Ce fut un véritable chemin de croix pour des centaines de visiteurs. Le Mont Roland a été pris d’assaut par les passionnés et curieux venus admirer l’éclipse du 12 août.
Une foule des grands jours s’est emparée du champ en
direction de Sampans au sommet
du Mont-Roland, près de Dole. © Catherine Roy
Par la Rédaction de la Voix du
Jura
Publié le 13 août 2026 à 17h46 ; mis à jour le 13 août
2026 à 17h49
L’engouement fut total à Dole. Se garer au
sanctuaire du Mont-Roland était une épreuve et les voitures font la file
indienne sur le bord de la route alors que la colline, lieu de rendez-vous
incontournable pour admirer l’éclipse du 12 août était en ébullition.
Comme de nombreux visiteurs, glacière et couverture sous le bras, je commence
l’ascension, alors que de plus téméraires ont continué en voiture et se
trouvent bloqués dans des embouteillages monstres.
Une centaine de paires de lunettes : pas suffisant
Arrivée au sommet à 18 h,
déjà des centaines
de familles ont eu la même idée ; sièges de
camping, plaids ou à même le
sol, des pique-niques et apéros s’improvisent
à perte de vue. Tout devant j’aperçois une haie de télescopes, c’est ici, dans le champ en direction
de Sampans que le club d’astronomie a posé son matériel pour une soirée fantastique entre éclipse et Perséides (pluie d’étoiles
filantes). Nicolas Rossetto, animateur du club d’astronomie
de Dole « les
Pléiades », est pris de court par une telle foule. « Nous n’avions
pas prévu un tel engouement, une telle marée humaine. Pour notre dernier rassemblement en 2015, nous étions une bonne centaine. Nous avions donc prévu une centaine de paires de lunettes pour aujourd’hui, mais nous avons dû limiter à une paire par famille, et beaucoup sont restés sans. Dommage que les pouvoirs publics n’aient pas anticipé le phénomène, il s’agit, là, de santé publique. » En effet,
observer l’éclipse n’est pas
sans risque pour les yeux. Une observation de quelques secondes sans lunettes
pouvait entraîner une cécité partielle ou totale.
L’accès au sanctuaire était plutôt difficile après 17h30. Un
bouchon exceptionnel s’est formé. ©Catherine Roy
1 000 paires d’yeux tournées vers le ciel
À côté de moi Christophe, se souvient de l’éclipse de 1999 : « j’y étais déjà mais le
gouvernement de l’époque avait anticipé, il avait distribué 35 millions de lunettes gratuitement pour éviter les risques sanitaires et les spéculations. » Au top départ de Nicolas, plus de 1 000
paires d’yeux se tournent vers le ciel pour regarder
les deux astres qui se chevauchent, se croisent et se séparent.
Depuis la pelouse sèche, le public en prend plein les
lunettes tout en profitant aussi de l’accès libre aux télescopes avec les
explications de Nicolas et de ses compères. Les applaudissements sont de
rigueur quand le soleil disparaît à l’horizon, installant une lumière
exceptionnelle sur le mont. Mais la foule très calme, très respectueuse des
lieux ne quitte pas le site pour autant, elle semble vouloir prolonger ce
moment de grâce, partagé avec les autres. « C’est trop bien, souffle une petite fille à sa
maman, on a deux couchers de soleil aujourd’hui. » Nul doute que les dolois n’attendront
pas 2080, et qu’ils sauront profiter des prochains
rendez-vous de l’association pour de splendides
observations.
Le reste de la soirée, les plus valeureux sont restés pour
observer un autre fantastique phénomène :
celui des Perséides, une pluie d’étoiles filantes qui a enflammé le ciel étoilé toute la nuit.
(c) Catherine Roy (CLP)
La Voix du Jura