse d'environ 10 000 masses solaires.
Lire l'article sur le site Les Numériques
Matière noire : une idée élégante révèle que 45 % de la masse manquante est sous nos yeux
Pourquoi la Terre tourne de plus en plus vite
La rotation de la Terre sur elle-même est de plus en plus rapide et les scientifiques ne savent pas comment l'expliquer. L'accélération est, certes, infime mais bel et bien mesurable, et se confirme d'année en année. "Les pics de vitesse se produisent toujours en été", explique Christian Bizouard, directeur du service international de la rotation de la Terre et chercheur à l'Observatoire de Paris.
Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé au abonnés, temporairement reproduit ici).
Le mystère de l'énergie noire se fissure
Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé aux abonnés, temporairement reproduit ici)
SVOM révèle l’enfance cataclysmique de l’Univers
Un an seulement après le début de ses opérations scientifiques, la mission franco-chinoise SVOM est déjà un succès ! « Dépassant largement nos attentes, ses performances ont permis de faire plusieurs premières observations intéressantes », se réjouit Susanna Vergani, directrice de recherche CNRS, astrophysicienne au Laboratoire d’étude de l’Univers et des phénomènes extrêmes, impliquée dans ce projet.
Lire l'article du Journal du CNRS
06 juin 2026
Sur Mars, une paléosurface marque la transition entre deux époques
Deux périodes de dépôt de sédiments argileux. C’est ce que révèle le nouveau cliché de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la Nasa avec sa caméra HiRISE. On peut y voir la limite séparant les deux sites potentiels d’atterrissage et d’exploration du rover européen Rosalind Franklin : Oxia Planum et Mawrth Vallis.
« Nous pensions que les deux sites étaient similaires dans leur composition et leur âge, mais après analyse nous nous sommes rendu compte que la plaine d’Oxia contient des argiles riches en fer plus ancien. » révèle Nicolas Mangold, planétologue. Cette paléosurface a d’abord été le lieu d’un premier dépôt d’argile avant que l’eau se retire et que la surface soit bombardée de météorites, explique le chercheur du CNRS. Puis l’eau a réinvesti les lieux en apportant de nouveaux sédiments.
Au total, la surface argileuse s’étend sur 600 km et certains dépôts se trouvent à 1000 m d’altitude. « Nous disposons désormais d'une nouvelle chronologie : les argiles d'Oxia Planum se sont formées en premier, il y a environ 4 milliards d'années, avant celles de Mawrth Vallis », constate Inés Torres Auré, chercheuse à l'Université de Lyon et membre de la mission ExoMars de l’ESA. C’est donc sur Oxia Planum que le rover européen fera son atterrissage fin novembre 2030 après son lancement en octobre 2028.
Analyse du sol argileux
Rosalind Franklin embarque avec lui un laboratoire d’analyse et un nombre important d’instruments parmi lesquels des caméras, des spectromètres et un radar à pénétration de sol. Sa mission sera celle d’étudier l’histoire du sol d’Oxia Planum et d’analyser les échantillons d’argile prélevés par la foreuse du rover pouvant creuser jusqu’à deux mètres de profondeur.
« Nous utiliserons ses instruments pour valider sur le terrain les découvertes faites depuis l'orbite, étudier l'environnement ancien dans lequel les argiles se sont formées et déterminer si elles conservent des traces de vie martienne », détaille Elliot Sefton-Nash, scientifique du projet ExoMars. Pour lui comme pour les autres participants à cette mission, la zone aurait pu être recouverte par un vaste étendue d’eau et, comme tout le monde le sait, l’eau est source de vie !
01 juin 2026
Image du jour : M16 par Fabien Pannaux
31 mai 2026
Image du jour : Sh 2-101, nébuleuse de la Tulipe, par Rodolphe Goldsztejn
Les détails d’acquisition de cette image sont visibles à la page AstroBin de Rodolphe.
29 mai 2026
La fusée New Glenn, de Blue Origin, explose spectaculairement sur sa rampe de lancement pendant un essai
Cliquer sur l'image pour lancer la vidéo
27 mai 2026
La chute d’Hubble s’accélère, une course contre la montre est lancée
Hubble perd de l’altitude, et cette chute s’accélère depuis mi-2022. Le télescope spatial le plus célèbre est passé de 550 km d’altitude à seulement 480 km en quatre ans. Il a perdu ainsi quasiment autant d’altitude qu’en vingt ans, après son rehaussement par la mission de la navette Columbia en 2002. « À ce rythme-là, Hubble pourrait rentrer dans l’atmosphère terrestre au début des années 2030, en fonction de l’activité solaire », confirme Alise Fisher, de la direction des missions scientifiques de la Nasa. Le freinage de la très haute atmosphère varie en effet en fonction de l’intensité de l’activité solaire. Lors des maximas solaires, l’enveloppe gazeuse de notre planète est en moyenne plus épaisse, car elle est chauffée par le flux de particules solaires plus intense.Jean-Luc Dauvergne
Chef de rubrique à Ciel & Espace
(réservé aux abonnés, disponible ici)
Image du jour : NGC 3718 par Rodolphe Goldsztejn
L’image a été réalisée dans les nuits du 21 au 23 mai 2026, 8 heures 15 minutes de poses cumulées au foyer d’un télescope de 2 mètre de focale ouvert à f/10, dans les bandes de lumière visible (LRGB). A noter, elle a été réalisée sans autoguidage.
La description des nombreux objets célestes sur le site RodAstro de Rodolphe d'où est tirée cette description et les détails d’acquisition de cette image fournis dans sa page astrobin.
26 mai 2026
Euclid nous met des étoiles plein les yeux avec cinq nouveaux clichés à couper le souffle
Lire l'article sur le site Les Numériques
25 mai 2026
De la couronne solaire aux exoplanètes
20 mai 2026
Back to the Basics : Depuis quand avons-nous connaissance de galaxies et autres objets stellaires en dehors de notre propre univers ?
C’est en 1923-1925, grâce aux travaux d’Edwin Hubble, que l’on a acquis la preuve scientifique définitive que notre Voie lactée n’est qu’une galaxie parmi d’autres.
Avant cela, le « Grand Débat » (1920) opposait les astronomes : pour certains (comme Harlow Shapley), les « nébuleuses spirales » (comme Andromède) étaient des nuages de gaz ou des systèmes à l’intérieur de notre galaxie ; pour d’autres (comme Heber Curtis), c’étaient des « univers-îles » indépendants.
Chronologie clé
- Observations anciennes : Des objets comme la galaxie d’Andromède (M31) étaient visibles à l’œil nu ou avec des télescopes primitifs (mentionnée dès le Xe siècle par l’astronome persan Abd al-Rahman al-Sufi, puis par Galilée et Messier au XVIIe-XVIIIe siècle), mais on les prenait pour des nébuleuses dans notre propre système.
- Début du XXe siècle : Des indices suggéraient qu’elles étaient lointaines (par exemple, Ernst Öpik en 1922), mais sans preuve décisive.
- 1923 : Hubble, utilisant le télescope de 100 pouces de Mount Wilson (Californie), identifie une étoile variable céphéide dans Andromède. Grâce à la relation période-luminosité découverte par Henrietta Leavitt, il mesure sa distance : environ 900 000 années-lumière (valeur révisée depuis à ~2,5 millions). C’est bien trop loin pour être dans la Voie lactée.
- Janvier 1925 : Hubble présente ses résultats à l’American Astronomical Society. Cela marque la fin du Grand Débat et le début de l’astronomie extragalactique.
Edwin Hubble (1889-1953) a ainsi révolutionné notre vision de l’Univers : la Voie lactée n’est plus « l’Univers entier », mais une galaxie parmi des milliards. Peu après (1929), il découvre aussi l’expansion de l’Univers.
Aujourd’hui, grâce aux télescopes comme Hubble (ironiquement nommé en son honneur) ou James Webb, on connaît des centaines de milliards de galaxies. Mais cette prise de conscience date vraiment des années 1920. C’est l’un des plus grands sauts conceptuels de l’histoire de l’astronomie !
L'alignement planétaire de mai 2026

© Stellarium - Alignement de la Lune, Jupiter et Vénus ce 20 mai au coucher du Soleil.
18 mai 2026
Back to the basics : Petite histoire du télescope Dobson
Le télescope Dobson, souvent appelé simplement « Dobson » ou « Dob », est un télescope réflecteur de type Newton monté sur une monture azimutale (alt-az) simplifiée et très stable. Il est célèbre pour sa simplicité, son faible coût et sa grande ouverture (diamètre du miroir primaire), ce qui en fait un instrument idéal pour l’observation visuelle du ciel profond (nébuleuses, galaxies, amas d’étoiles).
Origine : John Dobson, l’inventeur
John Lowry Dobson (1915-2014), astronome amateur américain né à Pékin (Chine) de parents missionnaires méthodistes, est à l’origine du concept. Il arrive à San Francisco à l’âge de 12 ans. Après des études de chimie à l’Université de Californie à Berkeley (1943), il devient moine dans l’ordre védantiste Ramakrishna à San Francisco en 1944.
C’est au monastère, dans les années 1950, qu’il commence à construire des télescopes en secret avec des matériaux de récupération : contreplaqué pour la monture, tubes en carton (type Sonotube) pour le tube optique, et miroirs issus de hublots de navires ou de fonds de bouteilles. Il polit lui-même les miroirs. Son premier télescope notable date d’environ 1956-1958 (environ 130 mm puis 300 mm).
Expulsé du monastère en 1967 (en partie à cause de son temps consacré à l’astronomie), il se consacre pleinement à sa passion. En 1968, il cofonde les San Francisco Sidewalk Astronomers avec d’autres passionnés. L’objectif : rendre l’astronomie accessible au grand public en installant des télescopes sur les trottoirs (« sidewalk astronomy »).
Naissance du design (années 1960)
Le design « Dobson » est popularisé vers 1965. John Dobson combine plusieurs idées existantes (monture azimutale simple comme sur les canons anciens, miroirs minces, matériaux bon marché) dans un ensemble cohérent et optimisé pour les grands diamètres à bas coût.
- Monture azimutale (« rocker box ») : une boîte en contreplaqué avec des patins en Téflon et Formica pour des mouvements fluides et stables sans mécanisme complexe.
- Tube optique : souvent en carton, léger et isolant thermiquement.
- Miroir primaire : mince (rapport 1:16 ou plus), soutenu simplement par de la moquette, sans Pyrex coûteux.
En 1969, au Riverside Telescope Makers Conference, les Sidewalk Astronomers présentent un Dobson de 610 mm (24 pouces) qui remporte le premier prix d’optique malgré sa simplicité extrême (et controversée, car non équatoriale et non destinée à l’astrophotographie). Cela marque le début de sa reconnaissance.
John Dobson insistait : ce n’était pas une « invention » révolutionnaire, mais une combinaison pratique pour que « tout le monde puisse voir l’Univers ». Il appelait ses instruments des « sidewalk telescopes ».
Développement et popularisation (années 1970-1990)
Le concept se répand rapidement aux États-Unis grâce aux ateliers de construction amateurs. Les clubs d’astronomie adoptent massivement ce design : un télescope de grand diamètre (300-400 mm ou plus) devient accessible pour quelques centaines de dollars ou un week-end de bricolage.
Dans les années 1980, des variantes apparaissent :
- Tubes truss (démontables en sections pour le transport).
- Modèles plus compacts ou avec grandes roues d’altitude.
Les fabricants commerciaux (surtout à partir des années 1990-2000, avec des marques comme Sky-Watcher) industrialisent le concept avec des tubes métalliques, tout en conservant l’esprit low-cost. Aujourd’hui, les Dobson de 150 à 300 mm sont des best-sellers pour débutants et amateurs.
Impact et évolution moderne
Le Dobson a démocratisé l’astronomie amateur en permettant des ouvertures inédites (jusqu’à plus de 1 m chez certains passionnés) à un coût raisonnable. Il reste optimisé pour l’observation visuelle du ciel profond, même si des ajouts modernes (GoTo, plateformes équatoriales, push-to) élargissent ses usages.
John Dobson a continué jusqu’à sa mort en 2014 (à 98 ans) à promouvoir l’astronomie publique, les conférences et une cosmologie non conventionnelle (il rejetait le Big Bang). Son legs : des millions de personnes ont pu observer le ciel grâce à sa vision.
Aujourd’hui, le Dobson est un pilier de l’astronomie amateur mondiale, du bricoleur au télescope commercial haut de gamme. Sa philosophie reste vivante : simplicité, accessibilité et émerveillement devant l’Univers.
16 mai 2026
Image du jour : M16 par Fabien Pannaux
Nouveau traitement par Fabien avec Pixinsight de sa prise de vue en 2025
de M16 en utilisant son Seetar 50
Selon la classification des amas ouverts de Robert Trumpler, cet amas renferme entre 50 et 100 étoiles (lettre m) dont la concentration est moyenne (II) et dont les magnitudes se répartissent sur un grand intervalle (le chiffre 3). La lettre n indique que M16 baigne dans une nébuleuse. Notons cependant que certaines sources, dont la version anglaise de Wikipédia, indiquent un nombre d'étoiles supérieure à 8000 pour M16, à cause de la confusion qui existe entre l'amas et la nébuleuse de l'Aigle.
12 mai 2026
La comète interstellaire nommée « 3I/Atlas » livre ses secrets
Les objets interstellaires sont un petit peu les étoiles filantes des astronomes professionnels. Ils sont rares, se déplacent à grande vitesse et on ne peut les voir briller qu’un moment. Le premier objet venu d’un autre système solaire jamais détecté, 1I/‘Oumuamua, a été découvert le 19 octobre 2017, mais les astronomes n’ont eu que deux petits mois pour l’étudier avant qu’il ne disparaisse définitivement des radars, en raison de sa faible luminosité et de sa petite taille. Le deuxième, 2I/Borisov, repéré le 30 août 2019, est resté visible quasiment neuf mois pour les meilleurs télescopes mondiaux. Dans ce contexte, on comprend un peu mieux la course dans laquelle se sont engagés les astronomes du monde entier lorsque a été découvert 3I/Atlas, le 1er juillet 2025.
Lire l'article Du Monde (réservé aux abonnés mais offert aux lecteur de ce Blog)
11 mai 2026
Le relevé Hubble ouvre la voie à une future observation de Roman près du centre de la Voie lactée
Cette image en proche infrarouge, issue du relevé VISTA VVV effectué depuis le sol, montre le bulbe galactique près de Sagittarius A* (prononcé « A étoile »), le trou noir situé au centre de la Voie lactée. La région, délimitée en blanc, présente cinq champs de vision superposés du télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA. Ces observations seront réalisées dans le cadre du relevé temporel du bulbe galactique (Galactic Bulge Time-Domain Survey) , l'un des trois principaux relevés communautaires de la NASA. Avant le lancement de ROMAN (cf. l'article sur notre Blog concernant ROMAN), une équipe de chercheurs avait tenté d'utiliser Hubble pour capturer les mêmes régions en prévision d'éventuels événements de microlentille gravitationnelle.
Ces événements provoquent une déformation de la lumière provenant d'un objet plus éloigné, lorsqu'une masse s'aligne précisément devant cet objet. Ces masses agissent donc comme des lentilles, courbant la lumière provenant d'objets situés derrière elles, tels que les étoiles d'arrière-plan. Dans ce cas, la lueur des étoiles densément regroupées au sein du bulbe galactique constituerait la source de lumière lointaine. Grâce aux observations du télescope Hubble, nous pouvons capturer les instants précédant ces événements de microlentille gravitationnelle, offrant ainsi aux astronomes un moyen de caractériser précisément les objets (étoiles, planètes et même trous noirs stellaires) qui provoquent ce phénomène en passant devant les étoiles du bulbe galactique.
Les lignes colorées représentant la zone d'observation de Hubble sont stylisées et représentent un grand nombre de pointages individuels.
Lire l'article de la NASA sur notre Blog
09 mai 2026
Un phare dans la poussière
Cette image prise par le télescope spatial James Webb, met en lumière Messier 77 (M77), une galaxie spirale barrée célèbre des astronomes pour sa relative proximité et ses caractéristiques spectaculaires. Elle se situe à 45 millions d'années-lumière, dans la constellation de la Baleine (Cetus). Cette nouvelle image, capturée par l'instrument infrarouge moyen (MIRI) du télescope Webb, révèle comme jamais auparavant ses bras spiraux tourbillonnants, la poussière de son disque et son noyau d'une brillance exceptionnelle.
Au cœur de M77 se trouve une région compacte de gaz chaud qui surpasse largement en luminosité le reste de la galaxie, dépassant même la capacité de collecte de lumière des caméras du télescope Webb. Il s'agit d'un noyau galactique actif (AGN), alimenté par le trou noir supermassif central de M77, huit millions de fois plus massif que notre Soleil. Le gaz des régions centrales de la galaxie est attiré par la forte gravité vers une orbite serrée et rapide autour du trou noir, où il entre en collision et s'échauffe, libérant d'énormes quantités de rayonnement.
Les lignes orange vif qui semblent rayonner du centre de M77 ne sont pas une caractéristique de la galaxie : il s'agit d'une distorsion due à la conception optique du télescope. Appelés pics de diffraction , ils sont créés par la légère déviation (ou « diffraction ») de la lumière intense émise par le noyau galactique actif (AGN) non résolu, au niveau des bords des panneaux hexagonaux du miroir du télescope Webb et autour de l'un des supports de son miroir secondaire. Cette structure caractéristique à six pointes et deux autres pointes est identique pour toutes les images prises par Webb. Pour que les pics de diffraction apparaissent, la source lumineuse doit être très brillante et très concentrée ; c'est pourquoi on les observe le plus souvent sur les étoiles. Mais dans certaines galaxies, comme ici, le noyau est suffisamment brillant et compact pour que des pics de diffraction apparaissent également.
M77 est non seulement connue pour son noyau galactique actif (AGN) facilement visible, mais aussi pour son intense activité de formation d'étoiles. L'image en proche infrarouge de M77 révèle une barre traversant sa région centrale, invisible sur les images en lumière visible. Cette barre est entourée d'un anneau brillant, appelé anneau de formation d'étoiles, formé par les extrémités internes des deux bras spiraux de M77. Les régions de formation d'étoiles dans les galaxies sont caractérisées par des taux de formation d'étoiles extrêmement élevés. Cet anneau, d'un diamètre de plus de 6 000 années-lumière, présente des sursauts de formation d'étoiles intenses et étendus, visibles sur cette image par les bulles orange denses qui l'entourent. La proximité relative de M77 avec la Terre fait de cet anneau de formation d'étoiles un exemple très bien étudié de ce phénomène.
Galaxie spirale active, le disque de M77 est rempli de gaz et de poussière, à la fois produits et carburant de la formation d'étoiles. L'instrument MIRI du télescope Webb complète notre observation de la galaxie en révélant la lueur des grains de poussière interstellaire émise à de plus grandes longueurs d'onde, ici en bleu. Cette poussière forme un immense vortex de filaments vaporeux et tourbillonnants, entrecoupés de cavités. Les bulles orangées lumineuses creusées par les amas d'étoiles nouvellement formés sont également bien visibles le long des bras de la galaxie.
Au-delà du champ de vision très précis du télescope Webb, les bras de M77 se rejoignent en un anneau étendu et ténu de gaz hydrogène, large de plusieurs milliers d'années-lumière, où se poursuit la formation d'étoiles. De vastes filaments de gaz hydrogène s'étendent à travers cet anneau et jusque dans l'espace intergalactique, formant une couche externe autour de la galaxie. En raison de l'aspect tentaculaire de ces filaments, M77 est également surnommée la Galaxie du Calmar.
Image et commentaires founis par l'ESA
08 mai 2026
Lettre de l'association d'Astronomie de Besançon (mai - juin 2026)
Consulter le nouveau numéro de la lettre de l'Association d'Astronomie de Franche-Comté de Besançon (AAFC).
Les activité de l'association sont disponibles sur https://www.aafc.fr04 mai 2026
Le télescope Hubble photographié par un autre satellite
À seulement 62 km de distance, la résolution de l’image est de 4 cm. Elle détaille les contours du vénérable observatoire cylindrique de la Nasa, long de 13 m, et bardé de deux paires de panneaux solaires. Son miroir de 2,5 m de diamètre se situe en bas à gauche sur la photo, tandis qu’à l’autre extrémité, au-delà des couches métalliques d’isolant thermique, le capot par lequel la lumière entre dans le tube est bien ouvert.
Hubble tourne actuellement autour de la Terre à 475 km d’altitude. Les satellites WorldView Legion de Vantor naviguent, eux, entre 507 et 530 km. Il s’agit donc là d’une photo prise de haut en bas, avec la Terre en arrière-plan. Basée dans le Colorado, l’entreprise Vantor (anciennement Maxar) est spécialisée dans l’observation de la surface de notre planète, notamment pour l’industrie de Défense et les renseignements militaires.
36 bougies orbitales
Lancé dans l’espace le 24 avril 1990, le télescope spatial Hubble a précisément 36 ans. Une longévité qui lui permet de constater par lui-même des changements dans les profondeurs du cosmos. La semaine dernière, il révélait l’expansion d’un jet de matière dans les volutes de la nébuleuse Trifide.
27 avril 2026
Le Ciel a Disparu d'Alain Blottière
Le rapport avec l’astronomie et l’astrophotographie est central et structurant dans Le Ciel a disparu. Le roman n’est pas un traité scientifique, mais une fiction poétique et politique qui prend appui sur des enjeux bien réels de ces disciplines.
L’astronomie et l’astrophotographie ne sont pas seulement des sciences ou des hobbies : elles représentent un lien ancestral de l’humain avec le cosmos, source de poésie, de philosophie et de sens. Le roman en fait un enjeu existentiel : en nous privant du ciel étoilé, on nous prive d’une part de notre humanité.
Le roman transforme un problème technique bien connu des astronomes (la menace des mégaconstellations sur le ciel nocturne) en une fable lyrique et urgente sur la perte de la beauté et de l’émerveillement. Il résonne particulièrement auprès des amateurs d’astronomie qui ont vu, ces dernières années, leurs sessions d’observation ou leurs photos altérées par les satellites.
Si vous pratiquez l’astrophotographie, ce roman risque de vous toucher (ou de vous agacer) fortement !
24 avril 2026
23 avril 2026
Image du jour : M101 par Fabien Pannaux
M101 (NGC 5457), aussi appelé galaxie du Moulinet, est une très vaste galaxie spirale intermédiaire relativement rapprochée, vue de face et située dans la constellation de la Grande Ourse. Elle a été découverte par l'astronome français Pierre Méchain en 1781.
22 avril 2026
Lyrides 2026 : quand observer cette sublime pluie d’étoiles filantes d’avril ?
Des poussières de comètes.
Dans de bonnes conditions (loin des lumières urbaines), il sera possible d’observer 15 à 20 étoiles filantes par heure, avec parfois des sursauts imprévisibles. Autre bonne nouvelle : la Lune, en croissant, restera relativement discrète cette année et ne devrait pas trop gêner l’observation.
Comment bien observer les Lyrides ?
Nul besoin de télescope : les étoiles filantes se regardent à l’œil nu. Quelques conseils simples à suivre :
- privilégier un ciel sombre, loin de la pollution lumineuse
- laisser ses yeux s’habituer à l’obscurité pendant 20 minutes
- regarder une large portion du ciel plutôt que fixer le radiant
Une pluie d’étoiles filantes vieille de 2700 ans !
Les Lyrides ne sont pas une découverte récente. Des archives chinoises mentionnent déjà ce phénomène il y a près de 2700 ans, décrivant un ciel où "les étoiles tombent comme la pluie". Leur nom vient de leur radiant, c’est-à-dire le point du ciel d’où semblent provenir les météores — un simple effet de perspective. Celui-ci se situe dans la constellation de la Lyre, près de l’étoile brillante Véga, même s’il dérive légèrement vers Hercule au fil des nuits.
A l’origine de ce spectacle, une comète discrète : C/1861 G1, dite Thatcher, découverte au XIXᵉ siècle. En s’approchant du Soleil, elle libère gaz et poussières, formant une traînée que la Terre traverse chaque année. Les particules, parfois à peine plus grosses qu’un grain de sable, entrent dans l’atmosphère à près de 48 km/s, s’échauffent et produisent ces traînées lumineuses éphémères.
La comète elle-même reste invisible aujourd’hui : avec une période orbitale d’environ 415 ans, elle ne reviendra dans notre voisinage qu’en… 2276.
(c) Sciences et Avenir
07 avril 2026
L’Observatoire astronomique de Puimichel et son atelier de polissage
L’Observatoire astronomique de Puimichel est un site unique en France, niché dans le petit village de Puimichel (04700), dans les Alpes-de-Haute-Provence (Hautes-Alpes au sens large de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur). Perché sur une colline dominant le village provençal, il constitue un haut lieu de l’astronomie amateur depuis plus de quarante ans. Il se distingue par son télescope géant accessible au public et par son rôle de centre de fabrication d’optiques de haute précision destinées au monde entier.
Lire l'article sur notre Blog et celui sur le Blog de Jean-Baptiste Feldmann
06 avril 2026
Vue d'Artemis II : Coucher de Terre
Coucher de Terre capturé par le hublot du vaisseau spatial Orion à 18h41 EDT, le 6 avril 2026, lors du survol de la Lune par l'équipage d'Artemis II. La Terre, d'un bleu pâle, parsemée de nuages blancs éclatants, se couche derrière la surface lunaire cratérisée. La partie sombre de la Terre est plongée dans la nuit. Du côté jour de la Terre, des nuages tourbillonnants sont visibles au-dessus de la région Australie-Océanie. Au premier plan, le cratère Ohm présente des bords en terrasses et un fond plat interrompu par des pics centraux – formés lorsque la surface a rebondi lors de l'impact qui a créé le cratère. Crédit image : NASA
05 avril 2026
Back to the Basics : Thyco Brahé
Tycho Brahe est l’un des plus grands astronomes de l’histoire avant l’invention du télescope. Né le 14 décembre 1546 et mort le 24 octobre 1601, il est célèbre pour la précision exceptionnelle de ses observations à l’œil nu, qui ont posé les bases de l’astronomie moderne.
Ses données d'observation exceptionnelles seront utilisées par son assistant Johannes Kepler, qui en tirera les lois de Kepler sur le mouvement des planètes (orbites elliptiques, etc.).
Son histoire, mélange de noblesse, d’excentricité, de drame et de génie scientifique, en fait l’un des personnages les plus attachants de la Renaissance.
Lire l'article sur notre Blog, une monographie sur Thyco Brahé, et l'article sur le livre "Le Temps de Thyco" de Nicolas Cavaillès.28 mars 2026
Un million de nouveaux satellites SpaceX vont détruire le ciel nocturne — pour tous les habitants de la Terre.
Plus de 10 000 satellites Starlink orbitent actuellement autour de la Terre. Nous les voyons sillonner le ciel nocturne , quelle que soit la distance où nous nous trouvons, et ils apparaissent en lettres capitales sur les images prises par les télescopes de recherche.
SpaceX a récemment annoncé son intention de lancer un million de satellites supplémentaires de ce type, qui serviront de centres de données orbitaux pour la puissance de calcul de l'IA .
Il y a quelques années, nous avons publié un article prédisant à quoi ressemblerait le ciel nocturne avec 65 000 satellites répartis dans quatre mégaconstellations en projet : Starlink de SpaceX, Kuiper (désormais Leo) d’Amazon, OneWeb au Royaume-Uni et Guowang en Chine. Nous avons calibré nos modèles à partir d’ observations de véritables satellites Starlink et sommes parvenus à une prédiction surprenante : un point visible sur 15 dans le ciel nocturne serait un satellite, et non une étoile.
Un million de satellites, ce serait bien pire.
Francis Rocard, astrophysicien : « Il faudra bien songer à aller récupérer les échantillons recueillis sur Mars »
Lire l'article du journal Le Monde
27 mars 2026
Image du jour : la Galaxie du Moulinet, par Rodolphe Goldsztejn
M 101, ou la galaxie du Moulinet (“Pinwheel”) dans la constellation de la Grande Ourse est située à environ 22 millions d’années-lumière. C’est une cible très populaire car assez facile à photographier, elle est lumineuse et apparemment “grande”, environ 30 minutes d’arc, soit quasiment la taille de la pleine Lune.
M 101 est une galaxie spirale, que l’on voit presque de face; sa taille est de l’ordre de deux fois celle de notre propre galaxie, la Voie Lactée. La dominante de couleur bleu est le témoin visuel de la grande quantité de zones de formation de nouvelles étoiles.
L’image a été réalisée à partir d’un peu moins de 5 heures de pose au foyer d’un télescope Celestron 8 et d’une caméra CCD.
Les détails d’acquisition de cette image sont visibles sur la page RodAstro et la page AstroBin de Rodoplphe.
26 mars 2026
Back to the basics : pourquoi peut-on voir depuis Dole un croissant de Lune quasiment horizontal
Ce phénomène dépend principalement de la latitude de l'observateur et de la géométrie du système Soleil-Terre-Lune. Depuis Dole dans le Jura (environ 47°N, latitude tempérée de l'hémisphère nord), un croissant de Lune quasiment horizontal (comme un « U ») peut se produire à certaines périodes de l'année, surtout quand la Lune est jeune (croissant du soir, juste après la Nouvelle Lune) ou vieille (croissant du matin), et particulièrement près des équinoxes ou en fonction de la saison.
24 mars 2026
Un système solaire en formation ? Deux planètes en train de se former repérées dans le disque d'une jeune étoile
« WISPIT 2 nous offre le meilleur aperçu de notre propre passé dont nous disposions jusqu’à présent », déclare Chloe Lawlor, doctorante à l’université de Galway, en Irlande, et autrice principale de l’étude publiée aujourd’hui dans The Astrophysical Journal Letters.


