29 juin 2026

Euclid de l'ESA capture le cœur foisonnant de la Voie lactée

La mission Euclid de l'Agence spatiale européenne dévoile aujourd'hui la photo la plus grande et la plus détaillée jamais prise du centre de notre galaxie, la Voie lactée, en lumière visible.


24 juin 2026

Image du jour : NGC6946, la galaxie du feu d'artifice par Fabien Pannaux

La NASA s’apprête à lancer une mission de sauvetage risquée pour un satellite scientifique

Le télescope spatial Swift, dont la réactivité est essentielle pour l’étude des sursauts gamma, est menacé par une hausse de l’activité du Soleil. Dans le cadre d’une mission mandatée par la NASA, un satellite a été mis au point pour partir à sa rescousse le 27 juin.


Le satellite de maintenance robotisé LINK de Katalyst Space avant son encapsulation dans une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, le 8 juin 2026, au centre spatial Wallops de la NASA, en Virginie. NASA/RON BEARD 

Sur Terre, les tempêtes solaires sont souvent accompagnées d’aurores boréales magnifiques et inoffensives. Mais, dans l’espace, cette hausse soudaine de l’activité du Soleil est synonyme de menace. Le télescope spatial Neil Gehrels Swift Observatory, plus connu sous le nom de « Swift », en fait les frais.

Lancé en 2004, il a subi à plusieurs reprises de forts bombardements de vents solaires, qui, à environ 600 kilomètres d’altitude, ont eu pour effet de densifier l’atmosphère autour de lui. Résultat : l’engin, ralenti par la friction de l’air, descend plus rapidement que prévu vers la Terre. Si rien n’est fait, sa trajectoire l’amènera jusqu’à la limite de l’atmosphère, où il finira carbonisé.

22 juin 2026

Image du jour : Garlic Nebula (LDN 576), par Rodolphe Goldsztejn

 

Garlic Nebula, sur les deux dernières nuits, et les photos capturées en 2025, pour un total de 12h d’exposition, par Rodolphe. 

14 juin 2026

La caméra du plus grand télescope du monde

À l’observatoire de Meudon, des chercheurs préparent MICADO, une caméra ultra performante qui permettra à l’Extremely Large Telescope (ELT), au Chili, de distinguer des objets très peu lumineux et très lointains. Un défi technologique pour révéler des régions encore inexplorées de l’Univers.


CNRS Le Journal

Image du Jour : Hubble et Webb offrent une nouvelle vue de la galaxie de l'Œil Noir

 


Cette image de Messier 64, ou la Galaxie de l'Œil Noir , prise le 20 mars 2026, est une composition d'images issues des télescopes spatiaux Hubble et Webb de la NASA. Elle montre Messier 64 capturée dans les longueurs d'onde du proche et du moyen infrarouge par Webb, tandis que l'image de Hubble révèle la galaxie en lumière ultraviolette, visible et proche infrarouge.

Messier 64 se caractérise par un mouvement interne étrange. Le gaz des régions externes de cette galaxie spirale tourne dans le sens inverse du gaz et des étoiles de ses régions internes. Ce comportement singulier pourrait résulter d'une fusion entre M64 et une galaxie satellite il y a plus d'un milliard d'années.

12 juin 2026

L'astrophysicien Rodrigo Ibata reconnu pour sa découverte deux galaxies et pour avoir compris comment s'est formée la Voie lactée

L'astrophysicien Rodrigo Ibata, directeur de recherche au CNRS à Strasbourg, a reçu mercredi 10 juin le prix Kavli pour ses travaux sur la formation des galaxies. Il rejoint ainsi deux autres lauréats strasbourgeois, faisant de l'Unistra l'une des universités les plus distinguées par ce prix.


Ses travaux ont contribué à comprendre comment s'est formée la Voie lactée. Mercredi 10 juin, Rodrigo Ibata, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire astronomique de Strasbourg, a reçu le prix Kavli en astrophysique aux côtés d'Amina Helmi, chercheuse néerlandaise, et Vasily Belokurov, chercheur britannique.

"Ça fait bizarre de recevoir ce prix, confie l'astronome avec humilité. Par le passé, il a été attribué à des chercheurs qui étaient des héros de leur discipline. (...) C'est même un peu gênant parce que c'est un travail d'équipe qui s'est fait grâce à une quantité époustouflante de personnes dans toute l'Europe." Il salue notamment le rôle joué par deux de ses anciens doctorants : Nicolas Martin et Khyati Malhan.

Une carrière brillante en archéologie galactique

S'il se refuse à l'admettre, Rodrigo Ibata est bien, lui aussi, un héros de sa discipline à part entière. Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg (Unistra) le confirme : "C'est un très grand chercheur. Et le prix Kavli est la reconnaissance internationale de cette recherche remarquable et pionnière."

C'est en 1994, alors qu'il réalise sa thèse à l'université de Cambridge en Angleterre, qu'il découvre la galaxie naine du Sagittaire, gravitant autour de la nôtre. Une traînée d'étoiles témoigne de son absorption progressive par la Voie lactée.

En 2003, rebelote. Avec son doctorant Nicolas Martin, Rodrigo Ibata co-découvre la galaxie naine du Grand Chien, la plus proche de la Voie lactée connue à l'heure actuelle.


La galaxie du Sagittaire (en rouge sur les deux images) se fait progressivement absorber par la Voie lactée, au centre. • © Rodrigo Ibata

L'observation de ces galaxies permet de comprendre le phénomène de formation de la Voie lactée. Cette dernière est née, comme toutes les autres, d'une succession d'incorporations de structures, de type galaxies naines, il y a de ça 10 milliards d'années. Pour rappel, l'univers a environ 14 milliards d'années.

L'analyse des images du satellite européen Gaïa, en orbite depuis 2013, affine la compréhension du phénomène. "Avec les images, on fait ce qu'on appelle de l'archéologie galactique. On arrive à calculer la vitesse des étoiles. Pour toutes celles qui ont des vitesses similaires, on étudie leur composition chimique. C'est la chimie et la motion qui nous indiquent qu'elles sont venues d'une même structure. (...) On a ainsi pu identifier quels ensembles d'étoiles venaient de structures qui ont été incorporées à la formation de notre galaxie", explique Rodrigo Ibata.

S'il reste dans le domaine de l'astronomie, l'astrophysicien élargit son champ de recherche en s'intéressant désormais à l'intelligence artificielle. Il travaille à la conception de modèles d'apprentissage par machine (machine learning) pour découvrir des lois physiques de manière automatique.

L'Université de Strasbourg au niveau du MIT, de Harvard et de Stanford

Bien que moins médiatisé, "il est important de rappeler que le prix Kavli est tout aussi prestigieux que le Nobel", rappelle Rémi Barillon, vice-président recherche à l'Unistra. Tous les deux ans depuis 2008, ce prix norvégien vient récompenser des travaux exceptionnels dans trois disciplines : l'astrophysique, les nanosciences et les neurosciences. Les lauréats reçoivent un prix d'un million de dollars (environ 870 000 euros) à se partager.

Avant Rodrigo Ibata, le prix Kavli a été attribué à deux autres chercheurs de l'université de Strasbourg : Thomas Ebbesen en 2014 en nanosciences, et Jean-Louis Mandel en 2022 pour ses travaux en neurosciences. L'Unistra réalise ainsi un triplé dans les trois disciplines. Seuls le MIT (Institut technologique du Massachusetts) et les universités de Harvard et Stanford ont accompli cet exploit.

Sur les quatre lauréats français du prix Kavli, trois sont donc de Strasbourg. De quoi inspirer des étudiants à candidater à l'Unistra, espère Frédérique Berrod, sa présidente.

10 juin 2026

Le concours LES ÉTOILES DES L’ASTRONOMIE de la revue Ciel & Espace



Pour sa troisième édition, le concours photo organisé par l'Association française d'astronomie s'installe dans le paysage. 299 photos prises par 104 photographes ont été reçues. Des chiffres en progression par rapport à 2024.

Lire l'article de Ciel & Espace, réservé aux abonnés, mais un extrait est fourni ci-dessous :

LE PHOTOGRAPHE DE L’ANNÉE





SAISONS GALACTIQUES
Chacun de ces panoramas résulte de l'assemblage de 24 à 30 photos, et arrive en tête de la catégorie
« Le photographe de l'année - la série ».
« Cette série témoigne des différentes faces de la Voie lactée observables depuis la France à travers trois panoramas à 180° réalisés en altitude », commente Florian Riou.
(c) FLORIAN RIOU

09 juin 2026

Image du jour : Le “Calamar” ou Sh 2-129 par Rodolphe Goldsztejn

 


Le “Calamar” ou Sh 2-129 dans Céphée. Réalisée depuis Bonlieu (Jura),
à contempler sur le site AstroBin de Rodolphe.


Mise à jour le 13 juin 2026




Ciel nocturne : que voir cette semaine

 


Le centre de la Voie lactée cacherait un second trou noir de type révolutionnaire

Le trou noir supermassif Sagittarius A* n’est peut-être pas solitaire au cœur de notre galaxie. Des astronomes viennent de repérer les indices d’un second monstre cosmique tapi à proximité. Un objet fascinant qui appartiendrait à une catégorie encore purement théorique : les trous noirs de masse intermédiaire.

Une étude internationale suggère que le centre de la Voie lactée abrite un second trou noir géant aux côtés de Sgr A*. Ce mystérieux compagnon appartiendrait à la catégorie jamais observée des trous noirs de masse intermédiaire. L'astre afficherait une masse d'environ 10 000 masses solaires.

Lire l'article sur le site Les Numériques

Matière noire : une idée élégante révèle que 45 % de la masse manquante est sous nos yeux

Si une partie de la masse manquante que nous cherchons depuis 50 ans était sous nos yeux sous forme de comètes ? Cette hypothèse simple, cohérente mathématiquement, permettrait également d'expliquer pourquoi nous peinons tant à détecter les particules exotiques de matière noire : elles seraient moins nombreuses que prévu.

Une étude statistique sur les comètes interstellaires montre qu'elles sont probablement assez nombreuses pour constituer une partie de la matière noire. Même si cela ne résout pas toute la question de la matière noire...

Pourquoi la Terre tourne de plus en plus vite

Un phénomène estival inattendu intrigue les scientifiques : depuis quelques années, notre planète accélère légèrement sa rotation. Imperceptible, ce gain de vitesse pourrait, à terme, bouleverser notre façon de mesurer le temps.


La rotation de la Terre sur elle-même est de plus en plus rapide et les scientifiques ne savent pas comment l'expliquer. L'accélération est, certes, infime mais bel et bien mesurable, et se confirme d'année en année. "Les pics de vitesse se produisent toujours en été", explique Christian Bizouard, directeur du service international de la rotation de la Terre et chercheur à l'Observatoire de Paris.

Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé au abonnés, temporairement reproduit ici).

Le mystère de l'énergie noire se fissure

Après vingt-cinq ans de silence, l'énergie noire livre enfin un indice. Les observations de l'instrument Desi suggèrent qu'elle pourrait évoluer au cours du temps. Un bouleversement pour notre compréhension de l'Univers…

"Si le résultat se confirme, cela ouvrirait une nouvelle ère en cosmologie, comparable en importance à la découverte de l'accélération de l'Univers. Et peut-être même plus. Filippo Vernizzi, physicien théoricien au CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), ne boude pas son plaisir devant la publication, le 15 avril dernier, des résultats de la collaboration Desi (Dark Energy Spectroscopic Instrument).

Lire l'article de Sciences et Avenir (réservé aux abonnés, temporairement reproduit ici)

SVOM révèle l’enfance cataclysmique de l’Univers

En avril, des chercheurs impliqués dans la mission spatiale franco-chinoise SVOM ont fait un point sur ses premiers résultats. Avec plusieurs éclairages intéressants sur des événements survenus aux premiers âges de l’Univers.

Un an seulement après le début de ses opérations scientifiques, la mission franco-chinoise SVOM est déjà un succès ! « Dépassant largement nos attentes, ses performances ont permis de faire plusieurs premières observations intéressantes », se réjouit Susanna Vergani, directrice de recherche CNRS, astrophysicienne au Laboratoire d’étude de l’Univers et des phénomènes extrêmes, impliquée dans ce projet.

Lire l'article du Journal du CNRS

06 juin 2026

Sur Mars, une paléosurface marque la transition entre deux époques

Une image de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter révèle une ancienne surface marquant une rupture dans l'histoire géologique de Mars. Cette découverte éclaire l'évolution de l'eau dans les régions d'Oxia Planum et de Mawrth Vallis, futures cibles d'étude du rover Rosalind Franklin.


Deux périodes de dépôt de sédiments argileux. C’est ce que révèle le nouveau cliché de la sonde Mars Reconnaissance Orbiter de la Nasa avec sa caméra HiRISE. On peut y voir la limite séparant les deux sites potentiels d’atterrissage et d’exploration du rover européen Rosalind Franklin : Oxia Planum et Mawrth Vallis.

« Nous pensions que les deux sites étaient similaires dans leur composition et leur âge, mais après analyse nous nous sommes rendu compte que la plaine d’Oxia contient des argiles riches en fer plus ancien. » révèle Nicolas Mangold, planétologue. Cette paléosurface a d’abord été le lieu d’un premier dépôt d’argile avant que l’eau se retire et que la surface soit bombardée de météorites, explique le chercheur du CNRS. Puis l’eau a réinvesti les lieux en apportant de nouveaux sédiments.

Au total, la surface argileuse s’étend sur 600 km et certains dépôts se trouvent à 1000 m d’altitude. « Nous disposons désormais d'une nouvelle chronologie : les argiles d'Oxia Planum se sont formées en premier, il y a environ 4 milliards d'années, avant celles de Mawrth Vallis », constate Inés Torres Auré, chercheuse à l'Université de Lyon et membre de la mission ExoMars de l’ESA. C’est donc sur Oxia Planum que le rover européen fera son atterrissage fin novembre 2030 après son lancement en octobre 2028.

Analyse du sol argileux

Rosalind Franklin embarque avec lui un laboratoire d’analyse et un nombre important d’instruments parmi lesquels des caméras, des spectromètres et un radar à pénétration de sol. Sa mission sera celle d’étudier l’histoire du sol d’Oxia Planum et d’analyser les échantillons d’argile prélevés par la foreuse du rover pouvant creuser jusqu’à deux mètres de profondeur.

« Nous utiliserons ses instruments pour valider sur le terrain les découvertes faites depuis l'orbite, étudier l'environnement ancien dans lequel les argiles se sont formées et déterminer si elles conservent des traces de vie martienne », détaille Elliot Sefton-Nash, scientifique du projet ExoMars. Pour lui comme pour les autres participants à cette mission, la zone aurait pu être recouverte par un vaste étendue d’eau et, comme tout le monde le sait, l’eau est source de vie !

01 juin 2026

Image du jour : M16 par Fabien Pannaux



M16 captée et traitée sous PixInsight depuis Dole par Fabien Pannaux

M16 (NGC 6611) est un très jeune amas ouvert situé dans la queue de la constellation du Serpent, à proximité des constellations du Sagittaire et de l'Écu de Sobieski. M16 est entouré par la nébuleuse de l'Aigle dont la désignation est IC 4703. On désigne en certains endroits cette nébuleuse comme M16 et il règne une certaine confusion entre ces deux objets. L'amas M16 a été découvert par l'astronome suisse Jean Philippe Loys de Cheseaux en 1745 et on attribue la découverte de la nébuleuse à Charles Messier.

31 mai 2026

Image du jour : Sh 2-101, nébuleuse de la Tulipe, par Rodolphe Goldsztejn

 


Sh 2-174, dit la “Tulipe” est située dans la constellation du Cygne. On peut l’observer pendant l’été sous nos latitudes. L’image résulte d’une session sur une seule nuit, un petit peu plus de 4 heures d’exposition au total (depuis Bonlieu, dans le Jura), ce qui est relativement court par rapport au temps d’exposition global généralement pratiqué.

Deux versions colorées sont proposées sur le site RodAstro de Rodolphe en fonction du traitement sous PixInsignt.

Les détails d’acquisition de cette image sont visibles à la page AstroBin de Rodolphe.

29 mai 2026

La fusée New Glenn, de Blue Origin, explose spectaculairement sur sa rampe de lancement pendant un essai

L’explosion au sol à Cap Canaveral, en Floride, n’a fait aucun blessé, a annoncé le propriétaire de l’entreprise spatiale, Jeff Bezos. Plus tôt, la société avait rapporté avoir « constaté une anomalie lors de l’essai de mise à feu » des moteurs de la fusée.

27 mai 2026

La chute d’Hubble s’accélère, une course contre la montre est lancée

Freiné par une atmosphère terrestre plus dense sous l’effet de l’activité solaire, le télescope spatial Hubble perd de l’altitude à un rythme inquiétant. Entre vieillissement de ses gyroscopes et projets de sauvetage encore flous, son avenir reste suspendu aux décisions de la Nasa.


Hubble perd de l’altitude, et cette chute s’accélère depuis mi-2022. Le télescope spatial le plus célèbre est passé de 550 km d’altitude à seulement 480 km en quatre ans. Il a perdu ainsi quasiment autant d’altitude qu’en vingt ans, après son rehaussement par la mission de la navette Columbia en 2002. « À ce rythme-là, Hubble pourrait rentrer dans l’atmosphère terrestre au début des années 2030, en fonction de l’activité solaire », confirme Alise Fisher, de la direction des missions scientifiques de la Nasa. Le freinage de la très haute atmosphère varie en effet en fonction de l’intensité de l’activité solaire. Lors des maximas solaires, l’enveloppe gazeuse de notre planète est en moyenne plus épaisse, car elle est chauffée par le flux de particules solaires plus intense.Jean-Luc Dauvergne
Chef de rubrique à Ciel & Espace
(réservé aux abonnés, disponible ici)