Consulter le nouveau numéro de la lettre de l'Association d'Astronomie de Franche-Comté de Besançon (AAFC).
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Dimanche 21 décembre est le jour le plus court de l'année au nord de l'équateur, où le solstice marque le début de l'hiver astronomique. C'est l'inverse dans l'hémisphère sud, où c'est le jour le plus long de l'année et où l'été commence.
Le jeudi 17 décembre au matin, La fusée Ariane 6 a décollé de Kourou en Guyane pour lancer deux nouveaux satellites Galileo, l'équivalent européen du GPS américain. Ces satellites vont rejoindre la constellation Galileo déjà composée d'une trentaine d'engins, situés à 23 000 kilomètres l'altitude, dont on reçoit les signaux au quotidien sur nos smartphones.
Le système Galileo est en effet connecté avec presque tous les téléphones portables pour la géolocalisation. Galileo permet de se localiser avec plus de précisions que son concurrent américain, le GPS, à savoir autour d'un mètre d'erreur contre cinq. A l'instar du GPS, Galileo a de plus un service de haute précision réservé à un usage professionnel capable de localiser un objet partout sur Terre à 20 centimètres près.
La sensibilité des automatismes de l'A320 aux radiations solaires a été révélée suite à un incident spécifique en octobre 2025. Lors d'un vol JetBlue de Cancun à Newark, l'avion a subi une plongée inattendue à 35 000 pieds, blessant plusieurs passagers. L'enquête a exclu les causes habituelles comme la turbulence ou les pannes mécaniques, pointant plutôt vers une corruption de données dans l'ordinateur de commande des élévateurs et ailerons (ELAC). Cette corruption semble liée à des radiations solaires intenses, qui peuvent interférer avec les systèmes de commandes de vol électriques (en anglais : fly-by-wire (FBW)) de l'avion. Airbus a alors analysé la flotte et identifié une vulnérabilité dans certaines versions du logiciel ELAC, particulièrement exposée lors de pics d'activité solaire.
Les récents événements solaires de novembre 2025, incluant une éruption de classe X le 11 novembre et des tempêtes géomagnétiques atteignant le niveau G4 (sévère), ont créé des conditions idéales pour de telles interférences. Ces phénomènes, causés par des éjections de masse coronale (CME), augmentent le flux de particules chargées atteignant la Terre, perturbant non seulement les communications mais aussi les systèmes électroniques sensibles comme ceux des avions. Parallèlement, ils ont offert des spectacles d'aurores boréales exceptionnels, visibles même à des latitudes moyennes, émerveillant le public mondial. Cependant, pour l'aviation, cela représente un risque accru, d'où la décision proactive d'Airbus.
Airbus a émis une Transmission d'Alertes aux Opérateurs (AOT) demandant une action immédiate, suivie d'une Directive de Navigabilité d'Urgence (EAD) de l'Agence Européenne de la Sécurité Aérienne (EASA) le 28 novembre 2025. Cela concerne les modèles A319, A320 et A321 équipés de l'ELAC B L104, nécessitant un remplacement ou une modification avant tout vol passager. Des perturbations opérationnelles sont attendues, avec des annulations de vols chez des compagnies comme Air New Zealand et Jetstar. Airbus s'excuse pour les inconvénients mais insiste sur la priorité à la sécurité, collaborant avec les régulateurs pour un retour rapide en service.
Airbus souligne sa collaboration proactive avec les autorités pour implémenter des protections logicielles et matérielles, minimisant les disruptions tout en priorisant la sécurité. Bien que controversée en raison de son impact économique, cette mesure reflète une approche prudente face à des risques émergents liés au climat spatial. Des études futures pourraient intégrer des alertes en temps réel basées sur les prévisions solaires pour éviter de telles immobilisations massives.
La mission ESCAPADE (Escape and Plasma Acceleration and Dynamics Explorers) de la NASA vise à étudier l'atmosphère de Mars à l'aide de deux petits orbiteurs identiques, nommés Blue et Gold, pour un coût modeste de 80 millions de dollars, démontrant une nouvelle ère d'exploration spatiale abordable et agile.
Les objectifs scientifiques incluent l'étude des vestiges du champ magnétique ancien de Mars préservés dans les roches, la mesure du flux et de l'énergie de son atmosphère, et son interaction avec le vent solaire. Cela permettra de comprendre la perte progressive de l'atmosphère martienne, autrefois plus épaisse et permettant de l'eau liquide en surface (avec des canaux et ravins observables), menant à l'état actuel froid et sec avec une pression atmosphérique inférieure à 1 % de celle de la Terre. Les orbiteurs fourniront des mesures simultanées pour une science améliorée et une redondance en cas de panne.
Les défis incluent l'environnement spatial extrême (vide, températures variables, radiations), une navigation précise (équivalente à viser un cercle de 38 cm à 21 km de distance), et un budget serré atteint grâce à la miniaturisation et aux technologies commerciales. La mission, dirigée par Rob Lillis du Space Sciences Laboratory de l'UC Berkeley, implique des collaborations avec Rocket Lab (construction des engins), Advanced Space LLC (trajectoires) et Blue Origin (lancement). Elle pourrait servir de modèle pour des missions futures plus fréquentes, y compris pour le fret et les humains, et révéler le sort de l'atmosphère martienne ancienne, potentiellement liée à une vie primitive.
Un article de Ciel & Espace explore la quête de signes de vie passée sur Mars, en se concentrant sur les travaux de la géologue Agnès Cousin, coresponsable de l'instrument SuperCam sur le rover Perseverance de la NASA.
Il met en lumière une découverte récente cosignée par une équipe française, publiée dans Nature, qui analyse des structures minérales martiennes potentiellement liées à des micro-organismes anciens, similaires à ceux observés sur Terre. Ces formations pourraient indiquer une origine biologique, mais l'article met en garde contre un emballement médiatique, critiquant une déclaration de la NASA sur des "potentiels signes de vie" détectés par Perseverance, jugée prématurée.
Agnès Cousin, géologue à l'IRAP de Toulouse et membre du groupe Système solaire au CNES, explique comment SuperCam, une caméra laser, examine la composition des roches sédimentaires martiennes pour retracer l'histoire hydrique de la planète. Mars était habitable il y a plus de 3,5 milliards d'années, avec de l'eau liquide laissant des traces à sa surface, mais la question reste : fut-elle habitée ? L'étude vise à distinguer les processus biologiques des abiotiques.
L'article inclut une vidéo des "Grands entretiens" de Ciel & Espace (disponible sur YouTube), où Agnès Cousin décrypte cette avancée, soulignant l'importance de preuves solides dans les sédiments pour confirmer une possible genèse du vivant. Les perspectives futures insistent sur une recherche prudente, avec des missions robotisées comme Perseverance marquant un tournant pour la géologie planétaire. Des citations clés incluent : "Sans aucun doute, la planète rouge était autrefois une planète habitable ! Mais fut-elle habitée ?" et la description NASA d'une "avancée majeure dans la quête de vie".
Lire l'article de Ciel & Espace (en accès libre)
En novembre 2025, le vaisseau spatial chinois Shenzhou-20, faisant partie de la station spatiale Tiangong, a été heurté par un débris spatial en orbite, causant des dommages qui ont retardé sa mission de retour et laissé trois taikonautes (astronautes chinois) bloqués temporairement.
L'impact, qualifié de coup direct, met en lumière les risques croissants posés par les débris spatiaux, qui incluent des objets artificiels non fonctionnels allant de petites particules à de grands corps de fusées, voyageant à environ 29 000 km/h en orbite basse terrestre (LEO).
Le débris n'a pas été identifié précisément quant à sa taille ou son origine, mais la Chine a elle-même contribué de manière significative au problème, notamment via un test antisatellite en 2007 qui a détruit le satellite Fengyun-1C, générant plus de 3 000 débris encore en orbite – le record historique. Cela a entraîné des incidents passés, comme des quasi-collisions avec la Station spatiale internationale (ISS) en 2021 et des manœuvres d'évitement par Tiangong en raison de satellites Starlink en 2021.
Dans un contexte plus large, les débris spatiaux menacent les opérations spatiales mondiales et pourraient mener au syndrome de Kessler, une cascade de collisions rendant les orbites critiques inutilisables. La Chine, avec ses investissements massifs dans l'espace (y compris Tiangong, potentiellement la seule station orbitale après la désorbitation de l'ISS vers 2030, et des constellations de satellites comme Guowang et Qianfan comptant des dizaines de milliers d'unités), est particulièrement vulnérable. L'article note l'ironie de la situation, la Chine étant à la fois un contributeur majeur et une victime.
Les implications incluent une possible sensibilisation des autorités chinoises aux risques, favorisant une collaboration internationale avec les États-Unis sur des mesures de réduction des risques, comme des notifications mutuelles de collisions potentielles ou des discussions sur les opérations satellites sécurisées et le désorbitage. Bien que l'article ne contienne pas de citations directes d'experts, il souligne que cet incident de haut profil pourrait servir de signal d'alarme pour une coopération accrue, car les débris spatiaux représentent un défi commun et persistant.
Mise à jour du 15/11/2025 : Les astronautes chinois temporairement bloqués sont finalement rentrés de la Station spatiale chinoise après un retard imputé aux dégâts causés par des débris spatiaux. L'équipe a dû laisser son vaisseau spatial Shenzhou-20 en orbite pour revenir à bord du Shenzhou-21, arrivé récemment, qui avait transporté un équipage de remplacement de trois personnes vers la station, a déclaré l'Agence spatiale chinoise.
Une équipe de recherche dirigée par l'astrophysicien Lukas Böhme de l'Université de Bielefeld a découvert que notre système solaire se déplace plus de trois fois plus vite que ce que prédisent les modèles cosmologiques actuels, remettant en question le modèle standard de la cosmologie.
Les scientifiques ont analysé la distribution des radiogalaxies, qui émettent de fortes ondes radio, en utilisant des données du réseau de télescopes LOFAR et de deux autres observatoires radio. Ils ont détecté un effet subtil de "vent de face" dû au mouvement du système solaire, révélant une anisotropie dans la distribution des radiogalaxies 3,7 fois plus forte que prévu, avec une déviation supérieure à cinq sigma, ce qui signifie que l'écart observé est au moins cinq fois plus grand que l'écart-type attendu, correspondant à une probabilité extrêmement faible que le résultat soit dû au hasard seul, sans phénomène réel sous-jacent (probabilité d'environ 1 sur 3,5 millions).
Cette découverte confirme des observations antérieures sur les quasars et suggère soit une remise en question des hypothèses sur la structure à grande échelle de l'univers, soit une distribution moins uniforme des radiogalaxies que ce que l'on pensait. L'étude, publiée dans Physical Review Letters, souligne l'importance de nouvelles méthodes observationnelles pour repenser notre compréhension du cosmos.
Lire l'article de Phys.org