Les Amis de l'Astronomie de Dole

Evénement !

Les rendez-vous de l'été 2026 du Club d'Astronomie Les Pléiades de Dole

Cet été 2026, 3 rendez-vous d’observation du ciel vous attendrons avec le club d'Astronomie de Dole : les traditionnelles Nuits des É...

25 juillet 2026

Image du jour : la Nébuleuse du “Poisson Pourri”, LDN 1251, dans Céphée, par Rodolphe Goldsztejn


 
La Nébuleuse du “Poisson Pourri”, LDN 1251, dans Céphée,
par Rodolphe Goldsztejn, depuis Bonlieu (Jura)
A admirer sur sa page AstroBin

La nébuleuse du Poisson pourri (connue officiellement sous le nom de LDN 1251) est une nébuleuse sombre située dans la constellation de Céphée. 

Caractéristiques principales
  • Nom officiel : LDN 1251 (Lynds Dark Nebula 1251), issue du catalogue de nébuleuses obscures de Beverly T. Lynds (1962).
  • Surnom : The Rotten Fish Nebula (la nébuleuse du Poisson pourri), inspiré par sa forme en silhouette de poisson sur les images à grand champ.
  • Distance : Environ 1 000 à 1 200 années-lumière de la Terre.
  • Localisation : Constellation de Céphée, faisant partie du complexe de nuages moléculaires du "Flambeau de Céphée" (Cepheus Flare). 

Activité scientifique et observation
  • Nurserie cosmique : Bien qu'elle apparaisse comme une zone sombre et opaque qui bloque la lumière des étoiles en arrière-plan, elle cache des nuages denses de gaz et de poussière froide en effondrement.
  • Formation d'étoiles : Le nuage héberge de jeunes objets stellaires et des objets de Herbig-Haro (comme HH 363), qui trahissent la naissance active de nouvelles étoiles à travers de puissants jets de gaz et des lueurs rougeâtres.
  • Taille : S'étend sur environ 17 à 35 années-lumière dans le ciel.

Image du jour : Pacman dans Cassiopée par Fabien Pannaux

 


Pacman dans Cassiopée par Fabien Pannaux depuis Dole

Le « Pacman » dans la constellation de Cassiopée désigne la nébuleuse Pacman, officiellement répertoriée sous le nom de NGC 281. Il s'agit d'une grande région de formation d'étoiles (région HII) et d'un amas ouvert ressemblant au célèbre personnage de jeu vidéo.

Caractéristiques principales
  • Distance : Environ 10 000 années-lumière de la Terre.
  • Taille : Un diamètre d'environ 100 années-lumière.
  • Localisation : Située dans le bras de Persée, au sein de la constellation de Cassiopée.
  • Composition : Elle contient l'amas ouvert IC 1590 et des globules de Bok (des poches denses de poussière et de gaz cosmique).

23 juillet 2026

Choix de lunettes d'éclipse solaire et précautions à prendre

L'achat de lunettes d'éclipse solaire distribuées par des fabricants tiers ou des micro-vendeurs en ligne (comme ceux répertoriés sous des noms de sociétés tierces sur les plateformes de e-commerce) nécessite une prudence absolue en matière de sécurité visuelle. Pour observer l'éclipse solaire du 12 août 2026 en toute sécurité depuis la France, privilégiez des circuits d'approvisionnement sûrs et vérifiés.

Critères de sécurité indispensables

Norme ISO 12312-2:2015 : Assurez-vous que la mention de cette norme internationale est explicitement inscrite sur la monture.
Marquage CE : Vérifiez la présence du logo CE garantissant la conformité aux exigences de santé et de sécurité européennes.
Intégrité du filtre : Inspectez minutieusement le film avant chaque usage ; jetez immédiatement la paire s'il comporte des rayures, des trous ou des traces de décollement.

Où s'équiper de manière sûre

Opticiens partenaires : Des enseignes spécialisées proposent des modèles certifiés à petits prix.
Réseaux scientifiques et astronomiques : Des structures reconnues comme la Maison de l'astronomie ou les clubs locaux labellisés par l'Association Française d'Astronomie garantissent des équipements rigoureusement testés.

Règles d'or : Ne regardez jamais le Soleil à travers des instruments optiques (jumelles, télescopes, appareils photo) avec de simples lunettes en carton, et ne les remplacez jamais par des lunettes de soleil ordinaires.

Précautions à prendre 

Même avec des lunettes d’éclipse certifiées ISO 12312-2 (ou EN ISO 12312-2:2015), marquage CE (équipement de protection individuelle catégorie II) et validées/recommandées par l’AAS, des précautions strictes restent indispensables. Ces filtres bloquent correctement les UV, la lumière visible excessive et une grande partie des IR, mais une mauvaise utilisation peut encore entraîner une rétinopathie solaire (lésion indolore et parfois permanente de la rétine).

1. Inspecter les lunettes avant chaque utilisation

  • Vérifiez que les filtres ne présentent aucun rayure, trou, perforation, déformation, détachement de la monture, pli ou zone endommagée.
  • Tenez-les devant une source lumineuse intense (lampe, ciel diurne, mais jamais le Soleil directement) : vous ne devez voir quasiment rien (tout au plus le filament d’une ampoule très brillante). Si vous distinguez des objets ordinaires, jetez-les.
  • Si elles sont endommagées, ne les utilisez jamais, même « juste une seconde ».

2. Mode d’emploi correct

  • Mettez les lunettes avant de regarder vers le Soleil. Restez immobile, couvrez-vous les yeux, puis levez la tête.
  • Après observation, détournez le regard du Soleil avant de retirer les lunettes. Ne les enlevez jamais en regardant le Soleil.
  • Si vous portez déjà des lunettes de vue, gardez-les et superposez les lunettes d’éclipse par-dessus (ou tenez un visionneur portable devant).
  • Ne les retirez à aucun moment tant qu’une partie du disque solaire reste visible (phases partielles d’une éclipse totale, éclipse partielle ou annulaire entière).
  • Exception uniquement : pendant la totalité d’une éclipse totale (Soleil complètement occulté par la Lune, corona visible), vous pouvez retirer les lunettes brièvement. Remettez-les dès que le premier rayon de Soleil réapparaît (2e contact).

3. Durée et pauses

  • Même avec des lunettes conformes, limitez les observations continues à environ 3 minutes maximum, puis faites une pause pour reposer les yeux (recommandation française officielle).
  • Évitez les observations prolongées sans interruption.

4. Surveillance des enfants

  • Surveillez toujours les enfants de très près. Ils ont tendance à retirer les lunettes par curiosité ou inconfort.
  • Expliquez clairement les règles avant de commencer.

5. Interdictions strictes avec instruments

  • Ne regardez jamais le Soleil (même éclipsé) à travers des jumelles, une lunette, un télescope, un appareil photo ou un smartphone sans filtre solaire spécifique conçu pour l’instrument.
  • N’utilisez pas vos lunettes d’éclipse devant un instrument optique non filtré : les rayons concentrés peuvent endommager le filtre et passer dans l’œil.
  • Pour photographier : gardez les lunettes sur les yeux et utilisez un filtre solaire adapté sur l’objectif (les lunettes seules ne protègent pas le matériel).

6. Autres précautions pratiques

  • Suivez scrupuleusement les instructions et avertissements fournis avec le produit (obligatoires en français pour le marquage CE).
  • Conservez les lunettes au sec (surtout si monture carton). Ne les nettoyez pas avec de l’eau ou des solvants.
  • Respectez les consignes des autorités locales (rassemblements, circulation, etc.).
  • Ces lunettes sont conçues uniquement pour l’observation à l’œil nu non agrandie. Elles ne remplacent pas un filtre solaire professionnel pour instruments.

En résumé : l’inspection, la mise en place avant de regarder, le retrait après avoir détourné le regard, la surveillance des enfants et l’interdiction d’association avec des instruments non filtrés sont les points les plus critiques. Respecter ces règles avec des lunettes réellement conformes permet d’observer en sécurité.

Image du jour : LBN 552, dans Cephee par Rodolphe Goldsztejn

 


LBN 552, dans Cephee par Rodolphe Goldsztejn depuis Bonlieu (Jura)

LBN 552 est un très faible nuage moléculaire et une nébuleuse brillante située dans la constellation de Céphée, répertoriée dans le catalogue de Beverly Lynds. 

Caractéristiques principales 
  • Constellation : Céphée
  • Catalogue : Lynds' Catalog of Bright Nebulae (LBN 552)
  • Association : Souvent liée au complexe moléculaire de la nébuleuse obscure LDN 1228 (les « Dragons de Céphée »)
  • Particularité : Classée parmi les nébuleuses les plus faibles du catalogue LBN (indice de luminosité 6), elle contient une rare nébuleuse par réflexion orange nommée RNO 129.

22 juillet 2026

Les rendez-vous de l'été 2026 du Club d'Astronomie Les Pléiades de Dole


Cet été 2026, 3 rendez-vous d’observation du ciel vous attendrons avec le club d'Astronomie de Dole :
  • les traditionnelles Nuits des Étoiles, les vendredi 7 et samedi 8 août, à partir de 21h sur le terrain du club.
    Le samedi après-midi, à partir de 15h, seront organisées une observation du soleil et des animations pour les plus jeunes.
  • l'éclipse partielle de Soleil avec un matériel adapté, le mercredi 12 août à partir de 19h00, sur le mont Roland, dans le champ donnant sur Sampans. Le phénomène débutera vers 19h25, atteindra son maximum à 20h18 (91 % d'occultation) et se terminera au coucher vers 20h50.
  • Le Rendez-vous Contes, sur le thème des lumières vespérales pour contempler le ciel et écouter des histoires, que chacun pourra venir raconter, le jeudi 20 août à partir de 20h30, sur le terrain du club.

Lire les informations sur le site du Club

Deux ateliers Astronomie à la MJC pour l'année 2026-2027

La nouvelle plaquette de la MJC est parue avec deux ateliers Astronomie pour l'année 2026-2027 : 





Image du jour : IC63, le fantôme de Cassiopée par Fabien Pannaux

 



IC63, le fantôme de Cassiopée par Fabien Pannaux depuis Dole



Avec des vues complémentaires et un traitement différent sous PixInsight

IC 63, ou le Fantôme de Cassiopée, est une nébuleuse en émission et par réflexion située à environ 550 années-lumière dans la constellation de Cassiopée. Elle est caractérisée par sa proximité avec l'étoile lumineuse Gamma Cassiopeiae, qui érode lentement ses nuages de gaz et de poussière par son rayonnement.

19 juillet 2026

Image du jour : Wolf Rayet 134 par Rodolphe Goldsztejn

 


Wolf Rayet 134 par Rodolphe Goldsztejn, depuis Bonlieu (Jura)

WR 134 est une étoile variable de type Wolf-Rayet située à environ 6 000 années-lumière dans la constellation du Cygne. Elle présente une température élevée de plus de 63 000 K, une luminosité 400 000 fois supérieure à celle du Soleil et est entourée d'une faible nébuleuse bulle.

Histoire et découverte
  • Observées pour la première fois en 1867 par les astronomes Charles Wolf et Georges Rayet à l' Observatoire de Paris.
  • Il s'agissait de l'une des trois toutes premières étoiles Wolf-Rayet jamais identifiées grâce à leurs spectres de raies d'émission inhabituels.
La plupart des astrophotographes s'accordent à dire que l'imagerie de WR 134 est un défi d'astrophotographie difficile car la nébuleuse bulle environnante est très faible et nécessite de longs temps d'exposition.

10 juillet 2026

07 juillet 2026

Image du jour : La nébuleuse « cachée » du Cygne (Sh 2-124) par Rodolphe Goldsztejn

 


La nébuleuse « cachée » du Cygne (Sh 2-124) en bande étroite.
Prise ces deux dernières nuits depuis Bonlieu (Jura).
Prise de vue et traitement par Rodolphe.

Sh2-124 est située sur le bord nord-ouest de la constellation du Cygne, le long de la Voie lactée, à l'est de la paire d'étoiles ρ1 Cygni et ρ2 Cygni. La période la plus propice à son observation dans le ciel du soir se situe entre les mois de juillet et de décembre et elle est considérablement facilitée pour les observateurs situés dans les régions de l'hémisphère nord.

Sh2-124 est un système de nébuleuse étendu et énigmatique, lié à la source infrarouge RAFGL 2789, qui est identifiée avec son homologue stellaire connu sous le nom de V645 Cygni, probablement une étoile de classe O ou l'étoile Ae/Be de Herbig. Le complexe est probablement situé dans le bras d'Orion à une distance d'environ 2 600 pc (∼8 480 al). Bien qu'il s'agisse de l'estimation de distance la plus largement acceptée, des distances allant jusqu'à 4 500 parsecs ont été proposées. Si l'estimation de 2 600 parsecs est correcte, cette nébuleuse pourrait être située dans une région inter-bras ou proche du bord intérieur du bras de Persée, au premier plan de l'association Céphée OB1.

05 juillet 2026

« Au-delà de la limite » : un million de satellites et de miroirs dans l'espace constituent une grave menace pour le ciel nocturne

 

Une nouvelle étude de l’Observatoire européen austral (ESO) a révélé que les projets actuels visant à mettre en orbite plus de 1,7 million de satellites, dont certains extrêmement lumineux, auraient des « conséquences dévastatrices pour l’astronomie ». Selon cette étude, pour préserver notre capacité à observer le ciel nocturne à l’aide de télescopes modernes, le nombre de satellites peu lumineux, invisibles à l’œil nu, en orbite autour de la Terre ne devrait pas dépasser 100 000. Cette étude est la première à évaluer dans quelle mesure les constellations de satellites de grande taille et très lumineuses — qui suscitent également des inquiétudes quant à leurs impacts sur la santé et l’environnement — affecteraient les observations astronomiques en rendant le ciel nocturne plus lumineux.


Depuis 2019, le nombre de satellites en orbite autour de la Terre a augmenté rapidement, pour atteindre aujourd’hui plus de 14 000 [1] — principalement des satellites de télécommunications Starlink de SpaceX. Les projets de satellites se sont également multipliés, tant en nombre qu’en termes d’impact potentiel. « Jusqu’à présent, nous avons réussi à gérer la situation, mais celle-ci empire », souligne Olivier Hainaut, qui a participé à l’élaboration de recommandations visant à atténuer l’impact des constellations de satellites sur l’astronomie. Alors que des entreprises comme SpaceX ont pris des mesures pour réduire la luminosité de leurs satellites, les projets de satellites actuels dépassent « les limites » de ce que l’astronomie peut supporter, explique-t-il. Olivier Hainaut, astronome à l’ESO depuis plus de 30 ans, est l’auteur d’une étude évaluée par des pairs sur les impacts des constellations de satellites, dont la publication a été acceptée dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Lire l'Article sur notre Blog

Le Signal Wow

 Dans une série d'articles, les astronomes ont comparé le signal « Wow ! » à d'autres signaux radio détectés à l'observatoire radio de l'université d'État de l'Ohio et à l'observatoire d'Arecibo, à Porto Rico, et affirment qu'il ne s'agissait finalement peut-être pas d'extraterrestres.

En 1977, les radioastronomes de l'observatoire radio de l'université d'État de l'Ohio (Big Ear), situé dans l'ouest de l'Ohio, ont capté un signal radio d'une intensité remarquable provenant de l'espace lointain. Il provenait d'une source exceptionnellement brillante et se situait dans une bande de fréquences qui, selon les scientifiques, pourrait être utilisée par des formes de vie extraterrestres intelligentes pour envoyer des transmissions radio dans l'Univers.
 
En examinant quelques jours plus tard une copie imprimée des données de l'observatoire, Jerry Ehman, responsable scientifique de projet à l'observatoire Big Ear, fut tellement stupéfait par ce signal qu'il l'entoura et griffona à côté un seul mot à l'encre rouge : « Wow ! ». On l'appelle aujourd'hui le signal « Wow ! ».


le Signal Wow

29 juin 2026

Euclid de l'ESA capture le cœur foisonnant de la Voie lactée

La mission Euclid de l'Agence spatiale européenne dévoile aujourd'hui la photo la plus grande et la plus détaillée jamais prise du centre de notre galaxie, la Voie lactée, en lumière visible.


24 juin 2026

Image du jour : NGC6946, la galaxie du feu d'artifice par Fabien Pannaux

La NASA s’apprête à lancer une mission de sauvetage risquée pour un satellite scientifique

Le télescope spatial Swift, dont la réactivité est essentielle pour l’étude des sursauts gamma, est menacé par une hausse de l’activité du Soleil. Dans le cadre d’une mission mandatée par la NASA, un satellite a été mis au point pour partir à sa rescousse le 27 juin.


Le satellite de maintenance robotisé LINK de Katalyst Space avant son encapsulation dans une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, le 8 juin 2026, au centre spatial Wallops de la NASA, en Virginie. NASA/RON BEARD 

Sur Terre, les tempêtes solaires sont souvent accompagnées d’aurores boréales magnifiques et inoffensives. Mais, dans l’espace, cette hausse soudaine de l’activité du Soleil est synonyme de menace. Le télescope spatial Neil Gehrels Swift Observatory, plus connu sous le nom de « Swift », en fait les frais.

Lancé en 2004, il a subi à plusieurs reprises de forts bombardements de vents solaires, qui, à environ 600 kilomètres d’altitude, ont eu pour effet de densifier l’atmosphère autour de lui. Résultat : l’engin, ralenti par la friction de l’air, descend plus rapidement que prévu vers la Terre. Si rien n’est fait, sa trajectoire l’amènera jusqu’à la limite de l’atmosphère, où il finira carbonisé.

22 juin 2026

Image du jour : Garlic Nebula (LDN 576), par Rodolphe Goldsztejn

 

Garlic Nebula, sur les deux dernières nuits, et les photos capturées en 2025, pour un total de 12h d’exposition, par Rodolphe. 

14 juin 2026

La caméra du plus grand télescope du monde

À l’observatoire de Meudon, des chercheurs préparent MICADO, une caméra ultra performante qui permettra à l’Extremely Large Telescope (ELT), au Chili, de distinguer des objets très peu lumineux et très lointains. Un défi technologique pour révéler des régions encore inexplorées de l’Univers.


CNRS Le Journal

Image du Jour : Hubble et Webb offrent une nouvelle vue de la galaxie de l'Œil Noir

 


Cette image de Messier 64, ou la Galaxie de l'Œil Noir , prise le 20 mars 2026, est une composition d'images issues des télescopes spatiaux Hubble et Webb de la NASA. Elle montre Messier 64 capturée dans les longueurs d'onde du proche et du moyen infrarouge par Webb, tandis que l'image de Hubble révèle la galaxie en lumière ultraviolette, visible et proche infrarouge.

Messier 64 se caractérise par un mouvement interne étrange. Le gaz des régions externes de cette galaxie spirale tourne dans le sens inverse du gaz et des étoiles de ses régions internes. Ce comportement singulier pourrait résulter d'une fusion entre M64 et une galaxie satellite il y a plus d'un milliard d'années.

12 juin 2026

L'astrophysicien Rodrigo Ibata reconnu pour sa découverte deux galaxies et pour avoir compris comment s'est formée la Voie lactée

L'astrophysicien Rodrigo Ibata, directeur de recherche au CNRS à Strasbourg, a reçu mercredi 10 juin le prix Kavli pour ses travaux sur la formation des galaxies. Il rejoint ainsi deux autres lauréats strasbourgeois, faisant de l'Unistra l'une des universités les plus distinguées par ce prix.


Ses travaux ont contribué à comprendre comment s'est formée la Voie lactée. Mercredi 10 juin, Rodrigo Ibata, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire astronomique de Strasbourg, a reçu le prix Kavli en astrophysique aux côtés d'Amina Helmi, chercheuse néerlandaise, et Vasily Belokurov, chercheur britannique.

"Ça fait bizarre de recevoir ce prix, confie l'astronome avec humilité. Par le passé, il a été attribué à des chercheurs qui étaient des héros de leur discipline. (...) C'est même un peu gênant parce que c'est un travail d'équipe qui s'est fait grâce à une quantité époustouflante de personnes dans toute l'Europe." Il salue notamment le rôle joué par deux de ses anciens doctorants : Nicolas Martin et Khyati Malhan.

Une carrière brillante en archéologie galactique

S'il se refuse à l'admettre, Rodrigo Ibata est bien, lui aussi, un héros de sa discipline à part entière. Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg (Unistra) le confirme : "C'est un très grand chercheur. Et le prix Kavli est la reconnaissance internationale de cette recherche remarquable et pionnière."

C'est en 1994, alors qu'il réalise sa thèse à l'université de Cambridge en Angleterre, qu'il découvre la galaxie naine du Sagittaire, gravitant autour de la nôtre. Une traînée d'étoiles témoigne de son absorption progressive par la Voie lactée.

En 2003, rebelote. Avec son doctorant Nicolas Martin, Rodrigo Ibata co-découvre la galaxie naine du Grand Chien, la plus proche de la Voie lactée connue à l'heure actuelle.


La galaxie du Sagittaire (en rouge sur les deux images) se fait progressivement absorber par la Voie lactée, au centre. • © Rodrigo Ibata

L'observation de ces galaxies permet de comprendre le phénomène de formation de la Voie lactée. Cette dernière est née, comme toutes les autres, d'une succession d'incorporations de structures, de type galaxies naines, il y a de ça 10 milliards d'années. Pour rappel, l'univers a environ 14 milliards d'années.

L'analyse des images du satellite européen Gaïa, en orbite depuis 2013, affine la compréhension du phénomène. "Avec les images, on fait ce qu'on appelle de l'archéologie galactique. On arrive à calculer la vitesse des étoiles. Pour toutes celles qui ont des vitesses similaires, on étudie leur composition chimique. C'est la chimie et la motion qui nous indiquent qu'elles sont venues d'une même structure. (...) On a ainsi pu identifier quels ensembles d'étoiles venaient de structures qui ont été incorporées à la formation de notre galaxie", explique Rodrigo Ibata.

S'il reste dans le domaine de l'astronomie, l'astrophysicien élargit son champ de recherche en s'intéressant désormais à l'intelligence artificielle. Il travaille à la conception de modèles d'apprentissage par machine (machine learning) pour découvrir des lois physiques de manière automatique.

L'Université de Strasbourg au niveau du MIT, de Harvard et de Stanford

Bien que moins médiatisé, "il est important de rappeler que le prix Kavli est tout aussi prestigieux que le Nobel", rappelle Rémi Barillon, vice-président recherche à l'Unistra. Tous les deux ans depuis 2008, ce prix norvégien vient récompenser des travaux exceptionnels dans trois disciplines : l'astrophysique, les nanosciences et les neurosciences. Les lauréats reçoivent un prix d'un million de dollars (environ 870 000 euros) à se partager.

Avant Rodrigo Ibata, le prix Kavli a été attribué à deux autres chercheurs de l'université de Strasbourg : Thomas Ebbesen en 2014 en nanosciences, et Jean-Louis Mandel en 2022 pour ses travaux en neurosciences. L'Unistra réalise ainsi un triplé dans les trois disciplines. Seuls le MIT (Institut technologique du Massachusetts) et les universités de Harvard et Stanford ont accompli cet exploit.

Sur les quatre lauréats français du prix Kavli, trois sont donc de Strasbourg. De quoi inspirer des étudiants à candidater à l'Unistra, espère Frédérique Berrod, sa présidente.

10 juin 2026

Le concours LES ÉTOILES DES L’ASTRONOMIE de la revue Ciel & Espace



Pour sa troisième édition, le concours photo organisé par l'Association française d'astronomie s'installe dans le paysage. 299 photos prises par 104 photographes ont été reçues. Des chiffres en progression par rapport à 2024.

Lire l'article de Ciel & Espace, réservé aux abonnés, mais un extrait est fourni ci-dessous :

LE PHOTOGRAPHE DE L’ANNÉE





SAISONS GALACTIQUES
Chacun de ces panoramas résulte de l'assemblage de 24 à 30 photos, et arrive en tête de la catégorie
« Le photographe de l'année - la série ».
« Cette série témoigne des différentes faces de la Voie lactée observables depuis la France à travers trois panoramas à 180° réalisés en altitude », commente Florian Riou.
(c) FLORIAN RIOU

09 juin 2026

Image du jour : Le “Calamar” ou Sh 2-129 par Rodolphe Goldsztejn

 


Le “Calamar” ou Sh 2-129 dans Céphée. Réalisée depuis Bonlieu (Jura),
à contempler sur le site AstroBin de Rodolphe.


Mise à jour le 13 juin 2026




Ciel nocturne : que voir cette semaine

 


Le centre de la Voie lactée cacherait un second trou noir de type révolutionnaire

Le trou noir supermassif Sagittarius A* n’est peut-être pas solitaire au cœur de notre galaxie. Des astronomes viennent de repérer les indices d’un second monstre cosmique tapi à proximité. Un objet fascinant qui appartiendrait à une catégorie encore purement théorique : les trous noirs de masse intermédiaire.

Une étude internationale suggère que le centre de la Voie lactée abrite un second trou noir géant aux côtés de Sgr A*. Ce mystérieux compagnon appartiendrait à la catégorie jamais observée des trous noirs de masse intermédiaire. L'astre afficherait une masse d'environ 10 000 masses solaires.

Lire l'article sur le site Les Numériques

Matière noire : une idée élégante révèle que 45 % de la masse manquante est sous nos yeux

Si une partie de la masse manquante que nous cherchons depuis 50 ans était sous nos yeux sous forme de comètes ? Cette hypothèse simple, cohérente mathématiquement, permettrait également d'expliquer pourquoi nous peinons tant à détecter les particules exotiques de matière noire : elles seraient moins nombreuses que prévu.

Une étude statistique sur les comètes interstellaires montre qu'elles sont probablement assez nombreuses pour constituer une partie de la matière noire. Même si cela ne résout pas toute la question de la matière noire...

Pourquoi la Terre tourne de plus en plus vite

Un phénomène estival inattendu intrigue les scientifiques : depuis quelques années, notre planète accélère légèrement sa rotation. Imperceptible, ce gain de vitesse pourrait, à terme, bouleverser notre façon de mesurer le temps.


La rotation de la Terre sur elle-même est de plus en plus rapide et les scientifiques ne savent pas comment l'expliquer. L'accélération est, certes, infime mais bel et bien mesurable, et se confirme d'année en année. "Les pics de vitesse se produisent toujours en été", explique Christian Bizouard, directeur du service international de la rotation de la Terre et chercheur à l'Observatoire de Paris.

Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé au abonnés, temporairement reproduit ici).

Le mystère de l'énergie noire se fissure

Après vingt-cinq ans de silence, l'énergie noire livre enfin un indice. Les observations de l'instrument Desi suggèrent qu'elle pourrait évoluer au cours du temps. Un bouleversement pour notre compréhension de l'Univers…

"Si le résultat se confirme, cela ouvrirait une nouvelle ère en cosmologie, comparable en importance à la découverte de l'accélération de l'Univers. Et peut-être même plus. Filippo Vernizzi, physicien théoricien au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), ne boude pas son plaisir devant la publication, le 15 avril dernier, des résultats de la collaboration Desi (Dark Energy Spectroscopic Instrument).

Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé aux abonnés, temporairement reproduit ici)

SVOM révèle l’enfance cataclysmique de l’Univers

En avril, des chercheurs impliqués dans la mission spatiale franco-chinoise SVOM ont fait un point sur ses premiers résultats. Avec plusieurs éclairages intéressants sur des événements survenus aux premiers âges de l’Univers.

Un an seulement après le début de ses opérations scientifiques, la mission franco-chinoise SVOM est déjà un succès ! « Dépassant largement nos attentes, ses performances ont permis de faire plusieurs premières observations intéressantes », se réjouit Susanna Vergani, directrice de recherche CNRS, astrophysicienne au Laboratoire d’étude de l’Univers et des phénomènes extrêmes, impliquée dans ce projet.

Lire l'article du Journal du CNRS

06 juin 2026

Sur Mars, une paléosurface marque la transition entre deux époques

Une image de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter révèle une ancienne surface marquant une rupture dans l'histoire géologique de Mars. Cette découverte éclaire l'évolution de l'eau dans les régions d'Oxia Planum et de Mawrth Vallis, futures cibles d'étude du rover Rosalind Franklin.


Deux périodes de dépôt de sédiments argileux. C’est ce que révèle le nouveau cliché de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la Nasa avec sa caméra HiRISE. On peut y voir la limite séparant les deux sites potentiels d’atterrissage et d’exploration du rover européen Rosalind Franklin : Oxia Planum et Mawrth Vallis.

« Nous pensions que les deux sites étaient similaires dans leur composition et leur âge, mais après analyse nous nous sommes rendu compte que la plaine d’Oxia contient des argiles riches en fer plus ancien. » révèle Nicolas Mangold, planétologue. Cette paléosurface a d’abord été le lieu d’un premier dépôt d’argile avant que l’eau se retire et que la surface soit bombardée de météorites, explique le chercheur du CNRS. Puis l’eau a réinvesti les lieux en apportant de nouveaux sédiments.

Au total, la surface argileuse s’étend sur 600 km et certains dépôts se trouvent à 1000 m d’altitude. « Nous disposons désormais d'une nouvelle chronologie : les argiles d'Oxia Planum se sont formées en premier, il y a environ 4 milliards d'années, avant celles de Mawrth Vallis », constate Inés Torres Auré, chercheuse à l'Université de Lyon et membre de la mission ExoMars de l’ESA. C’est donc sur Oxia Planum que le rover européen fera son atterrissage fin novembre 2030 après son lancement en octobre 2028.

Analyse du sol argileux

Rosalind Franklin embarque avec lui un laboratoire d’analyse et un nombre important d’instruments parmi lesquels des caméras, des spectromètres et un radar à pénétration de sol. Sa mission sera celle d’étudier l’histoire du sol d’Oxia Planum et d’analyser les échantillons d’argile prélevés par la foreuse du rover pouvant creuser jusqu’à deux mètres de profondeur.

« Nous utiliserons ses instruments pour valider sur le terrain les découvertes faites depuis l'orbite, étudier l'environnement ancien dans lequel les argiles se sont formées et déterminer si elles conservent des traces de vie martienne », détaille Elliot Sefton-Nash, scientifique du projet ExoMars. Pour lui comme pour les autres participants à cette mission, la zone aurait pu être recouverte par un vaste étendue d’eau et, comme tout le monde le sait, l’eau est source de vie !

01 juin 2026

Image du jour : M16 par Fabien Pannaux



M16 captée et traitée sous PixInsight depuis Dole par Fabien Pannaux

M16 (NGC 6611) est un très jeune amas ouvert situé dans la queue de la constellation du Serpent, à proximité des constellations du Sagittaire et de l'Écu de Sobieski. M16 est entouré par la nébuleuse de l'Aigle dont la désignation est IC 4703. On désigne en certains endroits cette nébuleuse comme M16 et il règne une certaine confusion entre ces deux objets. L'amas M16 a été découvert par l'astronome suisse Jean Philippe Loys de Cheseaux en 1745 et on attribue la découverte de la nébuleuse à Charles Messier.

31 mai 2026

Image du jour : Sh 2-101, nébuleuse de la Tulipe, par Rodolphe Goldsztejn

 


Sh 2-174, dit la “Tulipe” est située dans la constellation du Cygne. On peut l’observer pendant l’été sous nos latitudes. L’image résulte d’une session sur une seule nuit, un petit peu plus de 4 heures d’exposition au total (depuis Bonlieu, dans le Jura), ce qui est relativement court par rapport au temps d’exposition global généralement pratiqué.

Deux versions colorées sont proposées sur le site RodAstro de Rodolphe en fonction du traitement sous PixInsignt.

Les détails d’acquisition de cette image sont visibles à la page AstroBin de Rodolphe.

29 mai 2026

La fusée New Glenn, de Blue Origin, explose spectaculairement sur sa rampe de lancement pendant un essai

L’explosion au sol à Cap Canaveral, en Floride, n’a fait aucun blessé, a annoncé le propriétaire de l’entreprise spatiale, Jeff Bezos. Plus tôt, la société avait rapporté avoir « constaté une anomalie lors de l’essai de mise à feu » des moteurs de la fusée.

27 mai 2026

La chute d’Hubble s’accélère, une course contre la montre est lancée

Freiné par une atmosphère terrestre plus dense sous l’effet de l’activité solaire, le télescope spatial Hubble perd de l’altitude à un rythme inquiétant. Entre vieillissement de ses gyroscopes et projets de sauvetage encore flous, son avenir reste suspendu aux décisions de la Nasa.


Hubble perd de l’altitude, et cette chute s’accélère depuis mi-2022. Le télescope spatial le plus célèbre est passé de 550 km d’altitude à seulement 480 km en quatre ans. Il a perdu ainsi quasiment autant d’altitude qu’en vingt ans, après son rehaussement par la mission de la navette Columbia en 2002. « À ce rythme-là, Hubble pourrait rentrer dans l’atmosphère terrestre au début des années 2030, en fonction de l’activité solaire », confirme Alise Fisher, de la direction des missions scientifiques de la Nasa. Le freinage de la très haute atmosphère varie en effet en fonction de l’intensité de l’activité solaire. Lors des maximas solaires, l’enveloppe gazeuse de notre planète est en moyenne plus épaisse, car elle est chauffée par le flux de particules solaires plus intense.Jean-Luc Dauvergne
Chef de rubrique à Ciel & Espace
(réservé aux abonnés, disponible ici)

Image du jour : NGC 3718 par Rodolphe Goldsztejn

 


NGC 3718 est une étrange galaxie dans la constellation de la Grande Ourse, à près de 52 millions d’années-lumière. Elle apparaît sous une forme torsadée, comme un bonbon encore emballé. La galaxie compagnon, NGC 3729, visible en haut de l’image, en est éloignée de près de 150’000 années-lumière. Le petit groupe de galaxies à gauche de NGC 3718 est dénommé le groupe compact Hickson 56, est 8 fois plus éloigné de nous (soit environ 400 millions d’années-lumière !)

L’image a été réalisée dans les nuits du 21 au 23 mai 2026, 8 heures 15 minutes de poses cumulées au foyer d’un télescope de 2 mètre de focale ouvert à f/10, dans les bandes de lumière visible (LRGB). A noter, elle a été réalisée sans autoguidage.

La description des nombreux objets célestes sur le site RodAstro de Rodolphe d'où est tirée cette description et les détails d’acquisition de cette image fournis dans sa  page astrobin.

26 mai 2026

Euclid nous met des étoiles plein les yeux avec cinq nouveaux clichés à couper le souffle

Depuis sa mise en service en juillet 2023, le télescope Euclid n'a pas chômé. Une fois de plus, l'Agence spatiale européenne (ESA) et ses équipes partagent les fruit d'une aventure qui s'annonce plus que prometteuse.

 
 Lorsque l'on parle d'exploration spatiale, il ne s'agit pas seulement d'envoyer des hommes bien au-delà du plancher des vaches, mais aussi et surtout d'étudier le reste de l'univers à la recherche de réponses et de nouvelles connaissances. C'est la mission que doit remplir Euclid, un observatoire placé en orbite autour du Soleil et qui scrute de vastes zones du ciel dans le spectre visible et proche de l'infrarouge.L'année dernière, l'ESA a démontré les capacités impressionnantes de son télescope en publiant cinq images fascinantes. À moins de deux mois du premier anniversaire d'Euclide, cinq nouvelles images nous sont présentées. Les pouponnières d'étoiles et les amas de galaxies sont les stars du moment, nous permettant d'en savoir plus sur les propriétés physiques de l'Univers, ainsi que sur son histoire et son évolution.

Lire l'article sur le site Les Numériques

25 mai 2026

De la couronne solaire aux exoplanètes

Début des années 1930 : l’astronome français Bernard Lyot invente un instrument pour observer la couronne solaire et ses monstrueux jets de gaz, sans avoir à attendre une éclipse. Le même outil permettra dans les années 1990 de découvrir parmi les premières exoplanètes !
 

20 mai 2026

Back to the Basics : Depuis quand avons-nous connaissance de galaxies et autres objets stellaires en dehors de notre propre univers ?

C’est en 1923-1925, grâce aux travaux d’Edwin Hubble, que l’on a acquis la preuve scientifique définitive que notre Voie lactée n’est qu’une galaxie parmi d’autres.

Avant cela, le « Grand Débat » (1920) opposait les astronomes : pour certains (comme Harlow Shapley), les « nébuleuses spirales » (comme Andromède) étaient des nuages de gaz ou des systèmes à l’intérieur de notre galaxie ; pour d’autres (comme Heber Curtis), c’étaient des « univers-îles » indépendants.

Podcast: How the Great Debate changed astronomy forever | BBC Sky at Night Magazine

Chronologie clé

  • Observations anciennes : Des objets comme la galaxie d’Andromède (M31) étaient visibles à l’œil nu ou avec des télescopes primitifs (mentionnée dès le Xe siècle par l’astronome persan Abd al-Rahman al-Sufi, puis par Galilée et Messier au XVIIe-XVIIIe siècle), mais on les prenait pour des nébuleuses dans notre propre système.
  • Début du XXe siècle : Des indices suggéraient qu’elles étaient lointaines (par exemple, Ernst Öpik en 1922), mais sans preuve décisive.
  • 1923 : Hubble, utilisant le télescope de 100 pouces de Mount Wilson (Californie), identifie une étoile variable céphéide dans Andromède. Grâce à la relation période-luminosité découverte par Henrietta Leavitt, il mesure sa distance : environ 900 000 années-lumière (valeur révisée depuis à ~2,5 millions). C’est bien trop loin pour être dans la Voie lactée.
  • Janvier 1925 : Hubble présente ses résultats à l’American Astronomical Society. Cela marque la fin du Grand Débat et le début de l’astronomie extragalactique.

Edwin Hubble (1889-1953) a ainsi révolutionné notre vision de l’Univers : la Voie lactée n’est plus « l’Univers entier », mais une galaxie parmi des milliards. Peu après (1929), il découvre aussi l’expansion de l’Univers.

Aujourd’hui, grâce aux télescopes comme Hubble (ironiquement nommé en son honneur) ou James Webb, on connaît des centaines de milliards de galaxies. Mais cette prise de conscience date vraiment des années 1920. C’est l’un des plus grands sauts conceptuels de l’histoire de l’astronomie !

L'alignement planétaire de mai 2026

C’est le feuilleton céleste de ce printemps 2026. À partir de ce mercredi 20 mai et pour quelques jours, la Lune s’invite aux côtés de Vénus et Jupiter pour dessiner un alignement parfait dans le ciel. Un spectacle visible à l’œil nu, idéal pour appréhender l’architecture de notre Système solaire depuis son balcon, avant un final envoûtant le 9 juin.
Le ciel nous offre un spectacle grandiose dès ce soir : comment admirer l'alignement planétaire de mai

© Stellarium - Alignement de la Lune, Jupiter et Vénus ce 20 mai au coucher du Soleil.


Lire l'article sur le site Les Numériques

18 mai 2026

Back to the basics : Petite histoire du télescope Dobson

 

Le télescope Dobson, souvent appelé simplement « Dobson » ou « Dob », est un télescope réflecteur de type Newton monté sur une monture azimutale (alt-az) simplifiée et très stable. Il est célèbre pour sa simplicité, son faible coût et sa grande ouverture (diamètre du miroir primaire), ce qui en fait un instrument idéal pour l’observation visuelle du ciel profond (nébuleuses, galaxies, amas d’étoiles).

Origine : John Dobson, l’inventeur

John Lowry Dobson (1915-2014), astronome amateur américain né à Pékin (Chine) de parents missionnaires méthodistes, est à l’origine du concept. Il arrive à San Francisco à l’âge de 12 ans. Après des études de chimie à l’Université de Californie à Berkeley (1943), il devient moine dans l’ordre védantiste Ramakrishna à San Francisco en 1944.

C’est au monastère, dans les années 1950, qu’il commence à construire des télescopes en secret avec des matériaux de récupération : contreplaqué pour la monture, tubes en carton (type Sonotube) pour le tube optique, et miroirs issus de hublots de navires ou de fonds de bouteilles. Il polit lui-même les miroirs. Son premier télescope notable date d’environ 1956-1958 (environ 130 mm puis 300 mm).

Expulsé du monastère en 1967 (en partie à cause de son temps consacré à l’astronomie), il se consacre pleinement à sa passion. En 1968, il cofonde les San Francisco Sidewalk Astronomers avec d’autres passionnés. L’objectif : rendre l’astronomie accessible au grand public en installant des télescopes sur les trottoirs (« sidewalk astronomy »).

Naissance du design (années 1960)

Le design « Dobson » est popularisé vers 1965. John Dobson combine plusieurs idées existantes (monture azimutale simple comme sur les canons anciens, miroirs minces, matériaux bon marché) dans un ensemble cohérent et optimisé pour les grands diamètres à bas coût.

  • Monture azimutale (« rocker box ») : une boîte en contreplaqué avec des patins en Téflon et Formica pour des mouvements fluides et stables sans mécanisme complexe.
  • Tube optique : souvent en carton, léger et isolant thermiquement.
  • Miroir primaire : mince (rapport 1:16 ou plus), soutenu simplement par de la moquette, sans Pyrex coûteux.

En 1969, au Riverside Telescope Makers Conference, les Sidewalk Astronomers présentent un Dobson de 610 mm (24 pouces) qui remporte le premier prix d’optique malgré sa simplicité extrême (et controversée, car non équatoriale et non destinée à l’astrophotographie). Cela marque le début de sa reconnaissance.

John Dobson insistait : ce n’était pas une « invention » révolutionnaire, mais une combinaison pratique pour que « tout le monde puisse voir l’Univers ». Il appelait ses instruments des « sidewalk telescopes ».

Développement et popularisation (années 1970-1990)

Le concept se répand rapidement aux États-Unis grâce aux ateliers de construction amateurs. Les clubs d’astronomie adoptent massivement ce design : un télescope de grand diamètre (300-400 mm ou plus) devient accessible pour quelques centaines de dollars ou un week-end de bricolage.

Dans les années 1980, des variantes apparaissent :

  • Tubes truss (démontables en sections pour le transport).
  • Modèles plus compacts ou avec grandes roues d’altitude.

Les fabricants commerciaux (surtout à partir des années 1990-2000, avec des marques comme Sky-Watcher) industrialisent le concept avec des tubes métalliques, tout en conservant l’esprit low-cost. Aujourd’hui, les Dobson de 150 à 300 mm sont des best-sellers pour débutants et amateurs.

Impact et évolution moderne

Le Dobson a démocratisé l’astronomie amateur en permettant des ouvertures inédites (jusqu’à plus de 1 m chez certains passionnés) à un coût raisonnable. Il reste optimisé pour l’observation visuelle du ciel profond, même si des ajouts modernes (GoTo, plateformes équatoriales, push-to) élargissent ses usages.

John Dobson a continué jusqu’à sa mort en 2014 (à 98 ans) à promouvoir l’astronomie publique, les conférences et une cosmologie non conventionnelle (il rejetait le Big Bang). Son legs : des millions de personnes ont pu observer le ciel grâce à sa vision.

Aujourd’hui, le Dobson est un pilier de l’astronomie amateur mondiale, du bricoleur au télescope commercial haut de gamme. Sa philosophie reste vivante : simplicité, accessibilité et émerveillement devant l’Univers.

Lire sur notre Blog comment construire soi-même un Dobson

16 mai 2026

Image du jour : M16 par Fabien Pannaux


Nouveau traitement par Fabien avec Pixinsight de sa prise de vue en 2025
de M16 en utilisant son Seetar 50

M16 (NGC 6611) est un très jeune amas ouvert situé dans la queue de la constellation du Serpent, à proximité des constellations du Sagittaire et de l'Écu de Sobieski. M16 est entouré par la nébuleuse de l'Aigle dont la désignation est IC 4703[7]. On désigne en certains endroits cette nébuleuse comme M16 et il règne une certaine confusion entre ces deux objets. L'amas M16 a été découvert par l'astronome suisse Jean Philippe Loys de Cheseaux en 1745[1] et on attribue la découverte de la nébuleuse à Charles Messier.

Selon la classification des amas ouverts de Robert Trumpler, cet amas renferme entre 50 et 100 étoiles (lettre m) dont la concentration est moyenne (II) et dont les magnitudes se répartissent sur un grand intervalle (le chiffre 3). La lettre n indique que M16 baigne dans une nébuleuse. Notons cependant que certaines sources, dont la version anglaise de Wikipédia, indiquent un nombre d'étoiles supérieure à 8000 pour M16, à cause de la confusion qui existe entre l'amas et la nébuleuse de l'Aigle.

12 mai 2026

La comète interstellaire nommée « 3I/Atlas » livre ses secrets

La deuxième vague d’observations faite depuis décembre 2025 a permis de mieux caractériser la composition chimique de ce visiteur étranger au Système solaire. Il aurait été formé dans un environnement extrêmement froid, il y a 10 à 12 milliards d’années.


Les objets interstellaires sont un petit peu les étoiles filantes des astronomes professionnels. Ils sont rares, se déplacent à grande vitesse et on ne peut les voir briller qu’un moment. Le premier objet venu d’un autre système solaire jamais détecté, 1I/‘Oumuamua, a été découvert le 19 octobre 2017, mais les astronomes n’ont eu que deux petits mois pour l’étudier avant qu’il ne disparaisse définitivement des radars, en raison de sa faible luminosité et de sa petite taille. Le deuxième, 2I/Borisov, repéré le 30 août 2019, est resté visible quasiment neuf mois pour les meilleurs télescopes mondiaux. Dans ce contexte, on comprend un peu mieux la course dans laquelle se sont engagés les astronomes du monde entier lorsque a été découvert 3I/Atlas, le 1er juillet 2025.

Lire l'article Du Monde (réservé aux abonnés mais offert aux lecteur de ce Blog)