Les Amis de l'Astronomie de Dole

24 mars 2026

Un système solaire en formation ? Deux planètes en train de se former repérées dans le disque d'une jeune étoile

Des astronomes ont observé la formation de deux planètes dans le disque entourant une jeune étoile baptisée WISPIT 2. Après avoir déjà détecté une planète, l'équipe a désormais utilisé les télescopes de l'Observatoire Européen Austral (ESO) pour confirmer la présence d'une seconde planète. Ces observations, ainsi que la structure unique du disque entourant l'étoile, suggèrent que le système WISPIT 2 pourrait ressembler à un jeune système solaire.

Images prises par le VLT de deux planètes en formation autour de la jeune étoile WISPIT 2 (Crédit: ESO/C. Lawlor, R. F. van Capelleveen et al.)

« WISPIT 2 nous offre le meilleur aperçu de notre propre passé dont nous disposions jusqu’à présent », déclare Chloe Lawlor, doctorante à l’université de Galway, en Irlande, et autrice principale de l’étude publiée aujourd’hui dans The Astrophysical Journal Letters.

23 mars 2026

Image du jour : M106 par Fabien Pannaux

 


M106 dans les Chiens de Chasse
(Poses cumulées de 170 minutes le 22 mars 2025 depuis Dole, avec un Seestar 50)

Hubble retourne à la nébuleuse du Crabe pour suivre 25 ans d'expansion

 Il y a près de mille ans, les astronomes ont été témoins de l'éclat d'une nouvelle étoile flamboyante dans le ciel : une supernova si brillante qu'elle était visible en plein jour pendant des semaines. Aujourd'hui, son vestige en expansion, la nébuleuse du Crabe, continue d'évoluer à 6 500 années-lumière de la Terre. Découverte grâce à Edwin Hubble, la nébuleuse a depuis été étudiée avec une précision remarquable par le télescope spatial Hubble de la NASA et de l'ESA, qui a récemment réobservé cette explosion millénaire afin de suivre son expansion et sa transformation continues.



Nébuleuse du Crabe (image Hubble 2024). Crédit : NASA, ESA, STScI, W. Blair (JHU). Traitement d'images : J. DePasquale (STScI)

Un quart de siècle après ses premières observations complètes de la nébuleuse du Crabe, le télescope spatial Hubble a porté un nouveau regard sur ce rémanent de supernova. La nébuleuse du Crabe est 
le vestige de SN 1054, située à 6 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Taureau.

L’Europe s’empare de la défense planétaire

La mission Ramses sera lancée vers l’astéroïde Apophis en 2028. Elle est la pierre angulaire d’un programme de défense planétaire contre le risque de collision avec des corps géocroiseurs.


Le compte à rebours a commencé ! Au printemps 2028, l’Agence spatiale européenne (Esa) lancera une nouvelle mission, Ramses1. Mené en collaboration avec la Jaxa, l’agence spatiale japonaise, ce projet vise à étudier l’un des évènements astronomiques les plus attendus de la prochaine décennie : le passage de l’astéroïde Apophis tout près de la Terre, le vendredi 13 avril 2029. Ce jour-là, ce corps céleste frôlera notre planète à seulement 31 600 km, une distance inférieure à celle où orbitent les satellites géostationnaires de télécommunication (36 000 km environ).

Lire l'article du journal du CNRS

La Russie reprend l'utilisation du site de lancement spatial endommagé lors de l'accident

La Russie a lancé une fusée depuis le site 31 du cosmodrome de Baïkonour pour la première fois depuis qu'elle a été endommagée lors d'un décollage en novembre dernier, comme l'ont montré dimanche des images de l'agence spatiale russe Roscosmos.


Le site 31 était le seul pas de tir opérationnel de la Russie pour les missions habitées vers la Station spatiale internationale (ISS). Une partie du site de lancement s'est effondrée lors du décollage du Soyouz MS-28 en novembre dernier, empêchant temporairement la Russie d'envoyer des cosmonautes dans l'espace. Les réparations sur la partie endommagée du site se sont achevées au début du mois, selon Roscosmos.

Des images diffusées dimanche ont montré la Russie lançant le vaisseau cargo sans équipage Progress MS-33 vers l'ISS depuis le site 31. « Le vol est normal », a déclaré un commentateur de l'agence spatiale russe Roscosmos dans la vidéo. L'agence spatiale américaine NASA a publié sur X un message indiquant qu'une antenne du vaisseau Progress utilisée pour l'amarrage ne s'était pas déployée comme prévu. « Tous les autres systèmes fonctionnent comme prévu et le vaisseau Progress poursuivra sa route vers l'amarrage prévu », a écrit la NASA.

Le cosmodrome de Baïkonour est situé au Kazakhstan, mais il est utilisé par la Russie dans le cadre d'un bail qui court au moins jusqu'en 2050. Autrefois considéré comme un pionnier de l'exploration spatiale, le programme spatial russe a connu de nombreux revers depuis la chute de l'Union soviétique, notamment la perte de son premier atterrisseur lunaire en près de 50 ans en 2023.

21 mars 2026

Image du jour : NGC 5033, la galaxie du Crabe, par Rodolphe Goldsztejn

 


NGC 5033, la galaxie du Crabe dans les Chiens de Chasse, faite le 20 mars 2026 au C8, depuis Bonlieu (Jura).
Sa taille est de 11 minutes d’arc…

A admirer sur le site AstroBin de Rodolphe.

Image du jour : M81 par Fabien Pannaux

 

Prise depuis Dole (Jura) en 3 h d'exposition avec un Systar 50

20 mars 2026

Image du jour : nouvelle vue de la galaxie du Hamburger par Rodolphe Goldsztejn


La galaxie du Hamburger appelée aussi galaxie de Sarah (NGC 3628)... Toujours aussi époustouflant !

NGC 3628, ou la galaxie du Hamburger dans la constellation du Lion fait partie du fameux Triplet du Lion. Elle est située à environ 32 millions d’années-lumière. C’est une galaxie barrée, que l’on voit de profil, par la tranche. C’est le troisième membre du Triplet du Lion, formé avec M 65 et M 66.

L’image a été réalisée à partir de près de 7 heures de pose au foyer d’un télescope Celestron 8 et d’une caméra CCD. Le vent était de la partie en première partie de nuit ce qui a conduit à éliminer une grande proportion des poses à cause d’étoiles pâteuses : capture depuis la Région des Lacs (Jura), nuit du 19 mars 2026, Celestron 8, caméra CCD et filtres LRGB, 7 heures d’exposition réparties sur les 4 filtres.

A admirer sur le site RodAstro et le site AstroBin de Rodolphe qui avait déjà partagé sur ce Blog une vue de cette galaxie en 2024.

16 mars 2026

Les cinq molécules à la base de l’ADN retrouvées dans les échantillons de l’astéroïde Ryugu

Des travaux de scientifiques japonais, publiés dans « Nature Astronomy » lundi 16 mars, suggèrent que les petits corps ont pu contribuer à l’émergence de la vie sur Terre.


L’astéroïde Ryugu photographie par Hayabusa-2, le 3 octobre 2018. CNES/JAXA


Les 5,4 grammes d’échantillons de l’astéroïde Ryugu rapportés par la mission japonaise Hayabusa-2 en décembre 2020 continuent lentement de livrer leurs secrets, au gré des analyses faites sur Terre par les laboratoires qui ont la chance de les étudier.

Dans une nouvelle étude parue lundi 16 mars dans la revue Nature Astronomy, une équipe de neuf scientifiques japonais affirme avoir formellement identifié les cinq nucléotides qui forment les briques de l’ADN et de l’ARN, deux molécules présentes dans la quasi-intégralité des organismes vivants sur Terre et qui codent leur information génétique. Plus précisément, les chercheurs ont détecté les bases azotées des nucléotides que sont l’adénine, la guanine, la cytosine et la thymine, plus l’uracile, qui remplace la thymine dans l’ARN.

Lire l'article Du Monde (réservé aux abonnés, offert ici) et aussi l'article de l'AFP

Image du jour : NGC 6946 (Galaxie des feux d'artifice) par Rodolphe Goldsztejn

 

12 mars 2026

Décès de M. Michel Martin du Club d'Astronomie de Dole

Monsieur Michel Martin, ancien professeur, s'est éteint le 11 mars 2026 à Villette-lès-Dole (Jura), à l'âge de 82 ans.


Passionné d'astronomie, il a été pendant de nombreuses années un membre très actif et un animateur dévoué du Club d'Astronomie de Dole (également connu sous le nom des Pléiades), rattaché à la MJC de Dole. Il en a été président et une figure centrale pendant longtemps, partageant son enthousiasme pour les étoiles, organisant des observations, des initiations et des conférences. Il a contribué à faire découvrir le ciel nocturne à de nombreux habitants du territoire dolois, notamment lors d'événements comme les Nuits des Étoiles, intervenant dans des émissions radio (comme sur RCF Franche-Comté où il parlait des constellations).

Il était également membre actif de l'Université Ouverte de Dole, où il poursuivait son engagement dans la transmission des savoirs.

Que son souvenir perdure parmi tous ceux qui l'ont cotoyé, que ce soit autour d'un télescope ou dans les salles de cours.

Le Club d'Astronomie Les Pléiades de la MJC de Dole anime une observation publique le 21 mars 2026

À l'occasion de l'événement des Nuits de l'Équinoxe, le Club d'Astronomie de Dole propose une journée d'observation du ciel, le samedi 21 Mars prochain sur son terrain au 188, rue du Boichot.


Dans l’après-midi, de 14h30 à 18h, il sera proposé de regarder le soleil avec du matériel dédié, et le soir à partir de 20h, d'explorer la voûte céleste, avec au programme :
- repérage des constellations des ciels d'hiver (Orion, ...) et de Printemps (Lion, ...)
- observation du fin croissant lunaire (et sa lumière cendrée)
- observation des planètes Jupiter (et ses 4 principaux satellites) & Uranus (qui sera à la limite de la visibilité à l’œil nu)
- pointage et observation des objets du ciel profond (amas d'étoiles, nébuleuses et galaxies)

Possibilité d'apporter instrument pour pratiquer avec en partage avec tous.

La manifestation est libre et gratuite, destinée à tout public.
Si le temps n’est pas compatible avec l’observation, une modification de l'article sur le site du Club (ici) sera faite le matin du 21 mars annonçant le cas échéant l’annulation .

Lire l'article sur le Blog du Club

11 mars 2026

Des annotations de Galilée découvertes sur le traité d’astronomie de Ptolémée

En janvier, des notes figurant en marge d’une édition de l’« Almageste », écrit au IIᵉ siècle de notre ère par l’astronome grec, ont été identifiées comme étant de la main du savant italien. De quoi mieux comprendre le cheminement de sa pensée, qui le conduira à défendre le modèle héliocentrique de l’Univers.

Suivre la pensée de Galilée en mouvement – et quel mouvement ! C’est ce que nous propose cet exemplaire du célèbre traité d’astronomie de Claude Ptolémée, l’Almageste, écrit au IIe siècle de notre ère. Sur les marges de gauche et de droite de cette édition, imprimée à Bâle en 1551, nous pouvons voir d’intrigantes annotations serrées. Elles ont été tracées de la main même du génial savant italien de la Renaissance, vers 1590.

Lire l'article du journal Le Monde (réservé aux abonné mais qui vous est offert)

10 mars 2026

Une étrange explosion cosmique due à la collision de galaxies met en lumière des éléments lourds

Une brève et intense décharge d'énergie, détectée récemment, semble provenir des débris de galaxies en collision, selon une équipe internationale d'astronomes dirigée par des scientifiques de Penn State. Ce sursaut, baptisé GRB 230906A, a probablement été provoqué par la collision de deux étoiles à neutrons il y a des centaines de millions d'années et apporte aujourd'hui un éclairage nouveau sur la formation de certains des éléments les plus lourds de l'Univers.

Une étrange explosion venue de l'espace profond

Le signal, détecté pour la première fois par le satellite Fermi de la NASA en septembre 2023, appartenait à une classe particulière de sursauts gamma courts, des explosions si puissantes qu'elles éclipsent brièvement des galaxies entières.

Lire l'article sur notre Blog fourni par l'université d'État de Pennsylvanie, et aussi celui diffusé par la NASA : "La NASA découvre une collision stellaire extrême dans un endroit improbable."

L'Agence spatiale européenne enquête sur la boule de feu qui a frappé une maison allemande

L'Agence spatiale européenne a annoncé enquêter sur une boule de feu qui a traversé le ciel européen ce week-end avant de perforer, semble-t-il, le toit d'une maison allemande, y créant un trou de la taille d'un ballon de football.


Crédit : ALLSKY7 / Bernd Klemt – AMS76 Herkenrath/DE

Lire l'article sur notre Blog

09 mars 2026

Les galaxies du jour par Rodolphe Goldsztejn

 

Images captées le 8 mars 2026 depuis Dole (Brevans, Jura)
NGC 4725, NGC 4712 à sa gauche, et  NGC 4747 en bas à droite
A admirer aussi sur la page AstroBin de Rodolphe 

04 mars 2026

Rodolphe Goldsztejn s'inscrit en faux contre cette idée reçue : "On ne pas faire d'astrophotographie les nuits de pleine Lune."

Il est généralement conseillé soit d'attendre une période plus favorable, soit d'utiliser des filtres à bande étroite (S,H et O par exemple).

Rodolophe démontre le contraire, au travers de cette photo capturée par le 3 mars 2026, nuit de pleine Lune (visible aussi sur sa page AstroBin):


Capture réalisée près de Dole (Jura), nuit du 3 mars 2026, lunette de 130mm, caméra CMOS équipée de filtres LRGB - 8 heures d'exposition cumulées.

Il s'agit de la nébuleuse de Coddington, IC 2574, une belle galaxie dans la constellation de la Grande Ourse. Sa luminosité est très faible, magnitude de 14,7, on ne l'aperçoit pas dans un instrument d'amateur (en visuel) ou alors dans des conditions exceptionnelles avec un instrument tout aussi exceptionnel.

Evidemment, on ne va pas photographier dans une zone toute proche de la Lune, mais si on s'en écarte suffisamment, 60° ou plus, alors c'est "faisable". Les occasions d'observation sont tellement rares, alors... il ne faut pas hésiter.

Lettre de l'association d'Astronomie de Besançon (mars - avril 2026)

Consulter le nouveau numéro de la lettre de l'Association d'Astronomie de Franche-Comté de Besançon (AAFC).

Les activité de l'association sont disponibles sur https://www.aafc.fr

03 mars 2026

Image du jour : NGC 2903 par Rodolphe Goldsztejn

NGC 2903 dans la constellation du Lion, située à environ 8 millions d’années-lumière.


C’est une galaxie barrée, laquelle barre est bien visible au centre du tourbillon. NGC 2903 est isolée dans son environnement, c’est-à-dire qu’elle ne subit aucune influence gravitationnelle de la part d’autres galaxies. Elle flotte dans l’espace, en quelque sorte.

L’image est extraite d’un champ beaucoup plus large (cf. page RodAstro de Rodolphe) : capture depuis Dole (Brevans), dans la nuit du 24 février 2026, avec lunette 130 mm, caméra CMOS et filtres LRGB, pendant 8 heures d’exposition réparties sur les 4 filtres ; les détails d’acquisition de cette image sont aussi visibles à la page AstroBin de Rodolphe.

02 mars 2026

Un faucon cosmique

Cette image, prise par le Très Grand Télescope (VLT) de l'ESO, semble avoir capturé un faucon cosmique déployant ses ailes. Les nuages sombres au centre de l'image forment la tête et le corps de l'oiseau de proie, tandis que les filaments qui s'étendent de part et d'autre du corps composent ses ailes. En dessous, une nébuleuse bleue fascinante abrite de jeunes étoiles massives dont le rayonnement intense fait resplendir le gaz environnant.

L'image montre la nébuleuse RCW 36, située à environ 2 300 années-lumière dans la constellation des Voiles. Par une curieuse coïncidence, cette nébuleuse, qui ressemble à un faucon, a également été photographiée par un faucon : l' instrument HAWK-I du VLT. Si les étoiles les plus visibles sur cette image sont les jeunes étoiles massives et brillantes, les astronomes à l'origine de cette image s'intéressent en réalité davantage aux naines brunes, des étoiles très peu lumineuses et invisibles, « des objets incapables de fusionner l'hydrogène en leur cœur », explique Afonso do Brito do Vale, doctorant à l'Instituto de Astrofísica e Ciências do Espaço (Portugal) et au Laboratoire d'Astrophysique de Bordeaux (France), et principal auteur d' un article récent présentant cette image.

HAWK-I est parfaitement adapté à cette tâche. Il observe dans l'infrarouge, longueur d'onde où ces étoiles froides et ratées sont plus facilement repérables, et il peut corriger la turbulence atmosphérique grâce à l'optique adaptative , fournissant ainsi des images nettes comme celle-ci. Outre des données inestimables pour comprendre la formation des naines brunes, l'étude a produit une image saisissante d'« étoiles massives repoussant les nuages de gaz et de poussière qui les entourent, presque comme un animal brisant sa coquille pour la première fois », comme le décrit Brito do Vale. Qui sait, peut-être que le faucon cosmique veille sur ses jeunes étoiles, les protégeant de leur éclosion.

Fourni par l'ESO

28 février 2026

26 février 2026

Le télescope Webb de la NASA examine la nébuleuse du Crâne

Les dernières images du télescope spatial James Webb de la NASA révèlent de nouveaux détails d'une nébuleuse mystérieuse et peu étudiée entourant une étoile mourante.

La nébuleuse PMR 1 est un nuage de gaz et de poussière qui ressemble étrangement à un cerveau enfermé dans une boîte crânienne transparente, d'où son surnom de « nébuleuse du crâne exposé ». Le télescope Webb a capturé ses caractéristiques inhabituelles en lumière infrarouge proche et moyen. La nébuleuse avait été révélée pour la première fois en infrarouge par le télescope spatial Spitzer de la NASA, prédécesseur de Webb et aujourd'hui hors service, il y a plus de dix ans. Les instruments de pointe de Webb révèlent des détails qui accentuent l'apparence cérébrale de la nébuleuse.
 
Les différences entre ce que les instruments infrarouges du télescope Webb révèlent et ce qu'ils masquent au sein de la nébuleuse PMR 1 « Crâne exposé » sont évidentes sur cette image comparative. Davantage d'étoiles et de galaxies d'arrière-plan brillent dans l'image de NIRCam, tandis que la poussière cosmique apparaît plus intensément dans l'infrarouge moyen de MIRI. Image : NASA, ESA, ASC, STScI ; Traitement d'images : Joseph DePasquale (STScI)

La nébuleuse semble présenter des régions distinctes qui témoignent de différentes phases de son évolution : une enveloppe externe de gaz, éjectée en premier et composée principalement d'hydrogène, et un nuage interne plus structuré, contenant un mélange de différents gaz. Les instruments NIRCam (Near-Infrared Camera) et MIRI (Mid-Infrared Instrument) du télescope Webb révèlent une bande sombre caractéristique traversant verticalement le centre de la nébuleuse, lui conférant l'aspect d'un cerveau divisé en deux hémisphères. La résolution de Webb indique que cette bande pourrait être liée à une éruption ou à un jet de matière provenant de l'étoile centrale, phénomène qui se manifeste généralement par l'éjection de deux jets jumeaux dans des directions opposées. Ce phénomène est particulièrement visible au sommet de la nébuleuse sur l'image MIRI de Webb, où le gaz interne semble être éjecté vers l'extérieur.

Bien que cette nébuleuse recèle encore bien des mystères, il est clair qu'elle est créée par une étoile proche de la fin de sa vie. En fin de vie, les étoiles expulsent leurs couches externes. C'est un processus dynamique et relativement rapide à l'échelle cosmique. Le télescope Weber a capturé un instant du déclin de cette étoile. Son destin final dépendra de sa masse, encore inconnue. Si elle est suffisamment massive, elle explosera en supernova. Une étoile de type solaire, moins massive, continuera à perdre des couches jusqu'à ce qu'il ne reste plus que son noyau sous la forme d'une naine blanche dense, qui se refroidira au fil des éons.

Fourni par la NASA

25 février 2026

Image du jour : la galaxie NGC 2403 dans la Girafe, par Rodolphe Goldsztejn


La galaxie NGC 2403 dans la Girafe captée par Rodolphe à Brevans (Dole, Jura) le 24 février 2026 par une belle nuit
 après tant de jours maussades, visible aussi sur son site AstroBin

L'image la plus grande en son genre révèle la chimie cachée au cœur de la Voie lactée

Les astronomes ont réalisé une nouvelle image saisissante de la région centrale de notre Voie lactée, dévoilant un réseau complexe de filaments de gaz cosmique avec un niveau de détail sans précédent. Obtenue grâce à l'Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA), cette riche base de données — la plus grande image d'ALMA à ce jour — permettra aux astronomes d'étudier la vie des étoiles dans la région la plus extrême de notre galaxie, à proximité du trou noir supermassif situé en son centre.
« C'est un endroit aux conditions extrêmes, invisible à nos yeux, mais qui se révèle désormais avec un niveau de détail extraordinaire », explique Ashley Barnes, astronome à l'Observatoire européen austral (ESO) en Allemagne, qui fait partie de l'équipe ayant obtenu ces nouvelles données. Les observations offrent une vue unique du gaz froid — la matière première à partir de laquelle se forment les étoiles — dans la Zone Moléculaire Centrale (CMZ) de notre galaxie. C'est la première fois que le gaz froid de toute cette région est exploré avec un tel niveau de détail.

La région représentée sur la nouvelle image s'étend sur plus de 650 années-lumière. Elle abrite d'épais nuages de gaz et de poussière qui entourent le trou noir supermassif situé au centre de notre galaxie. « C'est le seul noyau galactique suffisamment proche de la Terre pour que nous puissions l'étudier avec autant de détails », explique Ashley Barnes. L'ensemble de données révèle la CMZ comme jamais auparavant, depuis les structures gazeuses s'étendant sur des dizaines d'années-lumière jusqu'aux petits nuages de gaz entourant des étoiles spécifiques.

Le gaz que l'ACES (ALMA CMZ Exploration Survey) explore spécifiquement est un gaz moléculaire froid. L'étude dévoile la chimie complexe de la CMZ, détectant des dizaines de molécules différentes, des plus simples comme le monoxyde de silicium aux plus complexes comme le méthanol, l'acétone ou l'éthanol.

Le gaz moléculaire froid s'écoule le long de filaments alimentant des amas de matière à partir desquels des étoiles peuvent se former. Nous savons comment ce processus se déroule dans les confins de la Voie lactée, mais dans la région centrale, les événements sont beaucoup plus extrêmes. « La CMZ abrite certaines des étoiles les plus massives connues dans notre galaxie, dont beaucoup vivent rapidement et meurent jeunes, terminant leur vie dans de puissantes explosions de supernovas, voire d'hypernovas », explique Steve Longmore, directeur de l'ACES et professeur d'astrophysique à l'université John Moores de Liverpool, au Royaume-Uni. Grâce à l'ACES, les astronomes espèrent mieux comprendre comment ces phénomènes influencent la naissance des étoiles et si nos théories sur la formation stellaire sont valables dans des environnements extrêmes.

« En étudiant comment les étoiles naissent dans la CMZ, nous pouvons également mieux comprendre comment les galaxies se sont développées et ont évolué », ajoute Steve Longmore. « Nous pensons que cette région partage de nombreuses caractéristiques avec les galaxies de l'Univers primitif, où les étoiles se formaient dans des environnements chaotiques et extrêmes. »

Pour collecter ce nouvel ensemble de données, les astronomes ont utilisé ALMA, exploité par l'ESO et ses partenaires dans le désert d'Atacama, au Chili. En fait, c'est la première fois qu'une zone aussi vaste est balayée par cette installation, ce qui en fait la plus grande image jamais obtenue par ALMA. Vue dans le ciel, la mosaïque — obtenue en assemblant de nombreuses observations distinctes, comme les pièces d'un puzzle — est aussi longue que trois pleines lunes côte à côte.

« Nous nous attendions à un niveau de détail élevé lors de la conception de l'étude, mais nous avons été véritablement surpris par la complexité et la richesse révélées dans la mosaïque finale », déclare Katharina Immer, astronome d'ALMA à l'ESO qui participe également au projet. Les données issues d'ACES sont présentées dans cinq articles acceptés pour publication dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, un sixième étant en phase finale de révision.

« La prochaine mise à niveau de la sensibilité à large bande d'ALMA, associée à l'Extremely Large Telescope de l'ESO, nous permettra bientôt d'explorer cette région encore plus en profondeur, en résolvant des structures plus fines, en retraçant des processus chimiques plus complexes et en explorant l'interaction entre les étoiles, le gaz et les trous noirs avec une clarté sans précédent », explique Ashley Barnes. « À bien des égards, ce n'est qu'un début. »

Communiqué de presse de l'ESO 
Lire ce communiqué de presse et les informations complémentaires sur le site de l'ESO

23 février 2026

Vera-C.-Rubin, l’observatoire qui va sonder les profondeurs de l’Univers

Imaginé il y a trente ans par un astronome américain, ce télescope d’un genre nouveau, installé au Chili, est prêt à entamer dix ans d’observation détaillée du ciel austral qui devraient bouleverser l’astronomie.

Lire l'article Du Monde (réservé aux abonnés, mais offert ici)

Lune rouge 2026 : l’éclipse lunaire du 3 mars expliquée

La Lune de sang de mars 2026 sera la seule éclipse lunaire totale de l’année, offrant aux observateurs du ciel une occasion rare de voir la Lune virer au rouge sombre. La prochaine éclipse lunaire totale après celle-ci n’aura pas lieu avant 2028, ce qui rend cet événement particulièrement à ne pas manquer.

Six planètes visibles en même temps fin février 2026

Les planètes seront alignées, littéralement, dans le ciel de cette fin du mois de février. Elles seront six à être visibles dans le ciel nocturne, et tout particulièrement durant ces prochaines semaines.

Visiter la page du site Futura

19 février 2026

Image du jour : Nébuleuse d'Orion par Fabien Pannaux

 


Nouveau traitement sous Pixinsight par Fabien, magnifiant une ancienne prise de vue de la Nébuleuse d'Orion

M42, la grande Nébuleuse d'Orion capturée en pleine ville, à Dole (Jura), à l'aide d'un télescope newton de 200x1000 avec simplement un reflex Canon au foyer. Coté traitement, la difficulté a été de ne pas surexposer le cœur de la nébuleuse afin de faire ressortir les détails et le trapèze : le résultat est magnifique, Fabien !

La comète Wierzchos visible au télescope en début de nuit... si le temps le permettait...

 


Lire l'article de Ciel & Espace (réservé aux abonnés mais disponible ici)

Webb cartographie la mystérieuse haute atmosphère d'Uranus

Pour la première fois, une équipe internationale d'astronomes a cartographié la structure verticale de la haute atmosphère d'Uranus, révélant comment la température et les particules chargées varient en fonction de l'altitude sur la planète. Grâce à l'instrument NIRSpec du télescope Webb, l'équipe a observé Uranus pendant presque une rotation complète, détectant la faible lueur des molécules situées bien au-dessus des nuages.
Ces données inédites dressent le portrait le plus détaillé à ce jour de la formation des aurores boréales, de leur influence par le champ magnétique inhabituellement incliné de la planète et du refroidissement continu de l'atmosphère d'Uranus au cours des trente dernières années. Publiés dans la revue Geophysical Research Letters , ces résultats offrent un nouvel éclairage sur la distribution de l'énergie dans les couches supérieures des planètes géantes de glace.

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Trop de satellites ? L’orbite terrestre se dirige vers une catastrophe, mais pouvons-nous l’empêcher ?

Le 30 janvier 2026, SpaceX a déposé une demande auprès de la Commission fédérale des communications des États-Unis pour une mégaconstellation pouvant compter jusqu'à 1 million de satellites destinés à alimenter des centres de données dans l'espace.
Le projet prévoit des satellites évoluant entre 500 et 2 000 kilomètres d'altitude en orbite terrestre basse. Certaines de ces orbites sont conçues pour une exposition quasi constante au rayonnement solaire. Le public peut dès à présent soumettre ses commentaires sur ce projet... du moins aux Etats-Unis...

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16 février 2026

Image du jour : vue magnifique de la Voie lactée

La Voie Lactée photographiée depuis l'observatoire de Paranal de l'ESO, situé dans le désert chilien d'Atacama. L'un des télescopes auxiliaires du Très Grand Télescope de l'ESO est encore en sommeil, son dôme sphérique étant fermé.
Dans l'Antiquité, on ignorait la nature exacte de la Voie lactée. On la nomma ainsi d'après son apparence : une bande laiteuse dans le ciel nocturne. C'est Galilée qui, le premier, pointa un petit télescope de sa fabrication vers cette structure. Il comprit alors que la Voie lactée était composée d'innombrables étoiles – une découverte révolutionnaire !

Notre compréhension de la Voie lactée a considérablement progressé : elle compte entre 100 et 400 milliards d’étoiles de tous âges, masses et couleurs. Situé dans un bras spiral, à 25 000 années-lumière du centre, notre Soleil fait de la Voie lactée notre galaxie. De cette position, nous pouvons observer très clairement le centre galactique , comme le montre cette image prise par l’astrophotographe chilien Alexis Trigo. De larges bandes de nuages sombres sont visibles. Ces nébuleuses obscures bloquent la lumière des étoiles situées derrière elles, créant ainsi l’illusion d’une moindre densité d’étoiles dans cette région.

15 février 2026

Fabriquer de l’oxygène avec le sol lunaire : le futur de l’exploration spatiale ?

Alors que les projets de retour sur la Lune se multiplient, et cette fois-ci pour s’y implanter durablement, comment respirer sur un astre sans atmosphère ? La réponse se trouve peut-être dans la poussière qui recouvre notre satellite.
Environ 40 à 45 % de la masse du régolithe est donc composée d’oxygène, ce qui en fait l’élément le plus abondant à la surface de la Lune. L’oxygène est omniprésent, mais il n’existe pas sous forme gazeuse comme dans l’atmosphère terrestre. Pour libérer l’oxygène, il faut briser les liaisons chimiques qui l’attachent aux autres éléments dans les oxydes du sol lunaire. 

13 février 2026

Lancement de la mission Crew-12 de SpaceX (NASA) vers la Station spatiale internationale avec la Française Sophie Adenot

Une fusée Falcon 9 de SpaceX a placé en orbite un vaisseau spatial Dragon transportant les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway, l'astronaute de l'ESA (Agence spatiale européenne) Sophie Adenot et le cosmonaute de Roscosmos Andrey Fedyaev.

 
Fourni par la NASA

Regardez :

12 février 2026

Image du jour : la Nébuleuse de la Rosette par Rodolphe Goldsztejn

 

La nébuleuse de la “Rosette” (Sh 2-173), ici photographiée en bande étroite SHO, est une cible populaire de la constellation de la Licorne. Un peu moins de 5 heures d’exposition totale pour la faire ressortir correctement, dans un ciel exceptionnel en début février 2026, depuis Doucier, dans le Jura, grâce à une ouverture météo favorable et un ciel lavé par la pluie.

A admirer sur la page AstroBin de Rodolphe et sur son site RodAstro.

Ariane 6 s'est envolée de Kourou pour la constellation Amazon LEO…Premier vol de la fusée européenne dans sa version à quatre propulseurs

Après cinq vols réussis pour Ariane 6 à deux boosters, la nouvelle version du lanceur européen, équipée de quatre propulseurs d’appoint, a décollé ce 12 février 2026 après-midi de Kourou ! Le lanceur, opéré par Arianespace, a mis en orbire 32 satellites de la constellation Amazon LEO.

06 février 2026

Image du jour : Hubble repère une galaxie en forme de lentille

Cette nouvelle image du télescope Hubble, publiée le 30 janvier 2026, est la plus nette jamais prise de NGC 7722, une galaxie lenticulaire située à environ 187 millions d'années-lumière dans la constellation de Pégase. Une galaxie lenticulaire, c'est-à-dire en forme de lentille, est un type de galaxie dont la classification se situe entre les galaxies spirales et les galaxies elliptiques, plus connues. Elle est également moins fréquente que les spirales et les elliptiques, notamment parce que ces galaxies ont une apparence parfois ambiguë, ce qui rend difficile de déterminer s'il s'agit d'une spirale, d'une elliptique ou d'un type intermédiaire.

Bien qu'elle n'abrite pas autant de jeunes étoiles qu'une galaxie spirale, NGC 7722 présente une activité certaine : en 2020, elle a été le théâtre de l'explosion d'une étoile détectée depuis la Terre par les astronomes. SN 2020SSF était une supernova de type Ia, un phénomène qui se produit lorsqu'une naine blanche d'un système binaire absorbe suffisamment de matière de son étoile compagne pour la rendre instable et provoquer son explosion. Ces explosions produisent une luminosité remarquablement constante : en mesurant leur luminosité apparente depuis la Terre et en la comparant à leur luminosité intrinsèque, les astronomes peuvent déterminer leur distance. Les supernovae de type Ia constituent l'un des meilleurs moyens de mesurer les distances des galaxies ; comprendre précisément leur mécanisme est donc crucial pour l'astronomie.

Prise par la caméra grand champ 3 du télescope spatial Hubble , cette image a été obtenue dans le cadre d'un programme d'observation (n° 16691 , chercheur principal : RJ Foley) portant sur des supernovae récentes. SN 2020SSF n'est pas visible sur cette image. Les chercheurs ont délibérément observé NGC 7722 deux ans après la disparition de la supernova afin d'observer ses effets résiduels et d'examiner son environnement, ce qui n'est possible qu'une fois la lumière intense de l'explosion dissipée. Grâce à la vision précise de Hubble, les astronomes peuvent rechercher des matières radioactives créées par la supernova, répertorier ses voisines pour aider à déterminer l'âge de l'étoile d'origine et rechercher l'étoile compagne qu'elle a laissée derrière elle – le tout à près de 200 millions d'années-lumière de la Terre.

Fourni par l'ESA

05 février 2026

Image du jour : M 42, LE GRAND OISEAU D'ORION

Chaque nuit claire d'hiver nous offre une superbe toile céleste à contempler : la nébuleuse d'Orion. Mais prend-on vraiment le temps de l'admirer en détail ? Amateurs débutants ou confirmés, la revue Ciel et Espace vous propose de redécouvrir Messier 42
Lire l'article de Ciel & Espace (réservé aux abonnés, reproduit  temporairement ici)

04 février 2026