12 janvier 2026

« J'étais complètement dépassé... »

« … tellement la beauté du spectacle m’a subjugué que j’en ai oublié tout le reste », confie Julien Looten, astrophotographe français. 
Lors de sa visite du Très Grand Télescope de l’ESO à Cerro Paranal, au Chili, il a immortalisé ce cliché extraordinaire. Cette photo révèle l’impression saisissante qu’il a eue devant l’un des ciels les plus purs de la planète.

Cette image est un panorama à 360 degrés pris de nuit. On y observe une grande richesse de détails : en partant de la gauche, on distingue au sol un petit dôme et quatre plus grands, reliés par une sorte de piste d'atterrissage. Deux lumières jaunes émergent du grand dôme de droite et se rejoignent dans une partie du ciel nocturne. Derrière les quatre bâtiments situés à gauche, une faible lueur blanche est visible. À droite de l'image, une autre piste d'atterrissage pointe vers un dôme plus petit. À l'horizon, une lueur verte et rouge se dessine, autour de laquelle se trouvent deux objets nébuleux peu lumineux. Au-dessus de cette zone s'étend une bande claire d'étoiles et de taches sombres : la Voie lactée. Dans la partie supérieure de l'image, on distingue quelques étoiles éparses.

Ce panorama à 360 degrés montre la Voie lactée s'étendant au-dessus d'un télescope auxiliaire du VLT, avec les deux Nuages ​​de Magellan à proximité. Le faible scintillement vert et rouge à l'horizon est la luminescence atmosphérique, une lumière naturellement émise par l'atmosphère et visible uniquement sous un ciel très sombre. Pour compléter le tableau, l'un des télescopes unitaires du VLT projette des faisceaux laser dans le ciel afin de corriger le flou causé par la turbulence atmosphérique. À gauche, on aperçoit également la lumière zodiacale , qui s'étend comme un pinceau blanc dans le ciel.

« Venant du nord de la France, où le ciel est souvent nuageux et gâché par la pollution lumineuse, le contraste à l'arrivée au Chili était saisissant : un ciel d'une pureté absolue, exempt de toute lumière artificielle, avec le bulbe galactique brillant au zénith … », raconte Julien. « L'ESO nous a offert une opportunité vraiment unique, et cette nuit restera gravée dans nos mémoires comme l'une des plus belles de notre vie. »

08 janvier 2026

La science fascinante qui se cache derrière la poussière martienne

Mars, souvent représentée comme une planète rouge et aride, est loin d'être dépourvue de vie. Avec sa fine atmosphère et sa surface poussiéreuse, c'est un environnement énergétique et chargé électriquement où les tempêtes et les tourbillons de poussière remodèlent sans cesse le paysage, créant des processus dynamiques qui fascinent les scientifiques.

Modèle conceptuel du cycle global du chlore à la surface et dans l'atmosphère de Mars, ainsi que des carbonates atmosphériques, compatible avec les résultats de la présente étude (transfert des signatures isotopiques). Crédit : Earth and Planetary Science Letters (2026)
La planétologue Alian Wang a mis en lumière, à travers une série d'articles, l'activité électrisante des poussières martiennes. Ses dernières recherches, publiées dans Earth and Planetary Science Letters , explorent les conséquences géochimiques isotopiques de cette activité.

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05 janvier 2026

Lettre de l'association d'Astronomie de Besançon (janvier - février 2026)

 Consulter le nouveau numéro de la lettre de l'Association d'Astronomie de Franche-Comté de Besançon (AAFC).


Les activité de l'association sont disponibles sur https://www.aafc.fr

Le télescope spatial Webb identifie la plus ancienne supernova jamais observée

James Webb a capturé l’explosion d'une étoile massive, lorsque l’Univers n’avait que 5% de son âge actuel. Et ce, grâce à l’aide du satellite franco-chinois SVOM !
Les observations rapides du télescope spatial James Webb (appelé aussi Webb ou JWST) ont permis de détecter la galaxie hôte d’une supernova, une étoile massive en fin de vie. Ces observations vérifient ainsi les données recueillies par les télescopes du monde entier, qui avaient suivi mi-mars l’indicateur de l’explosion de cette étoile, appelé « sursaut gamma ». Ce qui est exceptionnel, c’est que l’étoile identifiée par Webb s’est éteinte alors que l’Univers n’avait que 730 millions d’années, soit 5% de son âge actuel ! C’est la première fois que le télescope, pour lequel le CNES a fourni l’imageur Mirim, observe un événement aussi lointain et aussi ancien.

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Cette enquête donne aux astronomes matière à réflexion.

La formation d'une étoile est un processus complexe et peu efficace. Selon les connaissances actuelles, une pouponnière d'étoiles doit présenter une densité minimale de gaz et de poussière pour qu'une étoile puisse s'y former. Seuls 1 à 2 % du gaz et de la poussière contenus dans ces nuages ​​sont utilisés pour l'allumage d'une étoile. Mais des régions encore plus denses pourraient-elles être plus efficaces pour la formation d'étoiles ?

L'ESO présente ici GAL316, l'une des nombreuses pouponnières d'étoiles observées par une équipe d'astronomes pour répondre à cette question. Cette région fait partie du projet CAFFEINE – un outil précieux pour les astronomes – réalisé grâce à la caméra ArTéMiS de l'Atacama Pathfinder Experiment ( APEX ), un radiotélescope situé sur le plateau de Chajnantor. Désormais exploité par l'Institut Max Planck de radioastronomie, ce télescope capte la faible lueur des nuages ​​de gaz froid, visible ici sous forme d'une lueur bleue. Cette lueur a été superposée à un fond étoilé capturé par le télescope VISTA de l'ESO.

Les résultats de l'étude montrent que, contrairement aux astronomes, qui deviennent plus efficaces avec un peu de caféine, les régions les plus denses observées grâce à cette étude CAFFEINE ne semblent pas plus efficaces pour produire des étoiles que n'importe quelle autre pouponnière d'étoiles au-dessus de la densité minimale.

03 janvier 2026

Image du jour : la Pince de Homard par Rodolphe Goldsztejn

La Pince de Homard, dans Cassiopée, nébuleuse captée par Rodolphe
depuis Bonlieu (Jura) en toute fin de décembre 2025.

02 janvier 2026

Starlink baisse d’altitude : quand l’orbite commence à saturer...

Le 2 janvier, Michael Nicolls, vice-président de l’ingénierie chez Starlink, a publié sur X une annonce présentée comme une prouesse technique : 4 400 satellites Starlink vont perdre 70 kilomètres d’altitude en 2026, passant de 550 à 480 km au-dessus de la Terre. Une manœuvre massive, inédite pour une entreprise privée, et surtout révélatrice d’une réalité que l’industrie spatiale commence à regarder en face : l’orbite basse est en train de se saturer.
Cette décision intervient quelques semaines après un événement beaucoup moins maîtrisé. En décembre, un satellite Starlink a explosé en orbite à 418 km d’altitude. SpaceX a parlé d’« anomalie », terme pudique pour décrire une déflagration interne ayant provoqué une chute brutale de l’objet et la libération de débris dans une zone déjà très fréquentée. Pour une constellation qui revendique une fiabilité quasi parfaite, l’incident rappelle que le risque zéro n’existe pas, surtout à cette échelle.

Dans son message, Nicolls n’évoque pas frontalement la Chine, mais le sous-texte est clair. Quelques jours plus tôt, il dénonçait déjà des lancements chinois non coordonnés ayant frôlé la collision avec un satellite Starlink. Abaisser l’altitude permettrait, selon lui, de mieux gérer les manœuvres et de limiter les conséquences de comportements non concertés. La diplomatie spatiale s’exprime parfois par des changements d’orbite.

Avec près de 10 000 satellites actifs, SpaceX domine aujourd’hui largement l’orbite basse et s’est mué en géant mondial des télécommunications : millions d’abonnés, services Direct-to-Cell, satellites de nouvelle génération promis à Starship. Mais cette hégémonie attire les concurrents. Chine, Europe et acteurs privés préparent à leur tour des constellations comptant des dizaines de milliers d’engins.

L’espace circumterrestre vit une ruée comparable à celle vers l’or. Les opportunités sont immenses, mais sans coordination renforcée, le risque de chaos orbital devient bien réel.

01 janvier 2026

Le télescope spatial Chandra de la NASA célèbre le Nouvel An avec le Cluster Champagne

Le Nouvel An célébré avec l'« amas Champagne », un amas de galaxies visible sur cette nouvelle image prise par l'observatoire spatial Chandra de la NASA et des télescopes optiques.


Les astronomes ont découvert cet amas de galaxies le 31 décembre 2020. Cette date, combinée à l'apparence de bulles des galaxies et au gaz surchauffé observé par Chandra (représenté en violet), a incité les scientifiques à surnommer l'amas de galaxies l'amas Champagne, un nom beaucoup plus facile à retenir que sa désignation officielle RM J130558.9+263048.4. La nouvelle image composite montre que l'amas Champagne est en réalité composé de deux amas de galaxies en cours de fusion pour former un amas encore plus grand.

Un article décrivant ces résultats est paru dans The Astrophysical Journal . Les auteurs de cet article sont Faik Bouhrik, Rodrigo Stancioli et David Wittman, tous trois de l'Université de Californie à Davis.

Le gaz à plusieurs millions de degrés des amas de galaxies prend généralement une forme plus ou moins circulaire ou ovale sur les images, mais dans l'amas Champagne, il est plus largement étalé verticalement, révélant la présence de deux amas en collision. Deux groupes de galaxies individuelles, constituant ces amas en collision, sont visibles en haut et en bas du centre. (L'image a été pivotée de 90 degrés dans le sens horaire, le nord pointant vers la droite.)

La masse du gaz chaud dépasse celle de toutes les galaxies individuelles (plus d'une centaine) qui composent cet amas en formation. Ces amas contiennent également des quantités encore plus importantes de matière noire invisible, cette substance mystérieuse qui imprègne l'univers.

En plus des données Chandra, cette nouvelle image contient des données optiques provenant des relevés Legacy (rouge, vert et bleu), qui consistent en trois relevés individuels et complémentaires effectués à l'aide de différents télescopes en Arizona et au Chili.

L'amas Champagne fait partie d'une classe rare d'amas en fusion, qui comprend le célèbre amas Bullet, où le gaz chaud de chaque amas est entré en collision et a ralenti, et où il existe une séparation nette entre le gaz chaud et la galaxie la plus massive de chaque amas.

En comparant les données avec des simulations informatiques, les astronomes ont abouti à deux hypothèses concernant l'histoire de l'amas Champagne. Selon la première, les deux amas seraient entrés en collision il y a plus de deux milliards d'années. Après cette collision, ils se seraient éloignés l'un de l'autre, puis auraient été attirés l'un vers l'autre par la gravité, et seraient désormais en train d'entrer en collision une seconde fois.

L'autre hypothèse est qu'une collision unique s'est produite il y a environ 400 millions d'années, et que les deux amas s'éloignent désormais l'un de l'autre suite à cet événement. Les chercheurs pensent que des études plus approfondies de l'amas Champagne pourraient leur permettre de mieux comprendre comment la matière noire réagit à une collision à grande vitesse.

Pour plus d'informations : Faik Bouhrik et al., « Découverte et analyse multi-longueurs d'onde d'une nouvelle fusion dissociative d'amas de galaxies : l'amas Champagne », The Astrophysical Journal (2025). DOI : 10.3847/1538-4357/ade67c

Fourni par la NASA

31 décembre 2025

Image du jour : Le JWST capture des galaxies spirales en collision

Les observations infrarouges moyennes du télescope spatial James Webb de la NASA, représentées en blanc, gris et rouge, sont ici combinées aux données de rayons X de l'observatoire spatial Chandra de la NASA, mises en évidence en bleu. Ensemble, ces différentes longueurs d'onde révèlent une vue détaillée et stratifiée d'une paire de galaxies spirales en collision, capturée dans une image publiée le 1er décembre 2025.
Il y a des millions d'années, ces galaxies se sont frôlées, leur attraction gravitationnelle mutuelle déformant leurs bras spiraux et déclenchant des processus énergétiques détectables sur l'ensemble du spectre électromagnétique. Les données infrarouges du télescope Webb permettent de mettre en lumière la poussière chaude et les régions de formation d'étoiles, tandis que les observations en rayons X de Chandra révèlent la présence de gaz extrêmement chauds et d'une activité de haute énergie engendrée par cette interaction.

Bien que cette rencontre ait été brève à l'échelle cosmique, ses conséquences se feront sentir sur des milliards d'années. Progressivement, les deux galaxies spirales perdront de l'énergie et se rapprocheront, finissant par fusionner en une seule galaxie plus grande, remodelée par leur longue et complexe interaction gravitationnelle.

Fourni par la NASA

29 décembre 2025

Vidéo : Survolez les paysages cosmiques du télescope Webb

 
 À l'occasion de l'anniversaire du lancement du télescope spatial James Webb (NASA/ESA/ASC), l'ESA présente une compilation unique de zooms sur des vues cosmiques époustouflantes : un voyage exceptionnel comme à bord d’un vaisseau spatial virtuel, cette vidéo explore les profondeurs interstellaires de notre univers, avec des nébuleuses colorées et des pouponnières d’étoiles dynamiques au sein de notre galaxie, puis, plus loin encore, jusqu’aux confins du cosmos, des galaxies en interaction et d'immenses amas de galaxies.

Le télescope spatial Webb, le plus grand jamais construit, a été lancé le jour de Noël 2021 par une fusée Ariane 5 depuis le Centre spatial guyanais. Il a effectué ses premières observations scientifiques en juillet 2022. Depuis, ce puissant télescope explore inlassablement l'univers, du voisinage solaire aux galaxies les plus lointaines.

Fourni par l'ESA

26 décembre 2025

Une danse de galaxies : le JWST capture des galaxies naines en interaction

Le télescope spatial James Webb de la NASA a capturé deux galaxies naines voisines interagissant l'une avec l'autre sur cette image publiée le 2 décembre 2025.
Les galaxies naines peuvent nous éclairer sur les galaxies de l'univers primitif , que l'on pensait moins massives que des galaxies comme la Voie lactée, et qui contiennent également beaucoup de gaz, relativement peu d'étoiles, et généralement de petites quantités d'éléments plus lourds que l'hélium.

L'observation de la fusion de galaxies naines peut nous renseigner sur la façon dont les galaxies d'il y a des milliards d'années ont pu croître et évoluer.

Fourni par la NASA

20 décembre 2025

Image du Jour : Webb capture des étoiles naines dans un ciel scintillant

La dernière image du mois de l'ESA/Webb pour 2025 met en lumière une région aux allures festives, parsemée de nuages de gaz incandescents et de milliers d'étoiles scintillantes. Cet amas stellaire, nommé Westerlund 2, se situe dans la région de formation d'étoiles appelée Gum 29, à 20 000 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Carène.

Cette image de Westerlund 2 est issue des données de la caméra proche infrarouge (NIRCam) et de l'instrument infrarouge moyen (MIRI) du télescope spatial James Webb (NASA/ESA/ASC). Cet amas stellaire, d'un diamètre compris entre 6 et 13 années-lumière, abrite certaines des étoiles les plus chaudes, les plus brillantes et les plus massives de notre galaxie, la Voie lactée. Il figurait également sur l' image du 25e anniversaire du télescope Hubble en 2015.

Cette nouvelle image du télescope Webb révèle un amas brillant et éclatant, situé en haut de la scène, composé de jeunes étoiles massives dont la lumière intense structure l'ensemble. En dessous et autour d'elles, des tourbillons de gaz orangé et rouge forment des parois sculptées et des nuages ​​enchevêtrés – une matière repoussée, érodée et illuminée par le puissant rayonnement de l'amas. Disséminées dans toute l'image, d'innombrables étoiles minuscules commencent à peine à briller, certaines encore entourées du gaz et de la poussière qui les ont formées. Les teintes bleues et roses pâles sont des filaments de matière plus ténue qui dérivent entre les nuages ​​plus denses.

Éparpillées dans le champ, de nombreuses étoiles brillantes, bien plus proches de nous, dessinent des motifs nets et stellaires grâce à l'optique du télescope Webb. Il en résulte un portrait saisissant d'une pouponnière d'étoiles en pleine activité, où l'énergie intense des jeunes étoiles sculpte des formes spectaculaires dans la nébuleuse environnante et alimente le cycle incessant de la formation stellaire.

Ces nouvelles observations de Westerlund 2 réalisées par le télescope Webb ont révélé, pour la première fois, la population complète de naines brunes au sein de ce jeune amas stellaire extrêmement massif, y compris des objets d'une masse équivalente à environ 10 fois celle de Jupiter. Ces données permettent aux astronomes d'identifier plusieurs centaines d'étoiles possédant des disques protoplanétaires à différents stades d'évolution, contribuant ainsi à notre compréhension de l'évolution des disques et de la formation des planètes dans de tels jeunes amas massifs. Cette image a été réalisée à partir des données du programme n° 3523 du télescope Webb (M. Guarcello), dans le cadre du relevé étendu des amas ouverts de Westerlund 1 et 2 (EWOCS).

Édité par Lisa Lock, relu par Andrew Zinin
Fourni par l'Agence spatiale européenne

18 décembre 2025

Le solstice d'hiver

Dimanche 21 décembre est le jour le plus court de l'année au nord de l'équateur, où le solstice marque le début de l'hiver astronomique. C'est l'inverse dans l'hémisphère sud, où c'est le jour le plus long de l'année et où l'été commence.

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17 décembre 2025

Succès du lancement d'Ariane 6 de ce jour

Le jeudi 17 décembre au matin, La fusée Ariane 6 a décollé de Kourou en Guyane pour lancer deux nouveaux satellites Galileo, l'équivalent européen du GPS américain. Ces satellites vont rejoindre la constellation Galileo déjà composée d'une trentaine d'engins, situés à 23 000 kilomètres l'altitude, dont on reçoit les signaux au quotidien sur nos smartphones. 

Le système Galileo est en effet connecté avec presque tous les téléphones portables pour la géolocalisation. Galileo permet de se localiser avec plus de précisions que son concurrent américain, le GPS, à savoir autour d'un mètre d'erreur contre cinq. A l'instar du GPS, Galileo a de plus un service de haute précision réservé à un usage professionnel capable de localiser un objet partout sur Terre à 20 centimètres près.

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14 décembre 2025

Image du jour : les Géminides à Jouhe (Jura) par Nicolas Rossetto

Les Géminides sont une pluie d’étoiles filantes observable chaque mois de décembre. Dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 décembre, Nicolas Rossetto, du club d’astronomie de Dole a pu capturer un « bolide », une étoile filante particulièrement lumineuse.
Lire l'article du Progrès et visiter le site Flickr de Nicolas

13 décembre 2025

Image du jour : Hubble vise une galaxie de l’amas galactique de la Vierge, NGC4388

Lorsque le télescope spatial Hubble vise une galaxie de l’amas galactique de la Vierge voisin du notre, il en offre une vision très détaillée.

Il s’agit ici de NGC4388, une belle spirale située à 61,2 millions d’années-lumière, et découverte en 1784 par William Herschel. Ce n’est pas la galaxie la plus lumineuse de l’amas mais sa magnitude 11 la rend tout à fait accessibles à des télescopes de 200 à 250 mm. Seulement, à l’oculaire de ces instruments, l’observation dévoile seulement une silhouette grise diffuse, allongée, sans autre détail. 

Cette photo au contraire livre beaucoup d’informations en résolution mais aussi en palette de couleurs. Celles-ci sont accentuée par l’utilisation de 8 filtres différents allant de l’ultraviolet jusqu’à l’infrarouge. En fait, de nouvelles observations ont été ajoutées à des images plus anciennes prises par Hubble en 2016 et cette nouvelle image dévoile des panaches de gaz chaud s’échappant de la galaxie en direction du coin inférieur droit de l’image. La source d’énergie capable d’ioniser ce nuage de gaz serait le disque d’accrétion chaud autour du trou noir central.

(c) Ciel & Espace

06 décembre 2025

Les mégaconstellations de satellites menacent aussi l'astronomie spatiale

Ces cinq dernières années ont été marquées par une augmentation sans précédent du nombre de satellites en orbite autour de la Terre. On commence à peine à en comprendre les répercussions, à l'heure où les débris en orbite sont déjà en tel nombre qu'un micro-impact a récemment empêché le dernier équipage chinois de rentrer sur Terre avec la capsule prévue.
 
Une chose est sûre : le ciel nocturne est en pleine mutation, et les astronomes sont aux premières loges pour en être témoins. Vu du sol, cette flambée satellitaire se manifeste par des traînées lumineuses sur les images astronomiques des grands télescopes, dues à la réflexion de la lumière solaire par les satellites lors de leur déplacement dans le ciel. Mais il n'y a pas que les télescopes terrestres qui sont impactés. Dans un article venant de paraître dans Nature, une équipe de chercheurs montre que la prolifération des satellites a et aura également un impact très important sur les télescopes en orbite.

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Il y a longtemps, Mars possédait d'immenses bassins versants, désormais cartographiés

Que peuvent apprendre les systèmes de drainage cartographiés sur Mars sur le passé aquatique de la planète rouge ? C’est la question à laquelle tente de répondre une étude récente publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Une équipe de scientifiques de l’Université du Texas à Austin (UT Austin) a mené une étude cartographique inédite des bassins fluviaux martiens.
Cette étude pourrait non seulement éclairer la situation sur Mars à ses débuts et la quantité d’eau qui y existait autrefois, mais aussi permettre de développer de nouvelles méthodes de cartographie des anciens bassins fluviaux sur Mars et potentiellement sur d’autres planètes.

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05 décembre 2025

Des images en gros plan montrent comment les étoiles explosent en temps réel.

Des astronomes ont capturé des images de deux explosions stellaires – des novae – quelques jours seulement après leur éruption et avec une précision sans précédent. Cette découverte majeure apporte la preuve directe que ces explosions sont plus complexes qu'on ne le pensait, avec de multiples éjections de matière et, dans certains cas, des retards considérables dans le processus d'éjection.


L' étude internationale , publiée dans la revue Nature Astronomy , a utilisé une technique de pointe appelée interférométrie au Centre d'astronomie à haute résolution angulaire (CHARA Array) en Californie. Cette approche a permis aux scientifiques de combiner la lumière de plusieurs télescopes, atteignant ainsi la résolution nécessaire pour imager directement les explosions en évolution rapide.

04 décembre 2025

La Chine imite SpaceX et atteint l'orbite, mais l'atterrissage échoue au dernier moment

La fusée réutilisable chinoise Zhuque-3 explose lors de son premier atterrissage.

L'entreprise spatiale privée chinoise LandSpace a échoué mercredi à récupérer le premier étage de sa fusée Zhuque-3, marquant cependant une première tentative historique pour la Chine dans la course à la réutilisabilité orbitale.

La société pékinoise LandSpace, figure de proue du secteur spatial commercial chinois, vient de vivre un baptême du feu mitigé. Sa nouvelle fusée Zhuque-3 a certes atteint l'orbite terrestre basse comme prévu, mais l'atterrissage du premier étage s'est achevé dans une spectaculaire boule de feu dans le désert de Gobi. Cette défaillance illustre la difficulté à reproduire l'exploit que SpaceX et Blue Origin sont désormais seuls à maîtriser.

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03 décembre 2025

Image du jour : la galaxie NGC 4236, dans le Dragon, par Rodolphe Goldsztejn


 NGC 4236, dans le Dragon, en avril dernier, captée pendant plus de 21 heures de pose... et traitée ces derniers jours sous Pixinsight : Rodolphe l'a qualifie d'ingrate tant il est très difficile d'en faire ressortir les couleurs malgré moult efforts…

Pourquoi le temps ne s’écoule pas au même rythme sur Mars et sur Terre

Synchroniser les horloges entre la Terre et Mars sera indispensable pour les futures missions habitées. Mais la relativité complique sérieusement l’exercice : en raison des champs de pesanteur différents et de leurs vitesses orbitales, les horloges martiennes avancent d’environ 477 microsecondes par jour. Un écart qui varie en plus au fil de l’année martienne.

Le véritable enjeu n’est pas tant de définir l’heure locale (la journée martienne dure 24 heures et 36 minutes) que de réussir à synchroniser des horloges entre Mars et la Terre. Ce sera notamment indispensable pour communiquer de manière fluide depuis la Terre avec un équipage présent sur la planète rouge. Des chercheurs du National Institute of Standards and Technology (NIST) se sont donc attelés à cette tâche bien plus compliquée que prévu… Leurs travaux ont été publiés dans la revue The Astronomical Journal.

Lire l'article de Sciences et Avenir

Superlune, lune de sang, lune bleue : quelles sont les différences entre tous ces types de pleine lune ?

A l’occasion de la superlune, dans la nuit de jeudi à vendredi, « Le Monde » fait le point sur ce que dit l’astronomie des différentes teintes ou tailles que peuvent prendre les pleines lunes.

Compagne de notre planète depuis leur formation commune, la Lune est, avec le Soleil, le seul astre que l’ensemble des êtres humains ayant peuplé la Terre a observé. Il n’est donc pas étonnant que l’on retrouve la Lune dans la majorité des cultures, tant sa présence a eu de l’influence sur les sociétés humaines.

Lire l'article Du Monde (réservé aux abonnés mais qui est offert ici)

02 décembre 2025

Un « monstre » solaire émerge : aurores boréales en vue ?

Un groupe de taches solaires d’une taille exceptionnelle vient de surgir au limbe du Soleil. Leur activité pourrait offrir un spectacle rare d’aurores boréales… mais aussi entraîner quelques perturbations sur Terre.
Lire l'article de Ciel & Espace

01 décembre 2025

SoHO : 30 ans à scruter le ciel et une moisson exceptionnelle

Lancé pour deux ans en 1995, SoHO aura passé trois décennies à photographier chaque souffle du Soleil. La mission s’arrêtera le 31 décembre 2025, laissant une moisson scientifique unique.
Le 31 décembre 2025, le satellite SoHO enverra ses dernières données et quittera une scène qu’il n’aurait jamais dû occuper aussi longtemps. Mis en orbite par la Nasa et l’ESA en décembre 1995, l’observatoire solaire avait été pensé pour une courte mission, deux ans à peine. Il en aura finalement accompli 30, illustrant presque deux cycles solaires complets et devenant la référence mondiale pour la surveillance de notre étoile.
Son arrêt programmé refermera une aventure scientifique à la longévité aussi inattendue que prolifique.

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30 novembre 2025

Image du jour : la Nébuleuse du Voile par Rodolphe Goldsztejn


 Rodolphe a fait plusieurs traitements sur cette prise de vue, accessibles sur son site AstroBin

La danse des télescopes et des rayons gamma

L’installation de télescopes de grande taille aux Canaries pousse des astronomes à jouer les alpinistes. Objectif de ces instruments : étudier des objets et des événements très lointains tels que les sursauts gamma et les noyaux actifs de galaxies. Un reportage du CNRS en partenariat avec Le Monde.

29 novembre 2025

Une simulation de la Voie lactée d'une précision jamais atteinte : 100 milliards d'étoiles !

La Voie lactée a enfin pu être simulée de manière précise et plus rapide, et ce grâce notamment à l'intelligence artificielle, pour atteindre une résolution gigantesque de 100 milliards d'étoiles ! Cette prouesse technologique pourrait nous en apprendre davantage sur l'évolution de notre galaxie.
Une galaxie est une structure gravitationnelle extrêmement complexe, composée de gaz, d’étoiles et de matière noire. Les simulations numériques sont un moyen de mieux comprendre l'histoire galactique, notamment la formation des structures comme le disque ou la distribution de la matière sombre permettant d'estimer la masse totale. Âgée d'au moins 12 milliards d'années, la Voie lactée est particulièrement difficile à simuler : son évolution nécessite des temps de calcul que même les super-ordinateurs les plus puissants peinent à fournir. Plusieurs tentatives ont déjà été réalisées, mais elles ne prenaient en compte qu’environ 100 millions d’étoiles et requéraient des durées de calcul irréalistes : en effet, simuler un milliard d’années d’évolution galactique nécessiterait près de 36 ans sur les machines actuelles. Jusqu'ici, un milliard de particules simulées constituait la capacité limite des supercalculateurs les plus performants.

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Airbus a demandé à ses clients le 28 novembre 2025 d’« arrêter immédiatement les vols » de 6 000 A320, en raison d’une vulnérabilité aux radiations solaires

Les faits

  • La demande d'Airbus repose sur une vulnérabilité critique : Les systèmes de commande de vol de la famille A320 peuvent être affectés par des radiations solaires intenses, entraînant une corruption de données potentiellement dangereuse. Des recherches suggèrent que cela pourrait causer des mouvements non commandés des gouvernes, risquant la sécurité des vols.
  • L'incident déclencheur met en lumière le risque : Un vol JetBlue en octobre 2025 a connu une descente soudaine due à cette corruption, liée à une activité solaire élevée, sans dommage mécanique apparent. Cela a alerté les autorités sur une sensibilité accrue lors d'orages magnétiques.
  • Les éruptions solaires récentes amplifient le problème : Les tempêtes magnétiques de novembre 2025, issues d'éruptions solaires intenses (comme une classe X le 11 novembre), ont non seulement produit des aurores boréales visibles dans de nombreuses régions, mais aussi augmenté les risques pour l'aviation en perturbant les systèmes électroniques.
  • Mesures immédiates pour la sécurité : Airbus recommande une immobilisation préventive jusqu'à une mise à jour logicielle ou matérielle, affectant environ 6 000 appareils. Bien que disruptif, cela priorise la sécurité, avec des exemptions limitées pour les vols de repositionnement.

Contexte de la découverte

La sensibilité des automatismes de l'A320 aux radiations solaires a été révélée suite à un incident spécifique en octobre 2025. Lors d'un vol JetBlue de Cancun à Newark, l'avion a subi une plongée inattendue à 35 000 pieds, blessant plusieurs passagers. L'enquête a exclu les causes habituelles comme la turbulence ou les pannes mécaniques, pointant plutôt vers une corruption de données dans l'ordinateur de commande des élévateurs et ailerons (ELAC). Cette corruption semble liée à des radiations solaires intenses, qui peuvent interférer avec les systèmes de commandes de vol électriques (en anglais : fly-by-wire (FBW)) de l'avion. Airbus a alors analysé la flotte et identifié une vulnérabilité dans certaines versions du logiciel ELAC, particulièrement exposée lors de pics d'activité solaire.

Lien avec les orages magnétiques et éruptions solaires

Les récents événements solaires de novembre 2025, incluant une éruption de classe X le 11 novembre et des tempêtes géomagnétiques atteignant le niveau G4 (sévère), ont créé des conditions idéales pour de telles interférences. Ces phénomènes, causés par des éjections de masse coronale (CME), augmentent le flux de particules chargées atteignant la Terre, perturbant non seulement les communications mais aussi les systèmes électroniques sensibles comme ceux des avions. Parallèlement, ils ont offert des spectacles d'aurores boréales exceptionnels, visibles même à des latitudes moyennes, émerveillant le public mondial. Cependant, pour l'aviation, cela représente un risque accru, d'où la décision proactive d'Airbus.

Implications et actions recommandées

Airbus a émis une Transmission d'Alertes aux Opérateurs (AOT) demandant une action immédiate, suivie d'une Directive de Navigabilité d'Urgence (EAD) de l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (EASA) le 28 novembre 2025. Cela concerne les modèles A319, A320 et A321 équipés de l'ELAC B L104, nécessitant un remplacement ou une modification avant tout vol passager. Des perturbations opérationnelles sont attendues, avec des annulations de vols chez des compagnies comme Air New Zealand et Jetstar. Airbus s'excuse pour les inconvénients mais insiste sur la priorité à la sécurité, collaborant avec les régulateurs pour un retour rapide en service.

Airbus souligne sa collaboration proactive avec les autorités pour implémenter des protections logicielles et matérielles, minimisant les disruptions tout en priorisant la sécurité. Bien que controversée en raison de son impact économique, cette mesure reflète une approche prudente face à des risques émergents liés au climat spatial. Des études futures pourraient intégrer des alertes en temps réel basées sur les prévisions solaires pour éviter de telles immobilisations massives.

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28 novembre 2025

Nébuleuse de l'Araignée Rouge

Grâce à sa caméra proche infrarouge (NIRCam), le télescope spatial James Webb de la NASA a capturé des détails inédits de la nébuleuse de l'Araignée rouge, une nébuleuse planétaire, sur cette image publiée le 26 octobre 2025. La NIRCam est le principal imageur proche infrarouge du télescope Webb, fournissant des images et des spectres à haute résolution pour une grande variété de recherches.
La nouvelle image de la nébuleuse de l'Araignée Rouge obtenue par le télescope Webb révèle pour la première fois l'étendue complète de ses lobes déployés, qui forment les « pattes » de l'araignée. Ces lobes, visibles en bleu, sont mis en évidence par la lumière émise par les molécules de H₂, composées de deux atomes d'hydrogène liés. S'étendant sur tout le champ de vision de la caméra NIRCam, ces lobes apparaissent comme des structures fermées, semblables à des bulles, qui mesurent chacune environ trois années-lumière. Le gaz s'échappant du centre de la nébuleuse a gonflé ces immenses bulles au fil des milliers d'années.

Image du jour : la Nébuleuse du Coquillage par Rodolphe Goldsztejn


Observations rares à haute résolution d'une région active solaire prolifique en éruptions

Des scientifiques ont capturé une image exceptionnellement rare et à haute résolution d'une région active à l'origine de deux puissantes éruptions solaires de classe X – un exploit rarement réalisable depuis la Terre. 
Grâce au télescope solaire GREGOR à Tenerife, les chercheurs ont enregistré l'activité explosive du groupe de taches solaires le plus énergétique de l'année 2025, révélant des structures magnétiques complexes et les prémices de l'allumage des éruptions avec une précision sans précédent. Ces éruptions ont déclenché des éjections de masse coronale rapides qui ont illuminé le ciel terrestre d'aurores boréales éclatantes les nuits suivantes.

Les défis de l'observation des éruptions solaires

Les observations à haute résolution des fortes éruptions solaires sont extrêmement rares et difficiles à obtenir avec des télescopes solaires terrestres.

« Les fortes éruptions solaires se produisent soit sur la face cachée du soleil, soit pendant la nuit, soit par temps nuageux, soit lorsque les conditions d'observation sont mauvaises, soit juste en dehors du champ de vision vers lequel le télescope est pointé », explique le professeur Carsten Denker, chef de la section de physique solaire à l'Institut Leibniz d'astrophysique de Potsdam (AIP) et premier auteur de l'étude publiée dans Research Notes of the AAS.

« Nous avons eu l'immense chance de pouvoir observer l'évolution de deux éruptions solaires de classe X les 10 et 11 novembre 2025 grâce au télescope solaire GREGOR de 1,5 mètre de diamètre installé à l'observatoire du Teide à Tenerife, en Espagne. »

Détails de la zone active et des éruptions

Les taches solaires de la région active NOAA 14274 ont produit 135 éruptions de classe C, 15 de classe M et 5 de classe X. Les éruptions solaires de classe X sont les plus puissantes et représentent la catégorie la plus élevée du système de classification utilisé par les scientifiques. L'intensité des éruptions varie d'un facteur 10 selon leur classe d'émission de rayons X. Ces éruptions font partie du cycle solaire 25 , le cycle actuel d'activité solaire de 11 ans qui a débuté en décembre 2019 et devrait atteindre son apogée vers 2025. Ce cycle sera marqué par une augmentation du nombre de taches solaires, d'éruptions solaires et d'aurores boréales.

Moins de 100 éruptions solaires de classe X ont été observées jusqu'à présent au cours du cycle solaire 25. Ce groupe complexe de taches solaires était la région la plus active en 2025. L'éruption X5.1 du 11 novembre 2025 était la sixième plus puissante du cycle solaire actuel. Les deux éruptions de classe X des 10 et 11 novembre 2025 ont été accompagnées d' éjections de masse coronale rapides , provoquant de fortes aurores boréales sur Terre les nuits suivantes.

Imagerie avancée et dynamique du champ magnétique

Les observations ont été réalisées à l'aide de quatre caméras rapides de l'imageur rapide haute résolution amélioré du télescope solaire GREGOR à Tenerife, conçu, construit et exploité par l'Institut Leibniz d'astrophysique de Potsdam (AIP). Le télescope a été pointé vers 7 × 4 points de la surface solaire, réalisant un balayage raster de la région active en 14 minutes, couvrant une surface d'environ 175 000 km × 110 000 km.

Ce mode d'observation a été testé pour la première fois afin de capturer une vaste région active complexe contenant de nombreuses taches solaires individuelles. La restauration d'image a permis de restituer la structure fine des taches solaires dans les 28 tuiles de la mosaïque. À peine 30 minutes après le balayage raster, une éruption de magnitude X1,2 s'est produite dans la région active, et ses précurseurs étaient déjà visibles.

« Les fibrilles de pénombre, qui s'étendent généralement radialement à partir du noyau sombre de l'ombre, étaient fortement courbées et entrelacées », explique le Dr Meetu Verma, spécialiste du Soleil à l'AIP et co-auteur de l'étude. Ceci indique une structure de champ magnétique fortement contrainte.

De plus, la rotation des taches solaires et les mouvements de cisaillement ont créé un environnement propice à la libération explosive de l'énergie stockée dans le champ magnétique. Fait remarquable, cette libération d'énergie a débuté au niveau des filaments de la pénombre, à des échelles spatiales proches du pouvoir de résolution spatiale de 100 km du télescope solaire GREGOR à la surface du Soleil.

Lors de la campagne d'observation de novembre 2025, près de 40 000 jeux de données ont été enregistrés en vue de la restauration d'images et sont actuellement en cours de préparation pour l'analyse scientifique. Les images haute résolution publiées dans Research Notes of the AAS offrent un premier aperçu de la qualité des données et des résultats scientifiques qui seront présentés dans les publications ultérieures.

Pour plus d'informations : Carsten Denker et al., « Le calme avant la tempête : mosaïque à haute résolution spatiale de la région active NOAA 14274 au début d'une éruption X1.2 », Research Notes of the AAS (2025). DOI : 10.3847/2515-5172/ae230b

Par Janine Fohlmeister, Institut Leibniz d'astrophysique de Potsdam
Edité par Lisa Lock , critique de Robert Egan
Fourni par l'Institut Leibniz d'astrophysique de Potsdam

25 novembre 2025

Photo du jour : une vue hypnotisante de Paranal

« Je n'arrivais pas à croire que je photographiais une traînée d'étoiles circumpolaire à Paranal ; sans aucun doute l'une des expériences les plus incroyables que j'aie vécues en tant que photographe », déclare Osvaldo Castillo, l'astrophotographe chilien à l'origine de cette superbe photo. 

Ce mouvement circulaire des étoiles est dû à la rotation de la Terre sur son axe. Le point où cet axe de rotation se prolonge dans le ciel est appelé pôle céleste ; sur cette image, il s’agit du centre autour duquel semblent graviter toutes ces étoiles – d’où le nom de traînée d’étoiles circumpolaire. Osvaldo a réussi à capturer ce mouvement hypnotisant à l'observatoire Paranal de l'ESO, au Chili. 

L'extrémité d'un des télescopes auxiliaires étant presque parfaitement alignée avec le pôle céleste sud, le ciel semble tourner autour du télescope, le plaçant ainsi au centre de l'attention. Mais capturer ces traînées d'étoiles circulaires n'est pas une mince affaire. Il faut prendre de nombreuses images sur plusieurs heures avec un long temps d'exposition ; un léger décalage peut compromettre totalement le résultat, car les traînées finales ne sont visibles que lorsque les images individuelles sont assemblées. De plus, comme le télescope bouge lorsqu'il est pointé vers différents endroits, il faut prendre des clichés différents pour le premier plan et l'arrière-plan. 

Osvaldo Castillo explique avoir pris « près de 300 images et le résultat n'est pas visible immédiatement. Heureusement, le calcul et l'orientation vers le sud étaient précis. » Tant mieux pour nous ! Nous pouvons maintenant admirer cette fascinante image.

24 novembre 2025

Les Mercredis du CNES : venez tester ses tutos créatifs de l'espace !

Rendez-vous ce mercredi 26 novembre à 16h sur la chaîne Twitch du CNES pour une émission 100% colle/scotch et paillettes.


Cette semaine, la chaîne Twitch du CNES passe en mode bricolage spatial !

20 novembre 2025

BCMA : dans les coulisses de 30 ans de tests en télécommunications spatiales

Au CNES, une pièce spéciale accueille depuis 30 ans les tests des antennes avant leur mission spatiale, pour garantir ensuite la liaison avec satellites et sondes d’exploration.

18 novembre 2025

Image du jour : la Nébuleuse de la Rosette par Rodolphe Goldsztejn

La nébuleuse de la Rosette, dans la constellation de la Girafe. Certains l'appellent aussi la nébuleuse du Crâne, peut-être à cause de sa forme... 


Prise de vue de 2020, tout juste traitée à nouveau sous Pixinsight par Rodolple

Elle est référencée sous le numéro 2238 du catalogue NGC, Comme toutes les nébuleuses, elle se situe dans la Voie Lactée (notre galaxie...) à seulement 5'200 années-lumière... Au centre, il y aurait environ 2'500 jeunes étoiles, responsables de cette explosion de matière ionisée, donc lumineuse.

14 novembre 2025

ESCAPADE : les petits orbiteurs à faible coût de la NASA qui examineront l'atmosphère de Mars

La mission ESCAPADE (Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers) de la NASA vise à étudier l'atmosphère de Mars à l'aide de deux petits orbiteurs identiques, nommés Blue et Gold, pour un coût modeste de 80 millions de dollars, démontrant une nouvelle ère d'exploration spatiale abordable et agile.


Ces engins, de la taille d'une photocopieuse, ont été lancés le 13 novembre à bord d'une fusée Blue Origin New Glenn. Ils suivront une trajectoire innovante : voyage vers le point de Lagrange L2 pour surveiller le Soleil pendant environ un an, survol de la Terre pour une assistance gravitationnelle, puis arrivée sur Mars après 10 mois supplémentaires. Cette route réduit la masse de propergol à 65 % du total, contre 80-85 % pour les orbites traditionnelles, offrant plus de flexibilité pour les lancements.

Les objectifs scientifiques incluent l'étude des vestiges du champ magnétique ancien de Mars préservés dans les roches, la mesure du flux et de l'énergie de son atmosphère, et son interaction avec le vent solaire. Cela permettra de comprendre la perte progressive de l'atmosphère martienne, autrefois plus épaisse et permettant de l'eau liquide en surface (avec des canaux et ravins observables), menant à l'état actuel froid et sec avec une pression atmosphérique inférieure à 1 % de celle de la Terre. Les orbiteurs fourniront des mesures simultanées pour une science améliorée et une redondance en cas de panne.

Les défis incluent l'environnement spatial extrême (vide, températures variables, radiations), une navigation précise (équivalente à viser un cercle de 38 cm à 21 km de distance), et un budget serré atteint grâce à la miniaturisation et aux technologies commerciales. La mission, dirigée par Rob Lillis du Space Sciences Laboratory de l'UC Berkeley, implique des collaborations avec Rocket Lab (construction des engins), Advanced Space LLC (trajectoires) et Blue Origin (lancement). Elle pourrait servir de modèle pour des missions futures plus fréquentes, y compris pour le fret et les humains, et révéler le sort de l'atmosphère martienne ancienne, potentiellement liée à une vie primitive.

Blue Origin réussit la récupération du propulseur de la fusée New Glenn, une prouesse qui relance la course à l’espace

L’entreprise spatiale de Jeff Bezos espère désormais convaincre la NASA et s’imposer face à SpaceX dans la nouvelle conquête lunaire.


Blue Origin, l’entreprise spatiale de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, a réussi, jeudi 13 novembre, à récupérer le propulseur de sa puissante fusée New Glenn après son lancement. Il s’agit d’une avancée majeure pour la société américaine, qui ambitionne de rivaliser avec SpaceX d’Elon Musk.

Lire l'article Du Monde, celui de Franceinfo, et celui de la NASA